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Gustave Caillebotte de la ville à la campagne, par Marina Ferretti Bocquillon, édition des Falaises

Les Editions des Falaises publient dans le cadre de la 3e édition du Festival Normandie Impressionniste (16 avril-26 septembre 2016) et à l’occasion de l’exposition « Caillebotte, peintre et jardinier » au musée des impressionnismes de Giverny (25 mars-3 juillet 2016), Gustave Caillebotte de la ville à la campagne par Marina Ferretti Bocquillon, spécialiste de l’impressionnisme.


Gustave Caillebotte, Rue de Paris ; temps de pluie, 1877, huile sur toile, 212,2 x 276,2 cm Chicago, The Art Institute, Collection Charles H. et Mary F. S. Worcester © Wikimedia Commons
Gustave Caillebotte, Rue de Paris ; temps de pluie, 1877, huile sur toile, 212,2 x 276,2 cm Chicago, The Art Institute, Collection Charles H. et Mary F. S. Worcester © Wikimedia Commons
Cet ouvrage permet de redécouvrir un peintre méconnu, un homme libre. Farouchement indépendant, il choisit de se lancer dans la bataille impressionniste et fut le compagnon de lutte de Claude Monet et de ses amis. En dépit de multiples talents, il était peintre avant tout et porta sur son époque un regard d’une originalité rare. Au fil des pages, ses évocations du Paris d’Haussmann, comme celles des jardins d’Yerres et du Petit Gennevilliers, en témoignent.

Marina Ferretti Bocquillon est directeur scientifique du musée des impressionnismes Giverny. Spécialiste de l’Impressionnisme et du Néo-impressionnisme, elle est l’auteur
de nombreux essais et monographies. Elle a aussi assuré le commissariat de plusieurs expositions en France et à l’étranger, notamment « Gustave Caillebotte, peintre et jardinier » (2016, musée des impressionnismes Giverny et musée Thyssen-Bornemisza à Madrid).

Extrait du texte de Marina Ferretti Bocquillon

« Je donne à l’État les tableaux que je possède, seulement, comme je veux que ce don soit accepté et le soit de telle façon que ces tableaux n’aillent ni dans un grenier ni dans un musée de province mais bien au Luxembourg et plus tard au Louvre, il est nécessaire qu’il s’écoule un certain temps avant l’exécution de cette clause jusqu’à ce que le public, je ne dis pas comprenne mais admette cette peinture. Ce temps peut être de vingt ans ou plus ; en attendant, mon frère Martial, et à son défaut un autre de mes héritiers, les conservera. Je prie Renoir d’être mon exécuteur testamentaire et de bien vouloir accepter un tableau qu’il choisira ; mes héritiers insisteront pour qu’il en prenne un important. »

Telles furent, exprimées sans état d’âme, les volontés du jeune Gustave Caillebotte en 1876. Il n’avait pas trente ans alors ; elles furent exécutées, non sans mal, après sa mort en 1894.

L’impressionnisme fit ainsi une entrée en fanfare dans les collections nationales. Somptueux, le legs Caillebotte comptait une soixantaine de tableaux impressionnistes. L’État en accepta quarante, parmi lesquels figurait une étonnante quantité de chefs-d’œuvres, notamment Le Balcon d’Édouard Manet, L’Étoile d’Edgar Degas, Le Déjeuner de Claude Monet ou Le Bal du Moulin de la Galette d’Auguste Renoir, sans oublier L’Estaque de Paul Cézanne.
Gustave n’ayant pris aucune disposition pour assurer la mémoire de ses propres œuvres, Martial y ajouta Toits sous la neige, un paysage parisien peint en 1879. Les héritiers ajoutèrent à ce don celui de Raboteurs de parquet (1875, Paris, musée d’Orsay), une scène de la vie moderne, choisie non sans ironie par Renoir. Car c’est le refus des Raboteurs au Salon officiel qui avait détourné ce fils de famille d’une carrière officielle et l’avait jeté en 1875 dans la bataille impressionniste. Par excès de modestie, il n’avait pris aucune mesure pour défendre l’avenir de son œuvre. Par fierté peut-être, il s’était également éloigné du circuit des galeries et avait cessé d’exposer dès 1888. L’histoire de sa postérité artistique devint, selon les justes paroles de Kirk Varnedoe, « celle d’un long oubli ». Si bien qu’en 1955 John Rewald, grand historien de l’impressionnisme, le mentionne à peine, et de façon fort erronée, dans son œuvre fondamentale : « Gustave Caillebotte, un ingénieur, était spécialisé dans les constructions navales et possédait plusieurs yachts ; il faisait aussi de la peinture pendant ses loisirs. »

Certes, Caillebotte qui ne fit jamais rien en amateur dessina des voiliers qui gagnèrent un nombre impressionnant de régates. Il initia aussi son ami Monet à l’horticulture et créa lui-même à Gennevilliers un admirable jardin de peintre, multicolore et luxuriant, qui a pu inspirer celui de Giverny. Il fut enfin un grand organisateur d’expositions, mettant son énergie et sa fortune au service de la cause impressionniste. Mais, sa correspondance et la densité de son œuvre en témoignent, il fut peintre avant tout.

Pratique

Gustave Caillebotte de la ville à la campagne
Marina Ferretti Bocquillon
édition des Falaises
Format : 22 x 16,5 cm, relié
39 reproductions d’œuvres
80 pages
ISBN : 978-2-84811-277-0
Prix : 19 €


Pierre Aimar
Mardi 5 Avril 2016
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