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Giorda et les «silences» de Hopper. Galerie Emiliani - Dieulefit - Drôme du 22 juin au 10 septembre 2013

A Dieulefit, charmant village de la Drôme, une galerie de peinture ouverte depuis 1980, accueille autour de peintres et artistes connus, les visiteurs et touristes amateurs d’art et de découverte. Michèle Emiliani fait ici partager sa passion de l’art et des artistes talentueux.


Giorda, La Petite Chapelle, Venise. 2012 © Giorda
Giorda, La Petite Chapelle, Venise. 2012 © Giorda
Elle propose un grand choix de tendances et de modes d’expression, toujours ouvert à la créativité et à la diversité de l’art d’aujourd’hui.
Peintres, sculpteurs, céramistes, verriers, tapissiers de la région ou d’ailleurs, se côtoient Galerie Michèle Emiliani dans une ambiance empreinte de simplicité et de sympathie.

Cette année 2013 est ouverte à Giorda. L’artiste né à Lyon en 1952 vit et travaille dans cette ville, quartier de la Croix-Rousse. Mordant à grands coups dans la couleur, il se révèle un coloriste incontestable, affichant de grandes taches d’or et de lumière parfois, dans un monde qu’il ressent sombre et étrangement vide.
Chacune de ses œuvres appelle le regard et l’engloutit aussitôt dans un autre univers vide et solitaire où l’homme est absent, existe à peine. Mais la force de l’appel est certaine et le regard peine à échapper à l’attirance de ces morceaux de paysages, à peine vivants, silencieux à l’extrême, peut-être nocturnes, sous d’étranges lumières de soleil vif ou de cieux endormis. Et angoissants.
« Il y a des moments de bonheur, c'est quand à force de grands coups de pinceaux qui martèlent la forme, à force d'enlever, de remettre les couleurs, de chercher les mélanges justes qui conviennent soudain, car c'est soudain, l'espace s'ouvre et le silence fait effraction dans le tableau ». Giorda
Patrice Giorda, au moment de l’exposition Hopper a posé sur le papier ses réflexions dans Une étude sur Hopper, considérant presque côte à côte Hopper et Caravage, dressant un parallèle entre les aspects nocturnes des deux arts.
Contentons-nous de remarquer l’étonnante ressemblance entre Giorda et Hopper : il est incontestable que le même vide désespérant -ou rassurant, se retrouve chez les deux peintres, monde absent ou attente des hommes. Mais dans ce vide règne la lumière et l’être humain manque à peine. Réalisme chez Hopper, onirisme chez Giorda, la terre n’est pas ou peu peuplée, un pompiste là, une femme sur un lit, ou dans un bar. Il reste de l’espace, de la place pour le rêve. Pour la couleur.
« La lumière naît quand la couleur cesse d’exister pour devenir espace » telle et la phrase choisie par Patrice Giorda pour se situer dans l’écheveau coloré des peintres.
Jacqueline Aimar


Pierre Aimar
Lundi 10 Juin 2013
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