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L'ENSDM fête ses vingt ans au Théâtre de La Criée, Marseille, 25 mai 2012

L'Ecole Nationale de Danse de Marseille, dirigée en même temps que l'Ecole supérieure de Danse de Cannes par l'ex-danseuse étoile de Roland Petit, Paola Cantalupo, depuis le départ, fin 2011, de Jean-Christophe Paré, a fêté dignement son vingtième anniversaire au théâtre de La Criée, avec un spectacle de fin d'année qui a permis aux élèves de toutes les classes de se produire dans des pièces classiques et contemporaines, chorégraphiées soit par leurs professeurs, soit par des artistes chorégraphes invités pour des créations originales.


En première partie de la soirée, quatre ballets mettent en valeur le savoir faire des élèves, enfants et adolescents, qui nous présentent le résultat d'un travail intensif sur les positions fondamentales ou tout ce qui peut donner force, concentration, ligne et "en dehors" à la performance individuelle.
Jeux d'enfants, musique de Bizet, chorégraphie d'Isabelle Hernandez pour la classe 3 et élémentaire garçons, nous introduit dans un parc au cours d'une après-midi de jeux. Un tableau se trouve abandonné dans un coin du jardin. Pour les trois jeunes garçons qui le découvrent, c'est le début d'un rêve qui fait surgir de la toile des jeunes filles en fleurs charmées de flirter avec eux. Lorsque le rêve prend fin, nous les voyons plongés dans une vive nostalgie. Attitudes, jetés battus, pirouettes, entrechats quatre, arabesques parfaitement exécutés accompagnent l'action de ce charmant ballet dédié à Colette Armand, excellent professeur de danse classique.
Concerto, sur le concerto pour violon et piano de Philip Glass, chorégraphié par Juliette Vezat pour les classes 4, 5et 6, s'appuie sur le phrasé obstiné de la musique minimaliste dans le but d'outrepasser les règles académiques. Danseurs et danseuses, tout de blanc vêtus, peuvent abandonner la verticalité, tomber, apparaître et disparaître, la rigueur et la clarté de leurs attitudes les sauvent de tout compromis avec les forces du déséquilibre.
Team age, chorégraphie de Marcos Marco, danseur du BNM, pour les classes supérieures, flatte avec humour l'esprit d'équipe. Sur des sons de cloches et des pépiements d'oiseaux, les danseurs costumés comme des boys scouts défilent, s'offrent des fleurs artificielles, se côtoient épaule contre épaule, se livrent à des pas de deux lascifs ou se grattent la fesse avant de prendre des poses burlesques pour une photo de groupe.
Mecani call, chorégraphie de Julien Ficely, du ballet de Lorraine, sur une création musicale d'Antony Rouchier, présente dix huit danseurs des classes d'insertion professionnelle, en collants de couleur chair, dans des évolutions puissantes, sauvages, très physiques, qui évoquent par moments l'univers de certains ballets de Béjart. Le mouvement classique est ici soumis à des torsions et des déséquilibres constants dans un mélange de tension et de décontraction sur une chaîne de corps qui se défait spontanément à la fin pour promouvoir une élue hissée à bout de bras, comme dans Le Sacre du Printemps.
Après l'entracte, Marc Riboud, président du jury du concours international de danse classique de Grasse, présente, pour toutes les classes de Mireille Bourgeois et Ghislaine Franchetti, une ravissante chorégraphie sur la Symphonie Italienne de Mendelssohn. Inspiré par Palais de Cristal (Symphonie en Ut) de Balanchine, le ballet se donne sans décor sur le plateau nu, et associe l'admirable partition musicale à des propositions de figures abstraites de danse pure. Entrées massives par rafales et sorties précipitées de jeunes filles en tuniques grenat, crinières au vent, toutes jambes dehors, entrées rapides de danseurs en élévation, bras en couronne, communiquant des émotions d'anges avec le sourire, poses et placements impeccables, tout concourt ici à la perfection de cet hymne à la danse, tant attendu, que les élèves de l'ENSDM exécutent à merveille avant l'ovation interminable des parents et amis qui les récompense chaleureusement de leurs efforts.
Philippe Oualid


Pierre Aimar
Mardi 29 Mai 2012
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