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La berline de Napoléon. Le mystère du butin de Waterloo du 7 mars au 8 juillet 2012 au musée de la Légion d’honneur, Paris

Du 7 mars au 8 juillet 2012, le musée de la Légion d’honneur retrace dans une exposition événement, l’incroyable aventure de la berline de Napoléon à Waterloo. Le public pourra découvrir la voiture de l’Empereur pillée au soir de l’ultime défaite et le butin reconstitué : les effets de campagne de Napoléon (chapeau, redingote, nécessaires, argenterie…), mais surtout, pour la première fois exposées en France, ses décorations personnelles, prêtées de façon exceptionnelle par le Musée Historique d’Etat de Moscou. Ces objets auront voyagé en Europe au gré des événements historiques, de Waterloo en 1815 à Moscou à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et aujourd’hui à Paris. L’aventure rocambolesque de ce butin alimente la légende napoléonienne depuis près de deux siècles…


La berline de Napoléon

La Maison de l’Empereur préparait soigneusement tous les déplacements de Napoléon. En campagne, son service se divisait en quatre convois dont deux voitures pour son service personnel.
Ces voitures étaient étudiées spécifiquement pour les besoins de l’Empereur par son carrossier favori, Getting. Napoléon peut s’y enfermer pour travailler ou se reposer. Il y trouve au besoin un pupitre avec un encrier, une petite bibliothèque de voyage, une cantine à boissons, différents nécessaires et un lit complet avec châssis et matelas.
De nombreux rangements offrent toutes les ressources d’une maison roulante pour ses effets personnels, entrés aujourd’hui dans la légende : décorations, chapeau, redingote, épée… autant de symboles d’une puissance, convoités par toutes les armées ennemies sans qu’elles parviennent jamais à s’en saisir, jusqu’en 1815.

Le 18 juin 1815, au soir de la bataille de Waterloo, les Prussiens découvrent à l’entrée de Genappe, au milieu de la chaussée, parmi d’autres véhicules et fourgons, les deux voitures constituant l’équipage personnel de l’Empereur : une berline à six chevaux, solide « dormeuse » conçue pour les longues distances, mais aussi un « landau en berline », plus léger, que Napoléon a quitté peu de temps auparavant.
Les Prussiens pillent les deux voitures impériales abandonnées dans l’indescriptible désordre de la déroute. Le major von Keller s’approprie la dormeuse et la fait parvenir à son épouse à Du_sseldorf. Exposée triomphalement à Londres dès 1816, elle périra lors de l’incendie du musée Tussaud en 1925.

Quant au landau, le feld-maréchal Blücher l’envoie, fort endommagé, à son épouse au château de Krieblowitz près de Breslau. Il s’en servira par la suite pour certains de ses déplacements. En 1973, le comte Blücher von Wahlstatt, descendant du maréchal, décide d’en confier la conservation au musée national de Malmaison. C’est cette voiture qui est présentée au musée de la Légion d’honneur, entièrement restaurée pour l’occasion.
La berline de l’Empereur. Parmi les cinq voitures prises par les Prussiens à Waterloo le 18 juin 1815, se trouvait ce landau en berline commandé pour la campagne de Russie en 1812. Châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Malmaison / © RMN
La berline de l’Empereur. Parmi les cinq voitures prises par les Prussiens à Waterloo le 18 juin 1815, se trouvait ce landau en berline commandé pour la campagne de Russie en 1812. Châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Malmaison / © RMN

Le mystère du butin de Waterloo

Une partie du butin - notamment le chapeau et un ensemble de décorations de Napoléon rapportés par le feld-maréchal Blu_cher au roi Frédéric-Guillaume III de Prusse - sera conservée à Berlin. La présence de ces objets y est attestée jusqu’en 1919 avant qu’ils ne disparaissent pour réapparaitre en 1934, à l’occasion d’une exposition au musée du Zeughaus (musée de l’Arsenal). Pendant la Seconde Guerre mondiale, ces prestigieux souvenirs sont transférés dans le bunker anti-aérien du zoo de Berlin, puis dans d’autres abris tenus secrets. Ils feront partie des oeuvres qui prendront le chemin de Moscou en 1946. Les décorations n’ont depuis lors jamais été exposées dans leur intégralité. En 2012, après leur prêt provisoire au musée de la Légion d’honneur à Paris, le Musée Historique d’Etat de Moscou les présentera au public à l’occasion du bicentenaire de la campagne de Russie.

L’exposition événement d’un butin de légende

L’exposition « La berline de Napoléon. Le mystère du butin de Waterloo » prend place au coeur du musée, dans la salle de la Légion d’honneur, ordre créé en 1802 par Napoléon alors Premier consul.

Accueilli par la silhouette de l’Empereur dans sa fameuse redingote grise, le visiteur est invité à découvrir, autour de la berline landau restaurée, les objets qui l’accompagnaient durant sa campagne : nécessaires de toilette, service de table en argent, linge chiffré… L’écrin de Napoléon, reflet d’une ambitieuse politique diplomatique, est reconstitué dans sa quasi-totalité : ses décorations françaises et étrangères sortent pour la première fois et exceptionnellement de Russie, et s’accompagnent de différents insignes qui avaient échappé au roi de Prusse et sont aujourd’hui conservés dans différentes collections privées d’Europe. Cartes et textes historiques rythment la visite.

Pour donner toute son ampleur à l’exposition parisienne, le musée de la Légion d’honneur accompagne l’événement d’un ouvrage historique dont la direction a été confiée au professeur Jean Tulard, spécialiste napoléonien de renommée internationale, et qui sera publié chez Albin Michel.
Nécessaire dentaire dans son coffret. Fondation Napoléon / © Patrice Maurin-Berthey
Nécessaire dentaire dans son coffret. Fondation Napoléon / © Patrice Maurin-Berthey

Informations pratiques

Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie
2, rue de la Légion d’honneur (parvis du Musée d’Orsay)
75007 Paris
T. 01 40 62 84 25
www.musee-legiondhonneur.fr
Exposition du 7 mars au 8 juillet 2012.
Du mercredi au dimanche, de 13 h à 18 h. Entrée gratuite.
Mardi accessible aux groupes sur réservation.
Pendant toute la durée de l’exposition, les collections permanentes habituellement présentées dans la salle de la Légion d’honneur restent accessibles au public dans un autre espace du musée.


Pierre Aimar
Vendredi 16 Décembre 2011
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