Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




King Size, de Christoph Marthaler, théâtre du Gymnase, Marseille, du 15 au 18 mars

Le metteur en scène suisse signe, avec King Size, l’un de ses plus beaux spectacles, un récital éclectique, amoureusement mélancolique et diablement hilarant.


King size © Simon Hallström
King size © Simon Hallström
Existe-t-il des points communs entre un lit « king size » et une composition enharmonique ? D’après Christoph Marthaler, cette « technique de composition musicale qui permet d’écrire un même son, à la même hauteur, de deux manières différentes et donc avec deux fonctions différentes, à l’image du sol dièse et du la bémol » peut se comparer aux relations amoureuses. Et où s’adonne-t-on à ces relations avec le plus de ferveur, si ce n’est dans une chambre à coucher ?

King Size : ce sont les dimensions d’un lit qui occupe toute la scène ou presque dans un environnement de papiers peints fleuris désuets et de boiseries chromo façon amoureux de Peynet. Inutile de décrypter le symbole. Les comédiens-chanteurs parlent d’amour et d’amour seulement. L’amour toujours, c’est l’amour qui fait qu’on aime, c’est l’amour qui fait rêver, c’est l’amour qui veut qu’on s’aime, c’est l’amour qui fait pleurer.

Quatre personnages, deux hommes et deux femmes, dont une étrange vieille dame, vaquent à leurs occupations sur le rythme habituel du grand maître – lenteurs, répétitions, temps suspendus – et enfilant mélodies populaires, hits rabâchés et partitions savantes croisant Robert Schumann et Jean Sébastien Bach, Boby Lapointe et Eric Satie. Télesco-pages burlesques garantis, ambiances sucrées et suaves. Comme toujours chez Marthaler, les interprètes sont saisissants de justesse et montrent une parfaite maîtrise de la technique chorale, du corps dansé et un sens inouï du rythme, qui fonde le burlesque. Entre ratages, dérapages, atterrissages contrôlés, il est impossible de raconter logiquement ce foutoir réglé au millimètre où le loufoque se glisse dans tous les coins et l’émotion sous chaque fleurette du papier peint. Un petit coup de Marthaler et hop c’est le printemps !

Distribution

Mise en scène Christoph Marthaler
Direction musicale Bendix Dethleffsen
Scénographie Duri Bischoff
Costumes Sarah Schittek
Dramaturgie Malte Ubenauf
Lumières Heide Voegelin Lights
Avec Tora Augestad, Bendix Dethleffsen, Michael von der Heide, Nikola Weisse

Pratique

du mardi 15 au vendredi 18 mars à 20h30
sauf mercredi 16 mars à 19h

Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille



Pierre Aimar
Mardi 1 Mars 2016
Lu 115 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 82





Inscription à la newsletter