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Festival Justice - Injustice. Le Prisonnier , de Dallapiccola et Erwartung, de Schœnberg, Opéra de Lyon, du 29 mars au 13 avril 2013

A l’instar de Richard Strauss, son aîné de quarante ans, Luigi Dallapiccola a d’abord fait acte d’allégeance à une dictature, celle de Mussolini (le référent de Hitler), avant de prendre ses distances et de s’en détourner.


Alors que l’Allemand compose Jour de paix en 1936 pour manifester sa réprobation, sans pour autant persister sur cette voie après avoir constaté que Goebbels avait détourné le pacifisme de son opéra pour attester de celui du führer, et se retire dans ses montagnes bavaroises pour « résister » en s’attachant à un opéra philosophico-intellectuel, l’Italien s’oppose au pouvoir fasciste en composant les Canti prigiona qu’il achève en 1941. Trois ans plus tard, il entreprend Il Prigioniero, qui s’inscrit dans la même veine de résistance aux totalitarismes, de réquisitoire contre le mensonge et la confusion idéologique. Inspiré de la nouvelle de Villiers de L’Isle-Adam La Torture par l’espérance, l’opéra en un acte de quatre tableaux précédés d’un prologue qui allait être créé à Florence en 1950, évoque l’espoir d’évasion d’un prisonnier qui, au moment où il croit en sa libération, se retrouve finalement face à son bourreau. L’action a pour cadre l’Espagne de la terreur inquisitoriale comparable au fanatisme dictatorial qui, dans le conte originel, s’en prend au rabbin Asher Abarbanel. Le compositeur, qui a adapté lui-même le livret, a donné à cette trame une puissante dimension psychologique qui fait résonance dans cette production à la puissance psychanalytique du fascinant monodrame Erwartung de Schoenberg dont Dallapiccola était proche. C’est au milieu d’arbres comparables à celui où est pendu le Prisonnier que la Femme d’Erwartung, troublée par la folie, cherche, délirante, le cadavre de l’Homme qu’elle a tué… Considérant la sensibilité du metteur en scène catalan Alex Ollé de la Fura dels Baus, remarquable directeur d’acteur qui a signé à Lyon en 2011 un bouleversant Tristan de Wagner, cette double production du Prisonnier de Dallapiccola et d’Erwartung de Schoenberg constitue l’un des rendez-vous majeurs de la saison lyrique française 2012-2013. Bruno Serrou

Pratique

Représentations les 29 mars et 4, 7, 9 et 13 avril 2013

Direction musicale Kazushi Ono
Mise en scène Alex Ollé, La Fura dels Baus
Décors Alfons Florès
Costumes Josep Abril
Vidéo NN

Le Prisonnier
La Mère Magdalena Anna Hofmann
Le Prisonnier Martin Winkler
Le Geôlier RaymonD VerY

Erwartung
Une Femme Magdalena Anna Hofmann
Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon
Nouvelles productions

Réservations
Sur internet www.opera-lyon.com
Au guichet de l’Opéra
Du mardi au samedi de 12h à 19h
Et les dimanches et lundis de représentation
Par téléphone
0826 305 325 (0,15 €/min)
Du mardi au samedi de 12h à 19h


Pierre Aimar
Jeudi 17 Janvier 2013
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