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Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch, Opéra de Lyon, du 23 janvier au 6 février 2016

Après Le Nez en 2011, l’Opéra de Lyon donnera l’autre chef-d’œuvre lyrique de Dimitri Chostakovitch dans une mise en scène de Dmitri Tcherniakov.


Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch, Opéra de Lyon, du 23 janvier au 6 février 2016
Demandé dans le monde entier et fêté pour ses relectures au scalpel du répertoire, le Russe fera pour l’occasion ses débuts, très attendus, à Lyon en reprenant (l’ayant considérablement modifiée) sa production de 2008 à Düsseldorf. Il fait de l’héroïne une femme d’ailleurs, qui se retrouve dans un univers étranger, enclose dans un décor unique où elle accumule frustrations et violence rentrée. Kazushi Ono, spécialiste reconnu de ce répertoire, dirigera notamment la Katerina d’Ausrine Stundyte, dont la prise de rôle en 2014 à Anvers a stupéfié la critique et le public.

L’œuvre

Composée entre 1930 et 1932, Lady Macbeth de Mzensk est une partition de grande envergure – quatre actes, neuf tableaux, plus de deux heures trente de musique, un orchestre pléthorique. Elle exhibe les ambitions nouvelles d’un jeune génie iconoclaste prêt à affronter la tradition et à relever le défi de la grande forme. Chostakovitch choisit de collaborer avec l’un des colibrettistes du Nez, Alexandre Priess, à l’adaptation d’une nouvelle de Nikolai Leskov (1831-1895), inspirée d’un fait divers. Dans une petite ville de la province russe, une jeune femme, Katerina Ismaila, délaissée par son mari et brimée par son beau-père, prend pour amant un simple ouvrier, Serguei. Le couple accomplira le meurtre du beau-père puis du mari, pour préserver sa relation. Découverts au moment où ils célèbrent leurs noces, Katerina et Serguei sont condamnés au bagne. Apprenant qu’il courtise une autre détenue, Katerina se suicide, entraînant sa rivale dans la mort. En apparence, voila un opéra « socialiste » un peu cru, mais dans la lignée du réalisme prôné par le pouvoir. En apparence seulement car ici la satire sociale ne saurait se contenter d’une simple opposition de classes. Dans Lady Macbeth, il n’y a pas vraiment de bons et de méchants ; la bassesse n’épargne personne. La musique, souvent persiflante, n’oublie pas de le souligner.
Tous pourris au royaume du koulak ! Seule l’héroïne semble trouver grâce aux yeux du compositeur…

Son histoire

Malgré son sujet, censé prôner l’émancipation, Lady Macbeth n’est donc pas un opéra propre à satisfaire les canons du régime. Ses pieds de nez au système moral (l’héroïne est une criminelle), social (les différentes classes sont mises dos à dos) et politique (la police est corrompue), visent certes la Russie tsariste, mais restent ô combien d’actualité dans l’URSS des années 1930.
Créé triomphalement en janvier 1934, et joué plus de 200 fois, Lady Macbeth sera, sur ordre de Staline, violemment attaqué dans la Pravda et retiré de l’affiche. L’opéra n’est plus donné avant que, pendant le « dégel » des années Khrouchtchev, Chostakovitch en donne une nouvelle version, baptisée Katerina Ismaïlova. Depuis, son statut de classique du XXe siècle est acquis.

Distribution

Direction musicale : Kazushi Ono
Mise en scène et décors : Dmitri Tcherniakov
Costumes : Elena Zaytseva
Lumières : Gleb Filshtinsky
Chef des Chœurs : Philip White

Avec :
Katerine Ismaïlova : Ausrine Stundyte
Boris Timoféiévitch Ismaïlov / Le fantôme de Boris : Vladimir Ognovenko
Zinovy Borisovitch Ismaïlov : Peter Hoare
Sergueï : John Daszak
Le Pope / Un vieux bagnard : Gennady Bezzubenkov
Le Chef de la police: Almas Svilpa
Sonietka : Michaela Selinger
Aksinia / Une détenue : Clare Presland
Balourd miteux : Jeff Martin
Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon

Pratique



Pierre Aimar
Mercredi 6 Janvier 2016
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