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Lyon, Opéra : « The consul », opéra de Gian Carlo Menotti

Cette année c’est Le Consul de Gian-Carlo Menotti qui sera proposé pour les très attendues soirées lyriques qui se dérouleront mercredi 23, jeudi 24, vendredi 25 janvier à 20h30 et samedi 26 janvier à 18h salle Varèse dans une mise en scène de Jean-Daniel Senesi. (soirée du vendredi 25 janvier au profit du Mouvement pour une Alternative Non-Violente).


Une œuvre majeure de Gian-Carlo Menotti

Considérée comme une œuvre majeure de Gian-Carlo Menotti, Le Consul remporte, dès sa première au Broadway Ethel Barrymore Theatre, en 1950, un énorme succès aussi bien auprès du public que de la critique. Cette parabole contemporaine se déroule dans un consulat, où le personnage de Magda, qui, voulant obtenir un visa pour rejoindre son amour, va se heurter à l’apathie de l’administration. Mis en exergue par une musique puissante, une harmonie originale, et par de riches effets théâtraux, ce drame lyrique est une œuvre déchirante.

« The consul » est un opéra de Gian Carlo Menotti, qui a connu un grand succès à sa création en 1950 : la forme est parfaitement équilibrée pour servir le livret, lui-même mêlant admirablement éléments réalistes et histoire d’amour, ainsi que des moments plus poétiques, voire oniriques. Le résultat est un superbe ouvrage de théâtre musical, dont le propos universel illustrait le contexte politico-social de l’après-guerre aux Etats-Unis, mais qui a, depuis, recoupé le trajet de tel ou tel pays en Europe de l’Est, en Asie ou en Amérique du Sud, et qui résonne actuellement de manière saisissante dans notre pays… ici et maintenant. C’est une histoire de sans-papiers, d’opposant politique et de bureaucratie aveugle, dont Menotti (compositeur, mais également auteur du livret), immigrant italien sur le nouveau continent – celui de toutes les chances – et également en désaccord total avec le régime fasciste de son pays d’origine, pouvait rendre compte avec justesse et précision, tout en y introduisant une magnifique et désespérée histoire d’amour. Tout cela est très noir, la cellule familiale éclate et la mort est au rendez-vous.

Gian Carlo Menotti, 1911-2007

Gian Carlo Menotti – né en 1911 et mort en 2007 – nous a laissé plusieurs ouvrages lyriques (« Amelia goes to the ball », « The telephone ou l’amour à trois », « Maria Golovine » ou « The medium »…), qui ont tous connu de nombreuses représentations dans le monde entier, et qui illustrent le talent, la justesse de ton et les valeurs humaines du compositeur et librettiste. Toute sa vie, il s’est efforcé de créer des passerelles entre sa terre d’origine et son pays d’adoption, et son oeuvre témoigne du point précis où il se situait : quelque part au milieu de l’océan atlantique, au carrefour des cultures, entre nouveau et ancien monde, sur la même « île de pensée » que les penseurs humanistes de ce XXème siècle naissant et tourmenté que furent également Stefan Zweig et Hermann Hesse. Comme eux, il fut un citoyen du monde avant l’heure, avec beaucoup de recul par rapport au « siècle » : quand celui-ci semble devenir fou et s’emballe, il faut prendre de la hauteur pour ne pas être happé par le tourbillon des poussées de fièvre nationalistes, des élans religieux et intégristes, de la fuite en avant consumériste et matérialiste, ou encore pour résister aux sirènes d’une pseudo-spiritualité sectaire et endoctrinante, prenant, quelquefois, la forme moins facile à reconnaître d’une pensée, politique et sociale, « unie » – comme on le dit d’un tissu d’une seule couleur. Bref, « The consul » résonne étonnamment pour nous, et j’essaierai, par ma mise en scène, de le donner à voir et à entendre de la manière la plus claire et la plus épurée.

Jean-Daniel Senesi, metteur en scène

Après l'obtention d'un diplôme d'ingénieur, Jean-Daniel Senesi se tourne vers le domaine culturel en travaillant avec le chorégraphe Bruno Agati.
Il signe sa première mise en scène en 2003 avec L’amour au téléphone, qui regroupe deux ouvrages lyriques courts : La voix humaine de Poulenc et Le téléphone de Menotti. En 2004, il est assistant à la mise en scène de Donatien Guillot pour Le livre de la nuit (musique de Gualtierro Dazzi, subvention Théâtre de la Marionnette) et travaille également comme assistant à l’écriture pour Karaoké dream, une comédie musicale d’Alain Hocine et de Hervé Devolder.
Début 2006, il est assistant à la mise en scène de Ludovic Lagarde à l’Opéra de Nancy pour Vénus et Adonis de Henry Desmarest (Les Talens Lyriques, direction Christophe Rousset). En mai 2006, il met en scène une courte pièce Sucré ou salé d’un jeune auteur Jérôme Maruani. En juin de la même année, il crée un spectacle de théâtre musical à six chanteurs et une pianiste, L'amour… c'est la guerre! dont il assure l'écriture et la mise en scène. En 2007, il est assistant de Vincent Vittoz à l’Opéra de Marseille pour Die Entführung aus dem Serail de Mozart et met en scène un cabaret mexicain déjanté Il fait chaud à Mexico.
Il vient d’achever l’écriture de Voyages, un opéra contemporain mêlant théâtre, musique, danse et vidéo, actuellement en cours de composition. Enfin, il est co-directeur avec Martin Kubich du Festival des Bouchures à St-Benoît-du-Sault.

Il est également chanteur, lauréat en 2005 de deux concours de chant (concours d’opérette de Marseille et concours de Marmande). Sur scène, il aborde les personnages d’Offenbach tels que Oreste, Ajax 1er dans La belle Hélène et Beaujolais dans Tromb-al-cazar (Halle aux grains, Théâtre de Boulogne-sur-mer, Pin Galant à Mérignac).
Il aborde la comédie musicale en tant que comédien, chanteur et danseur, dans Zapping, une revue de Bruno Agati (représentations au Théâtre du Gymnase-Marie Bell d’avril à juin 2004
suivies d’une tournée à la Maison de la Danse de Lyon, à l’Olympia, au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence...).
Ses engagements récents : Jack dans l’opérette de Lafarge Il faut marier maman au Théâtre de l’Odéon à Marseille, une parodie de Proserpine de Lully à la Cité de la Musique et au Théâtre Montansier de Versailles (Le Concert Spirituel, direction Hervé Niquet), Monsieur dans Legs, une création de théâtre visuel, le prince Paul dans La grande duchesse de Gérolstein d’Offenbach au Festival Lyrique de Marmande, Raphaël dans La route fleurie de Lopez, Alvarez dans Barbe-Bleue d'Offenbach avec Opéra Nomade (direction Amaury du Closel).
En 2007, il a tenu le rôle du Maître de cérémonie dans Il fait chaud à Mexico, du Pirée dans Phi-Phi de Christiné à l'Opéra de Metz, puis ceux de Matteo dans Méditerrannée pour
l’inauguration du Théâtre du Casino de Toulouse et d'Horatio dans Le prince de Madrid de Lopez au Pin Galant.
En 2008, il sera l’interprète de deux ouvrages de Christiné : le Pirée dans une nouvelle
production de Phi-Phi (Festival du Haut-Limousin, 4e Festival des Bouchures et l’Equinoxe à Châteauroux) et Robert de Dédé au Festival Lyrique de Marmande. Il y interprétera également Gastone et Il marchese dans La Travatia de Verdi.

Adresse et contact

Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon
3 quai Chauveau CP 120
69266 Lyon cedex 09
www.cnsmd-lyon.fr
33 (0)472 19 26 61


pierre aimar
Vendredi 18 Janvier 2008
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