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Les Géants de la montagne de Pirandello, Théâtre du Gymnase, Marseille, du 10 au 14 novembre 2015

Les Géants de la montagne au beau titre wagnérien est un thriller sophistiqué et jouissif à la David Lynch : secrets et mystères, faux semblants et chausse trappes, vérités trompeuses et mensonges exaltants. Mais qui sont donc ces géants qui font gronder la montagne ?


© Elisabeth Carecchio
© Elisabeth Carecchio
Il est question d’une troupe de théâtre en quête d’un lieu où représenter sa pièce. Elle arrive dans une étrange maison décrépite peuplée de personnages bizarres gouvernés par un magicien qui a créé un monde où « rien n’est vrai mais tout peut être vrai. » Vertige du théâtre dans le théâtre ! Éblouissement de l’être et du paraître ! Allégresse de l’esprit et du regard ! Le brillant Stéphane Braunschweig, actuel directeur du Théâtre National de la Colline, enflamme les folies du théâtre pour la première fois à Marseille.

Lorsque Pirandello mourut en 1936, il laissa inachevés ces Géants de la montagne qu’il considérait pourtant comme son chef-d’oeuvre ultime. Conçue dès 1928 comme un hymne au pouvoir de l’imagination, « véritable fête pour l’esprit et les yeux », la pièce interrompue après deux actes reste à tout jamais ouverte sur ses secrets et ses mystères.
Il est d’usage de « finir » les représentations des Géants par la lecture du texte que Stefano Pirandello rédigea d’après les propos que son père lui tint sur son lit de mort, lui confiant comment il projetait de terminer la pièce. Parfois une pantomime ou même une tentative d’écriture inspirée par ce texte en remplace la simple lecture. Parfois aussi la représentation s’interrompt brutalement à la fin du second acte sur le cri d’une des actrices (« j’ai peur ») tandis qu’on entend dans la montagne, comme se rapprochant du théâtre, la cavalcade sauvage des Géants qui arrivent.
Mais rien ne dit que Pirandello, s’il avait réellement pu achever sa pièce, n’aurait pas encore modifié la vision qu’il en avait sur son lit de mort, tout comme cette vision s’était éloignée considérablement de ce qu’en avaient laissé entrevoir ses propos tenus quelques années plus tôt (en particulier dans un entretien de 1928).
Et c’est sans doute précisément parce qu’il hésitait sur le sens que son « mythe de l’art » devait prendre qu’il avait calé sur la fin.

Distribution

Texte Luigi Pirandello
Traduction de l’italien, mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig
Collaboratrice artistique Anne-Françoise Benhamou
Collaboration à la scénographie Alexandre de Dardel
Costumes Thibault Vancraenbroeck
Lumières Marion Hewlett
Son Xavier Jacquot Vidéo
animation Christian Volckman
harmonium Laurent Lévy
Maquillage et coiffures Karine Guillem
Assistanat à la mise en scène Amélie Enon
Assistanat aux costumes Isabelle Flosi

Avec John Arnold, Elsa Bouchain, Cécile Coustillac, Daria Deflorian, Claude Duparfait, Julien Geffroy, Laurent Lévy, Thierry Paret, Romain Pierre, Pierric Plathier, Dominique Reymond, Jean-Baptiste Verquin, Jean-Philippe Vidal, Marie Schmitt

Pratique

Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille

Du mardi 10 au samedi 14 novembre à 20h30
sauf mercredi 11 nov à 19h
Réservations 08 2013 2013
www.lestheatres.net



Pierre Aimar
Jeudi 22 Octobre 2015
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