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La lettre à l’heure des révolutions technologiques au Musée de l’imprimerie, Lyon, du 12 septembre au 14 octobre 2012

Le Musée de l’imprimerie, Lyon, propose du 12 septembre au 14 octobre 2012 La lettre à l’heure des révolutions technologiques, exposition-dossier qui sera l’un des points d’orgue du Congrès des Musées européens de l’imprimerie, réunis du 11 au 13 octobre 2012 au Musée de l’imprimerie de Lyon pour réfléchir à la valorisation et à l’étude du patrimoine typographique européen.


La lettre à l’heure des révolutions technologiques au Musée de l’imprimerie, Lyon, du 12 septembre au 14 octobre 2012
La lettre à l’heure des révolutions technologiques met en lumière l’histoire de la création des caractères d’imprimerie depuis 150 ans. Depuis le XVe siècle et jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, la création des caractères typographiques était un art essentiellement artisanal. Mais avec la Révolution Industrielle, de profonds changements se sont enclenchés dans le domaine des techniques graphiques et de la typographie : la composition mécanique à grande échelle tout d’abord, avec la Linotype et la Monotype, qui utilisaient le plomb fondu ; puis l’invention de la photocomposition au milieu du XXe siècle, et enfin l’apparition de la publication assistée par ordinateur dans les années 1980. Confrontés à ces bouleversements, les typographes et dessinateurs de caractères ont alors dû eux aussi s’adapter à ces formidables changements technologiques.

Du plomb au numérique

Au fur et à mesure de ces révolutions, la typographie s’est mécanisée puis dématérialisée. Le graveur de poinçons fit progressivement place à des dessinateurs de caractères et aux machines telles que le pantographe, qui permettait de graver les caractères mécaniquement à partir d’un patron sur papier. Au début du XXe siècle, les compagnies Linotype et Monotype mirent au point un ingénieux programme de conception et de fabrication des caractères, concurrençant les fonderies traditionnelles et un savoir-faire établi depuis plus de quatre siècles. Puis au lendemain de la seconde guerre mondiale, une autre révolution vint ébranler le monde de la typographie, lorsque les premières machines permettant de composer photographiquement les caractères firent leur entrée sur le marché. Libérés des contraintes du plomb, dessinateurs de caractères et fonderies durent alors apprivoiser la lumière pour produire des «photomatrices », et la typographie entra dans l’ère de l’immatériel. Une dématérialisation qui s’intensifia avec l’arrivée des systèmes informatiques. À partir des années 1970, les caractères typographiques se mirent à exister sous forme numérique, et la matrice photographique fut éclipsée par le pixel. Peu de temps après, l’arrivée de l’ordinateur personnel et du format PostScript (format numérique utilisé dans la production de polices de caractères) révolutionnèrent de nouveau le monde de la typographie. Les années 1980 et 1990 virent le développement de logiciels de numérisation de caractères très performant, permettant à la création de caractères de se démocratiser.

Des documents exceptionnels sur les caractères et ceux qui les dessinent

Les documents présentés dans l’exposition sont tirés des archives de trois grandes institutions : le Musée de l’imprimerie de Lyon, les collections non-latines de l’Université de Reading, et les archives de la compagnie Monotype Imaging à Salfords, au Royaume-Uni. L’histoire des caractères les plus célèbres (Times New Roman, Univers, Arial, etc.) est également mise en lumière à l’occasion de cette exposition, à travers des documents inédits. Alice Savoie, dessinatrice de caractères et doctorante à l’Université de Reading, est la commissaire de cette exposition ; elle interviendra également le 12 octobre prochain dans le cadre du Congrès des musées européens de l’imprimerie, au sujet du rôle que doivent jouer les collections typographiques privées et publiques dans la recherche.

Étudier, conserver, valoriser : une exposition et aussi un colloque international

Profondément bouleversée par ces évolutions technologiques, la production des caractères typographiques est aujourd’hui devenue une activité totalement dématérialisée. Comment faire connaître, préserver et présenter ce patrimoine numérique impalpable ?
L’exposition La lettre à l’heure des révolutions technologiques tout comme le Congrès des Musées européens de l’imprimerie (11 au 13 octobre 2012) tentent de répondre à ces questions, en proposant à tous les acteurs et institutions garants du riche patrimoine typographique européen de solliciter les dessinateurs de caractères d’aujourd’hui pour qu’ils laissent des documents et des traces concernant leur processus de création graphique. C’est une démarche déjà initiée par le Musée de l’imprimerie de Lyon qui, dans le cadre de la numérisation de cent cinquante années de créations typographiques françaises, a contacté près de soixante-dix créateurs de caractères français, en activité, pour leur demander des exemples de leurs travaux.

Pratique

La lettre à l’heure des révolutions technologiques au Musée de l’imprimerie, Lyon
Vernissage de l’exposition le 12 septembre
Musée de l’imprimerie, 13 rue de la Poulaillerie, de 18h30 à 20h


Pierre Aimar
Jeudi 6 Septembre 2012
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