Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Jusqu'au 15 novembre > Lyon, Septembre de la photographie : Luchezar Boyadjiev / Pravdoliub Ivanov / Stefan Nikolaev / Kamen Stoyanov à la BF15 et Vesselina Nikolaeva / Krassimir Terziev à la galerie IUFM Confluences

Le monde d'aujourd'hui n'a de cesse d'ouvrir à la photographie de nouvelles et passionnantes possibilités. Dans cet esprit, l'une des qualités romantiques de la photographie est toujours préservée : sa capacité à être un témoin de l'époque.


Luchezar Boyadjiev / Pravdoliub Ivanov / Stefan Nikolaev / Kamen Stoyanov à La BF15

Jusqu'au 15 novembre > Lyon, Septembre de la photographie : Luchezar Boyadjiev / Pravdoliub Ivanov / Stefan Nikolaev / Kamen Stoyanov à la BF15 et Vesselina Nikolaeva /  Krassimir Terziev à la galerie IUFM Confluences
La sélection d'œuvres bulgares réalisée par La BF15 pour Lyon Septembre de la photographie montre bien cette capacité. Les photos et les vidéos choisies reflètent cette période instable de transformation et d'ajustement typique aux bouleversements politique et économique des années 1990.
La sélection peut avoir l'air condensée ou fortuite. Pourtant, elle contient l'esprit du temps, sans grand drame ou victoire finale ; elle conserve l'atmosphère d'espoir et de désir, d'enchantement et de frustration.

Quand en 1995 Luchezar Boyadjiev conçoit son projet Chairs and Symbols. A Project for Peaceful Co-identification (11 impressions, 56.5x78 cm, 1995-2003), il envoie un appel au monde entier, aux hommes politiques et aux citoyens, en leur offrant une chance de résoudre leurs conflits et leurs questions identitaires grâce à une action. Les agencements de chaises (en forme de marteau et de faucille pour les communistes, de croix pour les démocrates-chrétiens, de croissant pour les musulmans fondamentalistes, etc.) situés dans une immense salle de congrès internationaux auraient sans doute fait la joie des médias de masse…

Pravdoliub Ivanov laisse l'empreinte de sa main dans la glace du congélateur et photographie le processus et l'empreinte dans Hand Print (2 photographies, 50 x 70 cm, 2001). Il a conscience du coté éphémère et finalement vain de laisser une trace personnelle durable. Le moment où il fait sa tentative est un temps/espace de rejet et d'oubli, des idéologies et des partis, des individus et de leurs réalisations. À La BF15, il inscrit dans une peinture murale Less is more (2008).

Dans The small Eiffel Tower meets the big one (vidéo 14', photographie 160 x 100 cm, 2007), Kamen Stoyanov est ironique à propos de son nouveau privilège, qui existe pour la plupart des gens davantage comme un potentiel abstrait plutôt que comme une possibilité réelle. "Paris" est un bar bon marché quelque part en Bulgarie, dont le nom et le lieu sont rendus réels par l'existence d'une petite et primitive copie de la Tour Eiffel sur le toit du bar. Cela est bien suffisant pour que l'artiste “ fasse l'expérience" de Paris, la ville des rêves. Cependant, plus tard en 2007, Stoyanov est non seulement personnellement en mesure de visiter Paris en France, mais aussi capable de transposer sa précédente "expérience" parisienne sous la forme d'une mise en abîme photographique. Pour TRANSFERT, l'artiste présente aussi une vidéo récente Phantom (12'13 mn, 2007).

Un grand nombre d'œuvres de Stefan Nikolaev reflètent l'état de confusion dans le monde réel qui nous entoure.
Dans la vidéo Screensaver / The Hard Disk / the Disk (16'30, 2003), un homme marche sans effort sur le plafond et sur les murs tout en zappant avec sa télécommande des standards internationaux réinterprétés en Bulgares.
Dans Monument to Monument (photographie 52 x 73 cm et diaporama, 2003), un héros Bulgare rend visite à un autre de son espèce en Suisse.
Puisque nos esprits ont été corrompus par diverses manipulations virtuelles, et afin de convaincre le spectateur que le voyage a réellement eu lieu, l'artiste représente la visite dans un cycle de photographies, espérant que notre foi dans le document photographique soit plus stable que la foi dans la stabilité des monuments.

exposition jusqu’au 15 novembre 2008
La BF15, 11 quai de la Pêcherie, Lyon 1er ( M° Hôtel-de-Ville)
ouverture du mercredi au samedi de 14h à 19h

Vesselina Nikolaeva / Krassimir Terziev à la galerie IUFM Confluences jusqu’au 24 octobre 2008

Vessilina Nikolaeva a choisi de décrire la génération de l’après Baby Boom la classe N° 7, d’une grande école de Sofia et son travail nous apporte la confirmation que tous les étudiants du monde se ressemblent, surtout depuis la chute du communisme, et du rééquilibrage économique issu de l’Europe. Ce qui frappe aussi dans ces portraits, ce sont les textes qui accompagnent les images et les soulignent sans illustrer le propos « nous sommes dans l’idéologie du matérialisme … » dit une étudiante « Je ne resterai pas en Bulgarie, je n’ai rien à y faire » dit un autre sans doute séduit par les sirènes alléchantes du capitalisme de l’Ouest… Toujours cette envie de partir au loin sous prétexte que c’est mieux ailleurs. C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse…

Avec Krassimir Terziev, on dépasse la notion d’auteur strictu sensu, puisqu’il s’est réapproprié ces photographies de casting, prises par un inconnu d’une agence de figurants. Comme il l’indique, « sorties de leur contexte » ces personnages donnent libre cours aux associations du spectateur qui, n’étant pas directeur de casting, ne s’y attardera pas. Il en est tout autrement si elles sont regardées, auscultées, utilisées à des fins professionnelles, auquel cas elles deviendraient des photographies documents au premier degré.

Galerie IUFM Confluences 5 rue Anselme, Lyon 4ème (M° Croix-Rousse)
ouverture du mardi au vendredi de 10h à 18h le samedi de 14h30 à 18h


pierre aimar
Jeudi 2 Octobre 2008
Lu 236 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 198










Inscription à la newsletter