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La « trilogie » de Tchekhov - La Mouette, Oncle Vania, Trois Sœurs - au théâtre de la Criée à Marseille

En 2011, Christian Benedetti monte brillamment La Mouette l'idée du projet Tchekhov naît ainsi : monter l'intégralité de son œuvre dramatique dans l'ordre de l'écriture, et explorer la question du « contemporain ». Après un succès public et critique unanime, il monte Oncle Vania en 2012 et Trois Sœurs en 2013, interprétations au rythme foudroyant.


Oncle Vania © Marion Le Meut
Oncle Vania © Marion Le Meut

Intégrale le dimanche 16 mars : 14h La Mouette, 16h30 Oncle Vania, 18h30 Trois Sœurs

La Mouette - 14 au 16 mars 2014
Tchekhov fait de l'Art le terrain de prédilection des passions, des illusions et des conflits entre personnages. Si l'on n'est pas artiste, on aurait voulu l'être, comme seule chance d'être actuel et d'exister : « Des formes nouvelles, voilà ce qu'il nous faut, et s'il n'y en a pas, alors, tant qu'à faire, plutôt rien » . Tchekhov interroge la construction ou la destruction de la place du spectateur. Il nous révèle que les images ont un pouvoir humanisant ; la distance qu'elles créent entre l'homme et ses émotions offre à celui-ci les conditions de sa liberté.

Avec Brigitte Barilley, Christine Brücher, Florence Janas, Nina Renaux, Christian Benedetti, Philippe Crubézy, Laurent Huon, Xavier Legrand, Jean-Pierre Moulin, Stéphane Schoukroun
Assistante Elsa Granat Lumière Dominique Fortin

Oncle Vania - 16 au 20 mars 2014
Avec Oncle Vania, être contemporain est avant tout une affaire de courage, parce que cela signifie « être capable non seulement de fixer le regard sur l'obscurité de l'époque, mais aussi de percevoir dans cette obscurité une lumière qui dirigée vers nous s'éloigne infiniment ». Oncle Vania nous fait vivre à l'endroit de la fracture d'un temps brisé.
« Christian Benedetti offre sans débordement psychologique aucun, exigeant juste des acteurs qu'ils incarnent la situation sans jérémiades, une hallucinante immersion dans l'œuvre devenue étonnamment violente et chaotique... On ressort électrisé ».
Télérama
Avec Brigitte Barilley, Florence Janas, Alix Riemer, Isabelle Sadoyan, Christian Benedetti, Philippe Crubézy, Daniel Delabesse, Laurent Huon
Assistante Elsa Granat Lumière Dominique Fortin

Trois Sœurs - 16, 21 et 22 mars 2014
Dans les Trois Sœurs, Touzenbach s'écrie « Tenez, il neige : où est le sens ? ». Une des phrases préférées de Christian Benedetti dans l'œuvre de Tchekhov. « Où est le sens ? Dans la neige qui tombe comme un destin léger et inévitable. Il n'y a pas d'hiver chez Tchekhov. Il est mental. Saison de la fin où tout s'éteint sous l'épaisse couche blanche qui étouffe les cris et assourdit les pas. Prélude au silence de la glaciation ultime à laquelle Tchekhov voulait se consacrer lorsque les maisons ont été abandonnées et les cerisaies abattues » Georges Banu

Avec Mathieu Barbet, Christian Benedetti, Christine Brücher, Gaspard Chauvelot, Philippe Crubézy, Daniel Delabesse, Claire Dumas (en alternance), Elsa Granat (en alternance), Laurent Huon, Florence Janas, Xavier Legrand, Jean-Pierre Moulin, Nina Renaux, Isabelle Sadoyan, Stéphane Schoukroun
Assitante Elsa Granat Lumière Dominique Fortin Costumes Lucie Ben Bâta et Chantal Rousseau Régie Cyril Chardonnet


Réservation en ligne

Note d’intention de Christian Benedetti. Le projet Tchekhov : monter toutes les pièces dans l’ordre de l’écriture.

Nous avons commencé par La Mouette, œuvre emblématique et déclaration d’intention. La première pièce écrite par acte entier et non plus fragmenté en scène correspondant à l’entrée ou la sortie d’un personnage. En faisant cela, Tchekhov ouvre une nouvelle voie dramaturgique et signe en même temps l’arrêt de mort du personnage au profit du rôle et des schémas de pensée, la fin du théâtre au profit du drame, la fin de la fiction au profit de la structure, la fin de la psychologie au profit de la réactivité aux situations. « J’écris non sans plaisir une pièce qui va à l’encontre de toutes les règles dramaturgiques. » C’était aussi ma première mise en scène à Paris, à ma sortie du Conservatoire National d’Art Dramatique, il y a 34 ans.
Logiquement nous avons continué avec Oncle Vania qui poursuit l’affirmation d’une nouvelle dramaturgie. Et nous arrivons maintenant à Trois Sœurs, la première pièce de troupe écrite par Tchekhov, qui concilie justement cette forme de troupe et ses objectifs théâtraux.

Tchekhov interroge nos capacités, nos moyens et nos obligations. Quelle forme pour quel théâtre aujourd’hui ? « Il faut des formes nouvelles. Des formes nouvelles, voilà ce qu’il faut, et s’il n’y en a pas, alors tant qu’à faire, plutôt rien. » (La Mouette - acte 1 - Treplev à Sorine).

[…] Mettre en scène Tchekhov, aujourd’hui, c’est prendre en charge pleinement cette nécessité et son questionnement. C’est aussi, un peu comme « revenir à la maison». Il y a toujours un modèle chez Tchekhov. Nous sommes souvent en deçà de celui-ci. Les tragédies sont pourtant les mêmes, pas inférieures. Il ne s’agit que de la mort chez Tchekhov … Mais pas de la mort toujours représentée comme le sujet même de la représentation théâtrale. Nous savons que nous devons mourir et nous n’avons pas forcément besoin du théâtre pour nous le dire ou nous le rappeler. Non, il s’agit du vrai sens de la représentation, de la vraie raison du théâtre : Pourquoi on ne sait pas pourquoi on va mourir.


Pierre Aimar
Mardi 11 Mars 2014
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