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Lyon, Diego Rivera en bonne Place

En mai 2006, lors des Rencontres Internationales de la Peinture Murale, organisées à Mexico à l’initiative de la Fondation Diego Rivera, les œuvres de Cité Création connaissent un vif succès. Grâce à elles, Lyon entre dans le top 5 des villes leaders, aux côtés de Mexico, Berlin, Los Angeles et Philadelphie.


La Fondation Diego Rivera

Lénine vu par Rivera
Lénine vu par Rivera
La Fondation Diego Rivera choisit les français de Cité Création pour réaliser en Europe, une œuvre murale à l’occasion du 50e anniversaire de la disparition du peintre, le 24 novembre 1957.
Il s’agit de créer un Espace Diego Rivera, initiative qui rencontre immédiatement l’adhésion du maire Gérard Collomb : «Je suis très heureux de l’initiative de création de fresques réalisées en son hommage.

Le site proposé par la SACVL dans le 7e arrondissement, nous paraît parfaitement opportun. Nous connaissons bien la qualité des créations et des réalisations de Cité Création. Nous sommes très confiants dans la qualité artistique des fresques qui seront créées. Ainsi sera saluée la mémoire de cet artiste remarquable et engagé.»

C’est ainsi que l’Espace Diego Rivera a ouvert ses portes et dévoilé ses murs peints le 4 décembre 2007. Des extraits des œuvres de Diego Rivera sont mis en scène par Cité Création sur les surfaces murales proposées par la SACVL, rue Georges Gouy, à Lyon 7e.

Les trois peintures murales réalisées durant l’été et l’automne réinterprètent des thèmes chers à Diego Rivera : l’histoire du Mexique à travers les civilisations Aztèque et Maya, l’invasion de Cortès, la conquête espagnole, l’esclavage des populations et la révolution sociale et agraire. Des éléments de son autobiographie sont également intégrés aux fresques, avec notamment sa dernière œuvre : Rêve d’un dimanche après-midi au parc Almadena.

Des fresques chargées de l’éducation de la population : une leçon d’histoire

Au Mexique, dans les années 20, aussitôt après la révolution, le ministre de l’éducation, José Vasconselos, commandite à de jeunes artistes une série de fresques pour orner les bâtiments publics.

Mais mieux que d’ornements, ces fresques sont chargées de l’éducation de la population qui peut ainsi apprendre en les visualisant, les pages de son histoire. Trois muralistes sont distingués pour ce travail : Diego Rivera (1885-1957), José Clemente Orozco, (1883-1949) et David Alfaro Siqueiros (1896-1974). Rivera est choisi. Il décore le Palais National, le Secrétariat de l’Education Publique et le Palais des Beaux-Arts. Il décore aussi un musée et le Palais de Cortès à Cuernavaca.

L’œuvre de Rivera, le message fort d’un muraliste hors du commun

L’œuvre de Rivera porte un fort message politique d’influence marxiste et évoque l’oppression dont eurent à souffrir Indiens et paysans sous la férule des conquistadores, des dirigeants coloniaux et des réactionnaires du XIXe siècle comme Porfirio Diaz.
Rivera qui s’est toujours passionné pour le Mexique indien, passé et contemporain, cherche alors à fondre en une seule identité nationale racines indiennes et espagnoles. Superbement colorées ses fresques abondent en scènes quotidiennes, historiques ou symboliques au cœur desquelles apparaît souvent le visage de sa compagne aussi célèbre que lui, Frida Kalho, peintre au destin tragiquement marqué. «Ma peinture a quelque chose qui appartient au peuple et à qui elle est destinée» dit-il en 1915. Elle témoigne de l’exigence permanente de l’artiste pour plus d’égalité, de justice entre les hommes, pour plus d’humanité dans un monde transformé.


Rivera sur les murs lyonnais

Il s’agit pour les peintres lyonnais d’entrer par l’esprit dans l’œuvre de l’artiste ; en 2007 à Mexico, le Fideo Comisso autorise l’Espace Diego Rivera sous certaines conditions : modifier la dimension des œuvres produites, changer un détail et s’assurer que les fresques soient amovibles.

Le 5 juin 2007, le projet « Hommage à Diego Rivera » est officiellement lancé à Lyon, en présence de Guadalupe Rivera, la fille de l’artiste.
«Quand la création entre dans l’espace public, quand elle s’offre au regard de tous, elle donne à la ville un supplément d’humanité. Les fresques Cité Création participent pleinement à cet art urbain qui descend dans la rue pour créer l’étonnement, l’émotion, la rêverie. Les murs peints de Cité Création font aujourd’hui partie intégrante de l’identité de la ville de Lyon et renforcent son attrait. Dans ce quartier en pleine mutation urbaine, ces fresques sont situées dans une cité d’habitat social, contribuant à la mise en valeur des lieux et des bâtiments existants et à la valorisation du cadre de vie de ses habitants.
Dans la fidélité à l’esprit comme à l’œuvre de Diego Rivera.»

Jacqueline Aimar

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pierre aimar
Mardi 8 Janvier 2008
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