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Jean-François Vinciguerra, un baryton aux multiples cordes

« Enfant, je voulais être clown ! », se souvient le baryton-basse Jean-François Vinciguerra. Il est biberonné au spectacle : ses parents l'emmènent chaque semaine au cirque, à la Comédie-Française, aux premières des pièces de boulevard.


Jean-François Vinciguerra © DR
Jean-François Vinciguerra © DR
Il commence le théâtre à douze ans. Adolescent, il est époustouflé par le film Don Giovanni de Losey. Il court le voir au cinéma dix fois dans la même semaine. « Je prenais mes cours au théâtre de Charenton, alors dirigé par Jean Giraudeau, également professeur de chant à l'École Normale de musique, raconte Jean-François Vinciguerra. Un jour, il me confie un rôle parlé dans sa production de La Veuve Joyeuse de Lehár mais souhaite que je chante le final avec toute la troupe. Je découvre ma nouvelle voix ! Il m'a écouté chanter et m'a dit : vous allez faire une carrière à l'opéra. »

Le bac en poche, il entre à l'école de la Rue Blanche (ENSATT). Après les cours, il étudie le chant lyrique salle Cortot. L'opéra prend le dessus sur le théâtre : Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, concours des Voix Nouvelles, école de chant de l'Opéra de Paris. Le jeune homme avait débuté sur les planches dans Le Cid de Corneille, à dix-sept ans. À vingt-quatre ans, premier contrat à l'Opéra Bastille en étant doublure de José Van Dam.

Artiste caméléon, Jean-François Vinciguerra possède plusieurs casquettes, qu'il revêt avec délices et exigence : il est remarqué dans le grand répertoire pour la saveur de ses interprétations, mais s'illustre aussi dans le spectacle comique et la comédie musicale, genre qu'il affectionne tout particulièrement.

Il signe également de nombreuses mises en scène : Le Barbier de Séville de Rossini, La Servante Maîtresse de Pergolèse, Don Giovanni de Mozart, Carmen de Bizet, La Belle-Hélène d'Offenbach, Si j'étais Roi d'Adolphe Adam et de nombreux ouvrages d'opérette dans la plupart des scènes françaises et à l'étranger.

S'il endosse des rôles sérieux (le Comte Capulet dans Roméo et Juliette, Méphisto dans le Faust de Gounod, Monterone dans Rigoletto, Jupiter de Platée), Jean-François Vinciguerra s'épanouit tout particulièrement lorsqu'il incarne des personnages de comédie. Son répertoire de prédilection : celui des basses-bouffes de Rossini, de Donizetti ou encore d'Offenbach. Le mélange des genres est fondamental pour cet amoureux de la scène.

À l'opéra, il aime l'esprit de troupe. Epicurien, il transmet la musique classique avec appétit et humour, sans académisme : « Le plaisir d'un lever de rideau est de l'ordre de la gourmandise absolue », confie-t-il.

Ses prochains projets sont à l'image de sa personnalité artistique plurielle: Jean-François Vinciguerra est Tourillon dans La Chauve-Souris à l'Opéra de Marseille jusqu'en janvier ; il chantera trois rôles dans L'Homme de la Mancha à l'Opéra de Tours en mars 2017 avant de retrouver le rôle du Colonel Pickering dans My Fair Lady (la production créée à l'Opéra de Lausanne en décembre 2015) à l'affiche de l'Opéra de Marseille en décembre 2017-janvier 2018, puis celui de Franck dans une nouvelle Chauve-Souris à Lausanne en décembre 2018.

Son esprit inventif lui permet de créer des spectacles très originaux, alliant musique et humour ... de A Tempo (d'après le Livre XI des Confessions de St Augustin consacré au Temps) à On n'arrête pas la connerie consacré aux chansons et sketchs de Jean Yanne (qui connut un grand succès critique et public au Théâtre Petit Montparnasse). Ainsi il participera à de nombreux festivals dont celui de Chateauneuf-le-Rouge, Osez le Classique, Pontlevoy avec deux de ses spectacles Recherche Recette Désespérément et Cherche Piano Aqueux pour Jouer la Truite de Schubert (un récital abracadabrantesque en hommage à Francis Blanche et à Pierre Dac).

Jean-François Vinciguerra est également directeur artistique de "Croisières musicales" qu'il a imaginé depuis dix ans. Trois croisières sont sur le feu pour la saison 2017 : le Cap Nord Spitzberg en juillet, le Groenland et l'Islande en août et l'Italie en octobre. A ses côtés à bord, un cortège d'artistes renommés dans des programmes lyriques des plus savoureux !


Pierre Aimar
Lundi 16 Janvier 2017
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