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Le tartuffe nouveau, mise en scène Gérard Gelas, Théâtre du Chêne Noir, Avignon Off du 5 au 27 juillet 2014

Neuf comédiens (une vraie troupe, quoi !) pour une pièce « à la manière de Molière », mais résolument contemporaine, absolument originale…


Le Tartuffe nouveau © Manuel Pascual
Le Tartuffe nouveau © Manuel Pascual
Après Confidences à Allah, Molière 2010, Si Siang Ki, Les derniers jours de Stefan Zweig, Riviera, Le lien… Gérard Gelas montre du doigt les hypocrites modernes de tout poil, ces Tartuffes Nouveaux, qu’ils aient leur compte en Suisse pour le bien de la France, ou qu’ils portent des sacs de riz sous le nez de caméras amies.
Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n’est peut-être pas fortuite, et c’est une contagion bien utile que de rire à gorge déployée de ce qui nous désespère…

Notes du metteur en scène

Alléluia ! Dans un monde où pas grand-chose ne va : la Poste fonctionne !
En effet, c’est par cette vénérable et très utile institution que je reçus il y a quelques temps un manuscrit intitulé : la trilogie Molière. Et singulièrement, une pièce nommée Le Tartuffe Nouveau.

Dès ma première lecture, je fus saisi par le talent impertinent de l’auteur Jean-Pierre Pelaez. Celui-ci, avec les mêmes personnages et les mêmes scènes que ceux de Molière venait de réécrire en alexandrins un Tartuffe d’aujourd’hui. Un Tartuffe passant régulièrement à la télévision pour nous parler de la misère du monde et à la faveur de ses appels à la charité universelle, persuader les gogos de son indispensable présence dans un ministère, avec pour bon programme celui de faire notre bonheur, en alignant les « niaiseries altruistes » et les « poncifs humanistes »… Un Tartuffe consacrant sa vie à soulager la misère, en présence des caméras le saisissant auprès de toutes les victimes des oubliés de la Terre. Un homme providentiel en quelque sorte…

Je retrouvais dans le Tartuffe de Pelaez tout ce que Molière avait dénoncé en son temps, mais aujourd’hui.
Cette pièce tout à fait irrespectueuse, sauf de l’esprit de Molière, méritait le respect. Et il n’y a qu’une façon de respecter une œuvre, c’est selon moi l’acte de la monter dans le profond respect de ce qui est écrit. Je sais que ça n’est pas à la mode en ce moment, mais les temps peuvent changer n’est-ce pas ?
J’ai donc fait cette création en novembre, dans mon beau théâtre d’Avignon, avec ma belle équipe, un jour de mistral, pour emporter partout des rires contagieux. Car enfin, n’est-ce pas une contagion bien utile que de rire à gorge déployée de ce qui nous désespère ?

Pour ce faire, j’ai travaillé avec neuf acteurs valeureux, une table, quatre chaises et deux tabourets, dans ce qu’on appelle la « boîte noire », qui une fois de plus m’a servi de révélateur au sens de l’ancienne photo, celle que l’on nommait argentique. Et d’argent, il en est fortement question à travers ceux qui nous en réclament sans cesse, tout en ne dédaignant pas d’en gagner, en oubliant toute raison, toute morale, toute décence. Pour ces personnages d’aujourd’hui, j’ai choisi des costumes du XVIIe siècle, pour la musique, du jazz, comme souvent.

Voilà, je n’irai pas plus loin dans cette note de mise en scène, afin de ne pas concocter une tartufferie culturelle de plus, l’une de ces propositions complexes et référencées à la logomachie sévissant encore ici ou là dans le monde théâtral.
Gérard Gelas

Pratique

LE TARTUFFE NOUVEAU
De Jean-Pierre Pelaez
Commande de la Ville de Béziers, avec le soutien de la SACD
Éditions L’Harmattan
Mise en scène Gérard Gelas
Avec
Théodora Carla dans le rôle de Consuelo ( / Dorine dans le Tartuffe de Molière) Jean-Marc Catella dans le rôle de Krüger ( / Tartuffe)
Bertrand Cauchois dans le rôle de Patrice ( / Valère)
Olivia Forest dans le rôle de Marianne ( / Mariane)
Lucas Gentil dans le rôle de Vincent ( / Damis)
Guillaume Lanson dans le rôle de Roland ( / Cléante)
Marie Pagès dans le rôle de Mme Boyard Mère ( / Mme Pernelle)
Damien Rémy dans le rôle de François Boyard ( / Orgon)
Sabine Sendra dans le rôle de Irène ( / Elmire)

Costumes : Sandra Laguerre, avec le généreux concours de l’Opéra Grand Avignon
Recherches sonores, création son et régie son : Jean-Pierre Chalon Scénographie, création lumières : Gérard Gelas
Régie lumières : Richard Rozenbaum
Assistanat : Jean-Louis Cannaud et Julien Gelas
Photo Manuel Pascual

Locations
En ligne : www.chenenoir.fr
Paiement sécurisé par CB
Par téléphone : 04 90 86 74 87
Paiement sécurisé par CB
Jusqu’au 4 juillet, de 14h à 18h du mardi au vendredi
Dès le 5 juillet de 9h30 à 18h30 tous les jours


Pierre Aimar
Dimanche 6 Juillet 2014
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