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Le Gouffre de Padirac, un site unique en Europe

Situé dans le département du Lot, le Gouffre de Padirac est classé premier site du patrimoine souterrain français. Il est considéré comme l’une des plus grandes curiosités géologiques de France.


Drapé de concrétions (masse minérale formée par écoulement d’eau de pluie) © DR
Drapé de concrétions (masse minérale formée par écoulement d’eau de pluie) © DR
Cavité naturelle d’un diamètre de 33 mètres et d’une profondeur de 75 mètres, ce puits gigantesque attire chaque année près de 450 000 visiteurs, du début des vacances de Pâques jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint.

On y descend par 3 ascenseurs. Les plus courageux emprunteront dans un premier temps un escalier d’inspiration Eiffel, totalisant 208 marches sur les 560 qu’ils s’apprêtent à parcourir. La visite du gouffre commence par la découverte de galeries accessibles uniquement à pied. On découvre une roche sculptée et polie par des siècles d’érosion. Quelques centaines de mètres plus loin, un embarcadère apparaît. Les visiteurs prennent place dans des barques par groupes de 11 personnes.

La visite se poursuit au fil de l’eau. La rivière d’habitude profonde de 50 centimètres se transforme en lac de 4 mètres de profondeur appelé Lac de la Pluie.
Apparaît alors une stalactite, majestueuse et saisissante du haut de ses 60 mètres de longueur : voilà, suspendue à quelques centimètres seulement au-dessus de l’eau et comme cherchant à y toucher son propre reflet, la Grande Pendeloque ! Les larmes de pluie qui coulent le long de sa paroi viennent se noyer dans le lac, laissant dans leur sillage le doux clapotis des gouttes sur l’eau, qui berce les visiteurs. Le spectacle
est grandiose.

Pour continuer dans les entrailles de la terre, nous devons marcher jusqu’au Grand Dôme, véritable cathédrale souterraine de 94 mètres de hauteur où la vie s’est figée comme pour nous montrer combien la nature est merveilleuse, nous offrant
des fleurs de calcaire ruisselant, des bénitiers d’albâtre, des piles d’assiettes, des drapés, de la dentelle, des stalactites, des stalagmites. En redescendant de la salle du Grand Dôme, le visiteur plonge sur la Grande Colonne, spectaculaire stalactite de 75 mètres de hauteur.

Portrait d’Edouard-Alfred Martel, découvreur du site

Les explorateurs à la sortie du puits de Padirac © de Rupin
Les explorateurs à la sortie du puits de Padirac © de Rupin
Issu d’une famille de juriste, Martel (1859-1938) est promis à une carrière d’avocat. Il obtient son diplôme en 1886. Partagé entre sa passion et le tribunal, Martel saute le pas dès 1888 pour s’orienter définitivement vers l’exploration. Père fondateur de la spéléologie moderne, il accumule les découvertes. Ses travaux sur l’hygiène des sources et la propagation de certaines épidémies, aidés par le professeur Eugène Fournier, lui ont valu le titre de « Bienfaiteur de l’Humanité » et sont à l’origine de la « Loi Martel ». Promulguée le 15 février 1902, elle interdit « le jet de bêtes mortes... dans les cavités naturelles du calcaire ».

Edouard-Alfred Martel n’a pas seulement fait avancer la loi sur la préservation des eaux souterraines, il est aussi à l’origine de la création des parcs nationaux. En 1913, après sa visite de la Vallée du Yosemite, sur la côte ouest des Etats-Unis, protégée par décret depuis 1864, Edouard-Albert Martel publie une étude à propos des parcs nationaux dans le monde.
Il en propose une définition : « réserve territoriale, à limites précises, à l’intérieur desquelles une disposition légale appropriée conserve et protège – contre toute destruction, détérioration ou défiguration du fait de l’homme – les composantes naturelles, faune, flore, sites pittoresques, et particularités géologiques ou hydrologiques ».
Edouard-Alfred Martel suggère à l’État français de classer, en vertu de cette définition, plusieurs centaines de sites dans soixante-dix départements.

Martel : père fondateur de la spéléologie
Le Gouffre de Padirac s’inscrit dans la longue histoire de la spéléologie. Si les balbutiements de cette « discipline » ont vu le jour au XIIIe siècle et plus précisément en 1213, en Autriche, c’est seulement au XVIe siècle qu’on commence à voir véritablement apparaître les récits plus ou moins réalistes de certaines explorations. Mais il faudra attendre le XIXe siècle et l’intrépide Martel pour que la spéléologie gagne ses lettres de noblesse.

Juin 1888
est marqué par une succession de découvertes importantes qui participeront à la naissance de la spéléologie moderne, telle que la traversée intégrale de l’abîme de Bramabiau par Edouard-Alfred Martel, mettant à jour deux kilomètres de galeries souterraines.

Juillet 1889 marque l’année de la consécration de la spéléologie française. En effet, c’est au cours de sa 24e expédition que Martel et son équipe découvrent le Gouffre de Padirac.
A midi ce 9 juillet 1889, équipé de bougies, de cordes en chanvre, de lourdes échelles de corde aux barreaux de bois et de bêtes de somme, Edouard-Alfred Martel descend dans le Gouffre de Padirac. Suspendu à un câble long de 75 mètres, il s’enfonce au centre de la terre. Lorsque son pied touche le sol, il pénètre dans cet abîme alors nommé d’après les croyances locales : « le trou du diable ». Martel et son équipe se lancent à la découverte de l’inconnu. Stoppés dans leur expédition car le niveau d’eau devenait impraticable, ils rebroussent chemin. Le lendemain, dès l’aube, Martel redescend muni d’une lampe à magnésium, et d’un canot pour naviguer sur ce qui deviendra plus tard la Rivière Plane. Isolée dans ces profondeurs, l’expédition avance silencieusement malgré la peur de l’inconnu... Padirac est né !

En 1890, le mot « spelaelogie » est inventé. Il deviendra ensuite spéléologie.
Edouard-Alfred Martel, pionnier de l’exploration à travers ses expéditions, ses découvertes et ses écrits tels que « Les Abîmes », 1894, et « La France ignorée », 1928, a contribué à faire de la spéléologie une nouvelle discipline scientifique, riche de plus de 1000 publications.

Pratique

Draperie au niveau du Pas du Crocodile © DR
Draperie au niveau du Pas du Crocodile © DR
Gouffre de Padirac
46500 Padirac
Tél : +33 (0)5 65 33 64 56
Fax : +33 (0)5 65 33 71 86
info@gouffre-de-padirac.com
www.gouffre-de-padirac.com



Pierre Aimar
Mardi 20 Janvier 2015
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