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Les botanistes et la flore du Var, exposition au Muséum d’histoire naturelle de Toulon et du Var du 19 novembre 2013 au 16 mars 2014

L’exposition propose un discours fondé sur le travail des meilleurs connaisseurs de la flore du département ; elle a reçu la collaboration fructueuse de l’Association pour l’inventaire de la flore du Var (InfloVar), du Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles (CBNM) et de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE, Aix-Marseille Université).


Planche d’un alguier préparé (collection MHNTV)
Planche d’un alguier préparé (collection MHNTV)
Il s’agit tout d’abord d’une histoire humaine faite de voyages, de passions, de rêves et de labeur. Comme ailleurs en France et dans le monde, les premiers éléments de connaissance sur les plantes du Var débutent toujours avec lemême scénario. Aux XVIe et XVIIe siècles ce sont des médecins et leurs étudiants qui, venant des facultés de Montpellier ou d’Aix-en-Provence, parcourent le département en étudiant « les simples » et les remèdes issus des productions de la nature. Les premiers inventaires ne débutent réellement qu’à partir du XVIIIe siècle avec Louis Gérard qui publie une Flora Galloprovincialis en 1761 et cède un herbier pré-linnéen acquis par le Muséum.

Puis, les recherches sur les plantes varoises prennent leur essor à partir de la seconde moitié du XIXe et se poursuivent jusqu’à aujourd’hui. Parmi les travaux marquants, le Catalogue des plantes vasculaires qui croissent naturellement dans le département du Var est publié en 1908 par Abel ALBERT et Émile JAHANDIEZ. Ce volume demeure l’ouvrage fondamental pour la connaissance botanique historique départementale.

Bien d’autres botanistes se succèdent, chacun apportant sa pierre à la tâche immense de l’inventaire. Il est aujourd’hui important de se rappeler cette soif de connaissance des botanistes d’antan, arpenteurs sans relâche d’un territoire pas encore lissé par les moyens de transportsmodernes. Tous ces naturalistes laissent derrière eux de précieux témoignages de leur activité : flores et articles imprimés, archives et planches d’herbiers. Ces matériaux patrimoniaux servent de documents de référence aux recherches actuelles en botanique.

Avec 2 600 espèces connues – plus de 3 500 si l’on y ajoute les sous-espèces – le Var est l’un des trois départements les plus riches de France par son patrimoine floristique. Il doit cette diversité à sa situation privilégiée, entre mer Méditerranée et contreforts méridionaux des Alpes. La variété des habitats, des sols, des climats et des techniques d’occupation humaine ont favorisé l’épaisseur de ce catalogue du vivant. Toutefois, résumer l’évaluation et la description de la flore du Var à une simple logique numérique ne saurait en aucun cas rendre fidèle hommage à sa forte originalité. En effet, le littoral et les îles du Var, mais également quelques localités intérieures (Maures, Estérel, centre Var, gorges du Verdon…) abritent les véritables joyaux du patrimoine botanique départemental : les espèces endémiques.
Par définition, celles-ci sont limitées à une aire restreinte de ce territoire, et ainsi constituent les témoins de l’histoire de l’évolution des espèces.

Cette exposition propose une double approche, à la fois naturaliste et culturelle, sur les botanistes et les plantes du département du var.

D’un côté, le portrait des principaux botanistes d’hier à aujourd’hui permet de présenter le travail de terrain et l’émergence des enjeux de la conservation des plantes. D’autre part, un voyage au sein des différents paysages du Var aide à comprendre l’originalité et la diversité de la flore. Enfin, tout au long de l’exposition, les collections d’herbiers font figure de fil conducteur entre le savoir des botanistes et la recherche scientifique actuelle sur les plantes. L’herbier est un trait d’union entre les plantes et l’Homme. Sans pour autant occulter le contexte historique, l’exposition est centrée sur la botanique du temps présent. La botanique du XXIe siècle réserve encore bien des découvertes et des recherches inédites à mener.
L’exposition propose un discours fondé sur le travail des meilleurs connaisseurs de la flore du département ; elle a reçu la collaboration fructueuse de l’Association pour l’inventaire de la flore du Var (InfloVar), du Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles (CBNM) et de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE, Aix-Marseille Université).

Des herbiers, témoins de la flore et des changements globaux

Le mot « herbier » désigne à la fois les échantillons de végétaux séchés et étiquetés ainsi que leur lieu de conservation (exemple : herbier duMuséumd’histoire naturelle de Toulon et du Var). Ces collections constituent un patrimoine historique irremplaçable, un support pédagogique et un matériel fondamental pour la recherche scientifique, actuelle et future.
En effet, la possibilité d’effectuer des recherches différées dans le temps en fonction de l’évolution des techniques est un atoutmajeur des herbiers. Et son champ d’utilisation n’est pas restreint à la seule discipline botanique. Par exemple, la police scientifique de Marseille a créé un fichier de photos d’épidermes grâce à un microscope électronique à balayage (MEB) afin d’identifier les débris végétaux présents sur les scènes de crimes.

Actuellement les herbiers trouvent une nouvelle dimension historique et sociologique, avec le problème de la perte de biodiversité. En tant que mémoire des trois derniers siècles, ce sont des témoins privilégiés des mutations de la société à travers les changements de végétation. La comparaison des échantillons d’herbiers passés et actuels nous renseigne sur les modifications d’aire de répartition d’une majorité des espèces et parfois de leur date de floraison ou de fructification (phénologie).

Les herbiers rassemblent de véritables archives du vivant, aussi bien sur l’histoire des plantes que sur celles des naturalistes. Le Muséum d’histoire naturelle de Toulon et du Var compte 11 collections d’herbiers différents, soit plus de 30 000 planches. Ces collections d’histoire naturelle, avant même tout jugement de valeur social, esthétique ou emblématique, constituent des références internationales de spécimens.

La première publication traitant d’une plante marque le point de départ de la reconnaissance de cette espèce : pour la communauté scientifique, mais également pour le public qui veut nommer ou identifier ce qu’il observe. Ainsi, la biodiversité n’existe pas sans cette démarche scientifique de la description des espèces.

En effet, comment connaître la richesse de la flore d’un territoire si les différentes plantes n’ont pas été décrites par des botanistes au fil des siècles ? Et comment enmesurer l’évolution si des recherches ne se prolongent pas ? Les muséums d’histoire naturelle, et celui de Toulon et du Var en particulier, ont la responsabilité de la conservation de ces spécimens irremplaçables, de grande valeur scientifique et patrimoniale.

François Dusoulier, Conservateur du Muséum d’histoire naturelle de Toulon et du Var & Ludovic Charrier, Adjoint, en charge de la biodiversité

Pratique

Muséum d’histoire naturelle de Toulon et du Var
737 chemin du Jonquet
83000 Toulon
Tél. 04 83 95 44 20
www.museum-toulonvar.fr

Tarif : entrée gratuite
Ouverture au public : du mardi au dimanche de 9 h à 17 h en continu
Fermeture les lundis et jours fériés
Parking gratuit
Ligne de bus : n° 36 B arrêt Fontaines


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Pierre Aimar
Vendredi 25 Octobre 2013
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