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Ghyslain Bertholon, My spring is back, Synchrome et Poézies, Galerie Georges Verney-Carron, Lyon, du 26 septembre au 24 novembre 2012

Special guest : Mia de Jean Nouvel


Poézies zhumaines

Depuis 2003, date de création de ses premières Poézies, Ghyslain Bertholon use régulièrement de la rhétorique animale pour interpréter travers et paradoxes générés par le comportement de ses contemporains. Quelles soient nettement politiques (comme Vanitas, qui naît durant les prémisses la campagne présidentielle française) ou plus directement liées à des données sociologiques (You're welcome), historiques (La Grande Mouette) ou environnementales (Trochés présentés de face), les Poézies témoignent des prises de position de l’artiste dans un monde en profonde mutation.

A travers ses oeuvres les plus récentes il met en lumière l'intenable position du plus clairvoyant des animaux rendus aveugles. Cette bête humaine qui s'est affranchie des lois de la nature pour présider à sa propre destinée au détriment du bon sens. Capable de couper la branche sur laquelle elle s'est installée avec la confiance aveugle de l'insouciance, convaincue d'apprendre à voler avant de toucher le sol. (…)

Pas plus que pour le dernier Troché (présenté de face) de l’artiste ou une vache semble vouloir s'arracher à une réalité qui n'est la sienne. Présentée sur un blason assez grand pour accueillir les dépouilles des gibiers les plus gros, le cul du paisible bovidé. Anus, vulve et mamelles de l'herbivore en lieu et place des crinières et crocs du prédateur rex. Préfiguration d'un monde où les mangeurs de plantes seraient contraints au régime carné. (…)

Nés de la résurgence de souvenirs enfouis ou l’artiste, alors enfant, assiste au massacre d’animaux durant une partie de chasse, les Trochés de Ghyslain Bertholon s’appuient sur un effet plastique implacable pour interroger le rapport de domination exercée par l’homme sur la nature. (…)

Vanitas met en scène un cerf majestueux, phoenix des hôtes de ce bois, dans une insoutenable scène d’agonie. Un roi à genoux, proie rendu contorsionniste par la démesure de son ramage, que de minuscules insectes dévorent d’un appétit revanchard. Si la posture de la bête s’inspire de tapisseries moyenâgeuses, la vanité est contemporaine et l’allégorie éternelle.
Miroir déformant révélant des visages de l’humanité, la figure animale, telle que mise en scène dans les oeuvres de Ghyslain Bertholon, nous pousse à observer sous un angle différent les rapports que nous entretenons avec les autres, la nature, nous-même. L’homme comme point de départ et finalité d’une oeuvre reliée à la vie par chacune de ses éruptions artistiques.
J. Thévenoz - 2008

Pratique

Galerie Georges Verney-Carron
Du mardi au vendredi de 14h00 à 19h00
Le samedi de 14h30 à 19h et sur rendez-vous
45 quai Rambaud, 69002 Lyon
Tram T1 Montrochet- Bus S1 Confluence - La Sucrière
www.galerie-verney-carron.com
gvc@art-entreprise.com
T : 33 (0)4 72 69 08 20


Pierre Aimar
Mercredi 26 Septembre 2012
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