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Le 12e festival d’opérette de Nice enfin à l’Opéra ! par Christian Colombeau

Une vie parisienne d’Offenbach plus débridée que jamais


Et vive l"opérette de grand-papa !

Le 12e festival d’opérette de Nice enfin à l’Opéra ! par Christian Colombeau
C’est avec le concours et le soutien fidèle de la Mairie et de l’Opéra de Nice que cette Vie Parisienne a vu le jour. En prêtant orchestre, chœurs et salle, (les décors viennent de Marseille et les costumes de Bordeaux) à la célèbre Association dirigée de main et maître par Melcha Coder et Christian Jarniat, c’est sans transposition moderne, avec chichis chics et tambours et trompettes rutilants que l’opérette salée-sucrée d’Offenbach, histrion génial de l’ivresse de l’ère industrielle, a pu déployer ses fastes et sa musique colorée.

L’intrigue, connue, n’a rien d’exceptionnel : deux jeunes godelureaux parisiens veulent prendre maîtresse dans la haute société. Ajoutez un baron qui ne songe qu’à se débarrasser de sa femme pour "s’en fourrer jusque-là !", une cocotte plus ou moins tarifée qui rend les hommes fous, une gantière et un bottier sans morale… et même un Brésilien, noceur invétéré car cousu d’or, symbole de l’attrait de Paris pour les étrangers...
Autant dire que nous avons affaire à une histoire qui tient du vaudeville, à la mode du temps d’Offenbach ( La Vie parisienne a été crée en 1866).
Seulement voilà, ce qui en fait un si bon divertissement, c’est son aspect déjanté dans la parodie. Il y a en plus un tel foisonnement de personnages, d’intrigues, qui commencent sans jamais se terminer, de rebondissements abracadabrantesques, alla Hellzapoppin, qu’on finit bel et bien par être emporté dans ce monde en folie. Saupoudrez d’airs délicieux et de cancans endiablés, succès assuré.

La mise en scène et la chorégraphie classiques et parfois drôles de Serge Manguette sont respectueuses jusqu’à la lettre du livret, et, Dio Mio !, que l’opérette de grand-papa, sans message social-politique, fait du bien en ces temps troublés de transposition à tout va. Rien de bien révolutionnaire donc, et c’est tant mieux. Il manquait juste quelques choristes et figurants de plus pour combler le vaste ring niçois…
Si la direction de Philippe de Chalendar allie finesse et conviction, on sera moins indulgent pour le brésilien de Juan-Carlos Echeverry qui manque simplement de poids et de justesse.

Très belle complicité entre Gardefeu et Bobinet à coups de malices mal réglées (Marc Larcher et Gregory Benchenafi).
Grandiose, unique, superbe, hénaurme Baron de Philippe Ermelier. Tout y est : aplomb vocal, truculence, composition savoureuse voire picaresque. Dans le style nounours suédois à la guibole agile et frustrée difficile de trouver mieux.

La floppée de petits rôles tirant fort bien son épingle du jeu. Jeunesse quand tu nous tiens…
Chez les dames, Emmanuelle Zoldan en Métella crée la surprise. La faire mal marcher en crinoline était un effet comique étudié ?
Jolie conviction aussi malgré la verdeur de la voix chez Pauline Courtin (Gabrielle). La baronne de Perrine Cabassud et la Pauline d’Agnes Pat’ n’ayant elles aucun mal à s’imposer avec en prime un certain chic et une diction irréprochable. Dur quand même de passer du théâtre au chant en quelques secondes. On ne le dira jamais assez.
Satisfecit global donc pour cette Vie Parisienne qui a, qui l’eut cru, fait déborder l’Opéra de Nice comme au bon vieux temps des années d’après guerre.
Christian Colombeau


Christian Colombeau
Mercredi 25 Septembre 2013
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