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Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Lyon, club de la presse, Vérité pour le journaliste Guy-André Kieffer. Concert au profit de Guy-André Kieffer, vendredi 30 mai 2008 à 20h

Le Club de la presse et le Comité lyonnais de soutien aux journalistes otages ou disparus organisent le vendredi 30 mai 2008 à 20h un concert au profit de Guy-André Kieffer enlevé en Côte-d?Ivoire il y a déjà 4 ans.


Au programme : Kent, Duo d?en bas, Gavroche ...

Guy-André Kieffer
Guy-André Kieffer
... et bon nombre d?artistes issus de la scène française, ponctués d?interviews de la famille : son frère et sa belle soeur, Bernard et Jeanne, sa femme, Osange, son fils, Sébastien, et des amis du journaliste
disparu.
Kidnappé le 16 avril 2004 par un commando, en plein centre d?Abidjan, Guy-André Kieffer reste introuvable. Journaliste économique et agronome de formation, il se rend en Côte-d?Ivoire en 2002 à la demande du président Gbagbo, qui souhaitait lui confier une mission d?audit de la filière cacao. Malgré l?interruption prématurée de cette mission par le gouvernement au bout de quelques mois seulement, le journaliste décide de poursuivre ses investigations. Les menaces d?expulsion puis de mort ne tarderont pas à peser sur lui jusqu?à ce que sa famille aprenne son enlèvement.
Aujourd?hui, quatre ans ont passé et nous sommes toujours sans nouvelle de GAK. Quatre années durant lesquelles débats, manifestations et concerts se sont succédés pour mobiliser l?opinion. Malgré la détermination des juges chargés de l?enquête, les pistes s'enlisent et le silence perdure. Trois ans après le concert de soutien du Transbordeur qui avait réuni plus de 1700 personnes, le temps passe et le temps presse toujours pour connaître la vérité. Un nouveau concert est donc organisé au Théâtre de la Croix-Rousse, toujours avec la participation de Kent mais cette fois accompagné de Duo d?en bas, Gavroche, Walking on the Beach, les Sales Fées, Weed Academy, Nicolas Nourrit et bien d?autres.

Entrée : 5 euros - Billetterie du Progrès et réseau ticketnet.fr : Auchan, Leclercq, Virgin, etc...

Contact : Club de la presse de Lyon, 4 rue de la Charité, 69002 Lyon
Tel : 04 78 37 75 45 – www.clubpresse.com / guyandrekieffer.org

Guy-André Kieffer (GAK)

Guy-André Kieffer (GAK) est né le 25 mai 1949. Il est marié à Osange Silou-Kieffer, avec laquelle il a eu une fille, Canelle. Toutes deux résident à Paris. D'une précédente union, GAK a eu un fils Sébastien qui
vit à Montréal. Cette union lui a donné l'accès à la double nationalité, franco-canadienne. Sa famille vit et travaille en région Rhône-Alpes (à La Rochette, en Savoie et à Lyon). Journaliste économique, spécialiste
réputé des matières premières et notamment de la filière cacao-café, GAK a travaillé pendant 18 années à la “Tribune” (1984-2002) après un passage à “Libération”.

En 2002, il prend un congé sabbatique pour se rendre en Côte d'Ivoire, à la demande du président Laurent GBAGBO, élu en 2000, qui souhaitait lui confier une mission d'audit de la filière cacao dont la Côte
d'Ivoire est le premier producteur mondial.
Cette mission se déroule au sein du cabinet CCC (Commodities Corporate Consulting) mais prend fin prématurément, au bout de quelques mois, du fait sans doute que cet audit met rapidement en lumière les malversations considérables qui affectent cette filière. Un rapport d'audit de l'Union européenne sur “l'argent du cacao”, publié fin-2005 a démontré a posteriori le bien-fondé des conclusions auxquelles GAK était parvenu.

En 2003 et début 2004, plutôt que de renoncer à ses investigations, et malgré les premières menaces qui se font jour, GAK décide de les poursuivre et même d'en élargir le champ, en qualité de journaliste
indépendant.
Il produit alors, jusqu'au jour de son enlèvement, de nombreux articles bien renseignés et très critiques sur l'économie et les finances de la Côte d'Ivoire, articles qu'il publie dans la presse ivoirienne sous des pseudonymes divers ou dans “La lettre du Continent” revue française spécialiste de l'Afrique à laquelle il collabore régulièrement.
Ces enquêtes, dont il apparaît clairement qu'il en est l'auteur, lui valent de nombreuses inimitiés dans les milieux d'affaires ivoiriens (ou francoivoiriens) et au sein même du gouvernement ivoirien : il échappe ainsi à trois reprises à des procédures d'expulsion grâce, semble-t-il à des interventions du président GBAGBO lui-même.

Les menaces d'expulsion se transforment progressivement en menaces plus directes : divers témoignages concordants font état de menaces de mort, la dernière ayant été proférée publiquement dans un restaurant d'Abidjan par un proche du ministre de l'économie ivoirien (“On aura ta peau...”) peu de temps avant son enlèvement.
Au cours des mois qui ont précédé cet enlèvement GAK avait notamment travaillé sur les sujets suivants :
- Le financement des ventes d'armes en Côte d'Ivoire
- Le deal « pétrole-cacao-armement » (affaire Gambit)
- Le financement des groupes rebelles du Libéria
- Le montage de la Banque Nationale d'Investissement
- Le paiement occulte des salaires de Guinée- Bissau par la Côte d'Ivoire
- L’enrichissement personnel des hauts dignitaires du régime, parmi d'autres sujets éminemment sensibles.

Dans les jours qui ont précédé son enlèvement, les personnes qui l'ont côtoyé l'ont décrit comme se
sentant directement menacé, traqué. De toute évidence, GAK se savait en danger. Il a néanmoins
poursuivi son travail de journaliste sur place, avec courage et détermination, jusqu'à la date fatidique du 16 avril 2004. Depuis ce jour, GAK n'a plus donné aucun signe de vie.

Le 16 avril 2004, vers 13 h30, GAK est enlevé par un commando, sur le parking d’un supermarché d’Abidjan, alors qu’il avait rendezvous avec le beau-frère de Simone GBAGBO (l'épouse du président ivoirien).

Depuis le 16 avril 2004, malgré les innombrables difficultés auxquelles elle se heurte, l’enquête judiciaire, conduite par les juges d’instruction français Patrick RAMAEL et Emmanuelle DUCOS, a très rapidement permis de mettre en cause l’entourage du couple présidentiel ivoirien et du ministre de l’économie et des
finances, Bohoun BOUABRE.
Les juges détiennent actuellement la liste précise des commanditaires et des opérateurs présumés de la disparition de GAK, mais ils n’ont pas pu interroger sur place certains témoins-clés du dossier et n’ont pas eu l’autorisation de faire venir en France, pour l’interroger loin des pressions politiques, le principal suspect (beau-frère de Mme GBAGBO). Nul ne sait en outre ce qu’est devenu GAK depuis le 16 avril 2004.

La difficile mobilisation des médias et de l’opinion publique : GAK était journaliste indépendant et n’avait donc pas derrière lui une rédaction puissante comme c’était le cas pour Florence AUBENAS, Christian CHESNOT ou Georges MALBRUNOT. Un grand nombre de ses confrères (à l'image du Club de la presse de Lyon) sont néanmoins mobilisés et suivent de prés cette affaire, mais ils le font à titre personnel. Par ailleurs, GAK n’est pas « otage », prisonnier du pouvoir ou des « rebelles » ivoiriens. Nul n’a demandé de rançon et il n’a pas été enlevé pour des raisons crapuleuses.
Plusieurs villes de France se sont mobilisées : en particulier Chambéry (la photo de GAK est depuis 4 ans sur le fronton de l'Hôtel de ville), Paris (qui affiche GAK à la mairie du XXème), Lyon qui a affiché GAK sur les grilles de l’hôtel de Ville.

Reporters sans frontières, Otages du Monde, le Club de la presse de Lyon, parmi d’autres, soutiennent activement cette cause. La Fédération des Comités de soutien à Ingrid Bétancourt nous accompagne également depuis le début de cette affaire.

L’absence d’accompagnement politique de l’enquête judiciaire : depuis le début de cette affaire, ni le Gouvernement français en général, ni le Quai d’Orsay en particulier n’ont véritablement aidé le déroulement de l’enquête judiciaire. Bien au contraire : les freins mis aux transports sur place des juges français, à la transmission des commissions rogatoires internationales, la non-implication du Ministère des Affaires étrangères ( « Nous n’avons aucune information et ne pouvons pas en avoir, puisqu’une procédure judiciaire est en cours… ») ont conduit à l’absence de pression politique forte sur les autorités ivoiriennes.
Après nous avoir affirmé son soutien (réception de la famille de GAK par le président Sarkozy le 23 août 2007), l'Elysée a donné un fort contre-signe en provoquant le dessaisissement de la Brigade criminelle, en novembre 2007.
Cette pression politique est celle que la famille réclame depuis quatre ans, en accompagnement de la procédure judiciaire. Sans elle, cette affaire a toutes les chances de s’enliser durablement dans le marais des relations tumultueuses franco-ivoiriennes.
GAK a été enlevé pour des raisons politiques et non pas crapuleuses. Cette affaire ne relève pas du fait divers mais du crime d’Etat puisque son élimination a selon toute vraisemblance été organisée au plus haut niveau du pouvoir ivoirien.
C’est une affaire politique qui nécessite un traitement politique.
En lisant le passage que consacre l'épouse du Président ivoirien, Simone GBAGBO à l'affaire G.A. KIEFFER dans le livre qu'elle a publié en 2007 (« Paroles d’honneur »), on découvre que les Ivoiriens utilisent désormais ce néologisme, “kiefferiser”, pour désigner l'élimination définitive et sans trace d'un gêneur...
On ne peut être plus clair, ni plus explicite…

Contacts :
Bernard KIEFFER
frère de Guy-André
bkieffer@tele2.fr
téléphone :
06 80 53 73 21
ou
Jeanne KIEFFER
belle-soeur
de Guy-André
jkieffer33@yahoo.fr
téléphone :
06 81 62 27 47



pierre aimar
Vendredi 23 Mai 2008
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