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La Sonnambula de Bellini à l’Opéra Bastille donnée le 28 janvier. Par Michel Finck

Composé soixante ans plus tôt que les dernières symphonies de Tchaïkovsky cet opéra fait partie des grands ouvrages belcantistes et c’est la présence de grands chanteurs pour l’interpréter qui motive d’aller le voir plus que l’intérêt de l’histoire ! Les grands chanteurs sont là avec Nathalie Dessay dans le rôle principal et le jeune mexicain Javier Camarena dans Elvino.


Nous sommes inquiétés par une annonce disant la soprano malade mais elle s’en sort avec brio. Seuls, quelques notes aigües justes mais limites, des graves peu marqués (mais dans les récitatifs..) et un maque de puissance dans sa toute dernière apparition de l’ouvrage laissent transparaître son malaise. Par ailleurs on retrouve le beau timbre, les notes filées parfaites, la puissance dans l’aigu et les vocalises de rossignol.

Le ténor nous offre une voix somptueuse : ténor léger mais avec un médium très corsé et puissant et « di grazia » quand il faut (merveilleuse interprétation du premier air). Il présente en outre un physique très agréable et forme avec Dessay un très beau couple.
Le reste de la distribution est de très bonne tenue, seule la basse de Michele Pertussi nous déçoit un peu, voix un peu terne alors que sa prestance de beau mec à la cinquantaine nous fait presque croire au quiproquo qui sert d’histoire.

La mise en scène de Marco Arturo Marelli situe l’action dans un décor unique - salle d’un grand restaurant chic, de style 1925, pour le mariage d’une de ses serveuses (Amina) qui nous fait penser à la salle de Pierre Gagnaire lorsqu’il était à St Etienne - avec une bonne direction d’acteurs et Nathalie Dessay n’en fait pas trop.. Par contre, si la mise en scène représente bien l’opéra qu’on est venu entendre - ce qui devient rare dans les mises en scène modernes - elle n’empêche pas un certain ennui dans le long premier acte et Amina endormie dans la salle de restaurant au lieu de la chambre du comte n’aide pas la compréhension de l’intrigue. Le fait qu'Amina chante le dernier air tant attendu devant une reproduction du rideau de la salle Garnier en robe de cantatrice est par contre intéressant.

L’orchestre est bon mais le chef Evelino Pido ne nous enthousiasme pas comme à l’ordinaire ! Tempi un peu lents au premier acte et chœur aux attaques souvent peu précises alors qu’il est à l’ordinaire parfait. Est-ce la cause de notre manque d’enthousiasme alors que le spectacle reste de très bon niveau
Michel Finck
mcfinck@yahoo.fr


pierre aimar
Lundi 1 Février 2010
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