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Julien Taylor, Artiste de l’année 2011 pour le Champagne Nicolas Feuillatte

En 2011, Julien Taylor fête ses 35 ans ! Parallèlement, le Champagne Nicolas Feuillatte s’engage à soutenir la création artistique depuis plusieurs années : ! à l’École des beaux-arts de Paris où la marque remet le Prix Jeune Espoir Nicolas Feuillatte, ! au Mori Art Museum à Tokyo, pour les Classic Design Awards à Londres, l’Affordable Art Fair de Paris…


Le champagne Nicolas Feuillatte et la création contemporaine

Chaque année depuis 1999, Nicolas Feuillatte choisit “l’artiste de l’année” qui crée une oeuvre originale venant enrichir l’imaginaire de la marque. Ces artistes apportent un éclairage particulier, une tonalité nouvelle, témoignant d’une rencontre entre l’artiste et le Champagne Nicolas Feuillatte autour des thèmes propres à l’identité de la maison : le terroir, le temps, l’ailleurs, l’effervescence, ou encore la nature. En 2011, le Champagne Nicolas Feuillatte fête ses 35 ans. 35 ans d’inspiration, de création, d’effervescence… 35 ans de féérie.
Pour cet anniversaire enchanté, Julien Taylor, photographe illusionniste, a suspendu le temps et l’espace. Hasard ou destinée… En 2011, Julien Taylor fête ses 35 ans ! Parallèlement, le Champagne Nicolas Feuillatte s’engage à soutenir la création artistique depuis plusieurs années : ! à l’École des beaux-arts de Paris où la marque remet le Prix Jeune Espoir Nicolas Feuillatte, ! au Mori Art Museum à Tokyo, pour les Classic Design Awards à Londres, l’Affordable Art Fair de Paris…

Julien Taylor, portrait

Dès son adolescence, Julien Taylor (né en 1976) s’intéresse à la photographie. Né d’une mère artiste et d’un père scientifique, il choisira d’abord la voie de ce dernier pour se lancer dans un cursus universitaire de physique, avant que sa passion pour l’image ne le rattrape.

Tout en poursuivant ses études, Julien Taylor s’achète un petit compact numérique, sort beaucoup, se mêle aux fêtes, aux soirées, au monde de la nuit, et photographie en rafale les noctambules, leurs attitudes, leurs visages. « Mais le shooting numérique me semblait trop facile, je n’avais pas d’excitation. » En photographiant avec frénésie, il comprend que l’intérêt réside justement dans la multiplicité des clichés. D’où l’idée d’assembler, par le biais du photomontage, différents instants d’une même soirée, pour créer des suites d’images déroulant le film d’une fête qui a réellement existé, mais qu’il se plaît à réinventer. « Il y a le moment où je prends une photo - ce fameux instant décisif cher à Henri Cartier-Bresson -, et celui où je l’assemble sur l’ordinateur. Ce sont deux instants de révélation, qui procurent un double plaisir, comme dans l’analogique. »

Très vite, Julien crée un petit site web qui lui permet de montrer ce qu’il fait. Le monde de la nuit étant un petit milieu, il est invité partout. « Le contact est facile, même s’il reste souvent très superficiel », reconnaît-il. Dans la photo de nuit, ce qui l’intéresse est le mouvement, le flou, le bougé, en un mot, l’étourdissement. Celui de ceux qu’il capte dans son objectif, et celui qui émane de ses images.

« Je prenais des balayages d’espace durant les soirées, depuis un même point de vue, en jouant sur la lumière et les temps de pose. Je constituais une banque d’images dans laquelle je pouvais ensuite puiser. »

Après le shooting, vient le temps du « collage » sur ordinateur et la naissance d’une narration nouvelle, avec un principe de décomposition du mouvement, une démarche analytique qui ne sont pas sans évoquer les recherches scientifiques d’Étienne-Jules Marey et Eadweard Muybridge.

« À cette période, je faisais de la physique le jour et de la photographie la nuit. Durant deux ans, en 2004-2005, je vivais dans une forme de schizophrénie », se souvient le jeune artiste, qui dormait très peu. Filant d’une fête à l’autre sur sa mobylette de fortune, de soirées chez des particuliers en boîtes de nuit branchées, il s’imprègne des ambiances, des décors, des gens. Durant ces soirées, Julien, lui, ne fait pas la fête. Il agit comme un reporter, qui récupère des images pour en inventer d’autres.

Pour cette photographie grand format, Julien a eu l’idée d’une fête d’anniversaire, vue de haut. « Je voulais que ce soit chic mais pas ostentatoire, pointu mais accessible. ».
Pour cette photographie grand format, Julien a eu l’idée d’une fête d’anniversaire, vue de haut. « Je voulais que ce soit chic mais pas ostentatoire, pointu mais accessible. ».
Boom ! L’œuvre réalisée pour Nicolas Feuillatte

Pour la réaliser, l’artiste a d’abord mis en scène tous les éléments du décor, dans un appartement parisien, à Pigalle. Il a photographié chaque détail des deux pièces de l’appartement (la cheminée, les parquets, la bibliothèque de philosophie, les portes...) depuis la dernière marche d’un escabeau, à l’aplomb pour supprimer toute ligne de fuite, à l’exception de quelques objets pris de trois-quarts pour préserver, ici ou là, quelques fragments de perspective.

Ensuite, il s’est appliqué à photographier chacune des six saynètes mises en scène qui animent « sa » fête, d’en haut également. Au centre, un personnage vient d’ouvrir une bouteille de champagne, aux côtés de deux invités qui lui tendent leur coupe. Autour, prennent place un trio de musiciens (une batterie, un saxophone, un piano joué par Julien Taylor lui-même), un couple sur un canapé et la vision surréaliste d’un homme dont le mouvement du bras est décomposé, en clin d’oeil à la chronophotographie chère à l’artiste. Ailleurs, des personnages assis sur des coussins discutent devant la cheminée, un garçon et une fille sont en train de danser, tandis qu’un petit groupe profite du buffet.

Julien Taylor s’amuse à mêler le vrai et le faux, le mobilier est réel, le gâteau est en carton, les personnages sont joués par des comédiens. La même jeune femme se glisse dans tous les rôles féminins, tandis que les invités masculins sont incarnés par des hommes différents. Tout est savamment composé, et a été photographié en une seule journée de prise de vue. Pour rompre la monotonie d’une surface de parquet trop uniforme, Julien a disposé sur le sol des pastilles blanches de papier de soie - empruntées à l’artiste Mathilde Nivet avec qui il partage son atelier -, et des ballons accrochés à différentes hauteurs, qui s’organisent en spirale pour créer un mouvement circulaire, en écho à d’autres éléments ronds, les cymbales, le projecteur dans lequel se reflète une bouteille de champagne, le gâteau.


Pierre Aimar
Jeudi 24 Février 2011
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