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Katerina Jebb, deus ex machina, Musée Réattu, Arles, du 2 juillet au 31 décembre 2016

Le caractère historique d’un lieu hanté par l’esprit des chevaliers de l’Ordre de Malte associé au devenir d’une demeure d’artiste, consacre l’ambiance incroyablement baroque d’un édifice devenu musée en 1868.


Katerina Jebb, Untitled Icon n°1, 2007, 233 x 162,5 cm, don 2015, musée Réattu-Arles © Katerina Jebb
Katerina Jebb, Untitled Icon n°1, 2007, 233 x 162,5 cm, don 2015, musée Réattu-Arles © Katerina Jebb
Jacques Réattu, replié derrière ces murs, de 1796 à sa mort, avait gravé au fronton de l’entrée du bâtiment la devise Nulli Labor Fallax, « le travail ne trahit personne ». artiste républicain engagé, militant des droits de l’homme, il érigeait ici un temple dédié à la liberté d’expression artistique où, seul, face à son travail acharné, il ne serait plus trahi. Depuis, le Grand Prieuré abrite de son rempart rassurant l’œuvre d’artistes conquis et fascinés par la force d’un esprit des lieux toujours vivace.

Katerina Jebb n’a pas dérogé à l’attrait du lieu, franchissant le seuil de ce territoire, elle entrait dans l’univers réattu entraînée par Christian Lacroix en 2008. La sensualité du textile, des matières et des couleurs y trouvait alors un épanouissement magnifiquement orchestré par le couturier arlésien qui avait investi de son univers créatif la totalité des salles d’exposition.

Par la suite, les œuvres de Katerina Jebb ont continué de prendre sens au musée, au travers notamment d’une série spectaculaire de huit photographies intitulées Untitled Icon - 1 à 8. elle y décline l’esthétique singulière d’une recherche plastique où textiles et corps se mêlent composant de mystérieuses idoles flottantes vêtues de robes de Christian Lacroix.

L’usage exclusif d’un scanner numérique détourne un outil de reproduction industriel et impose des images désormais affranchies de l’une des plus importantes conquêtes de l’art : la perspective. Dans l’œuvre de Katerina Jebb, l’idée de reproduction en trois dimensions s’efface au profit d’un hyperréalisme des matières et des chairs. Cette recherche esthétique singulière s’insère parfaitement dans le développement des collections du musée qui s’attache à la photographie plasticienne.

Par ailleurs, l’intérêt de l’artiste pour les reliques de l’histoire au travers de sujets tels que des lettres manuscrites de Marie- Antoinette ou la veste de napoléon répondent à la nature historique des lieux et des collections. Cette recherche obsessionnelle des traces de l’homme s’applique avec la même pertinence aux vestiges d’ateliers d’artistes comme Picabia, Duchamp ou Balthus, renouvelant ainsi,

Pratique

Musée des beaux-arts
Ancien Grand Prieuré de l’Ordre de Malte
10 rue du Grand Prieuré
13200 Arles
Accueil-boutique : 04 90 49 38 34
Réservation (groupes) : 04 90 49 37 58
musee.reattu@ville-arles.fr
www.museereattu.arles.fr




Pierre Aimar
Mercredi 11 Mai 2016
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