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Festival ACTORAL à Marseille, 1ère semaine. Par Philippe Oualid

Pour sa 14e édition, le Festival ACTORAL, dirigé par Hubert Colas, consacré aux écritures contemporaines, propose des lectures, des performances, des mises en espace, des spectacles de théâtre et de danse, des films, du 27 septembre au 11 octobre 2014,


Stand Up
Stand Up
dans les bibliothèques et les théâtres de Marseille. Cette année, Nathalie Quintane, marraine du Festival, a choisi de révéler au public ce que le passé, le présent ou l'avenir des formes recèlent d'élan vital. . . Elle inaugure même l'événement avec la lecture de son dernier ouvrage, Stand up, au théâtre de la Joliette-Minoterie.

Stand up raconte une visite électorale fictive de Marine Le Pen à Dignes. Le récit évoque les différentes stations de la Femme Politique, accompagnée de son service d'ordre, chez les commerçants de la ville, et décrit les comportements dans un style imprégné d'ironie ou de compassion. Nathalie Quintane cherche le plus souvent à entretenir une ambiguïté fondamentale à l'endroit de propos discriminatoires proférés dans une perpétuelle tension, mais la narratrice qui opte dans l'ensemble pour un point de vue littéraire, s'interdit toute visée pamphlétaire, et se contente de relater des situations dérisoires où les lieux communs de la parole constituent l'essentiel de la relation sociale. Un texte que les lecteurs pourront lire intégralement, fin octobre aux éditions de la Fabrique.

A la Bibliothèque des Archives départementales, Olivia Rosenthal lit, accompagnée musicalement par Pierre Aviat, des extraits de son dernier bricolage en écriture paru en août dernier aux éditions Verticales: Mécanisme de survie en milieu hostile.

Elle évoque un jeu de cache-cache par contrainte ou nécessité, entre un chasseur et un chassé, nous livre le récit d'expériences difficiles d'un personnage traversant un labyrinthe, plongé dans la peur, et décrit des scènes primaires de crimes ou secondaires d'actes de destruction des corps, au son de fausses musiques de films plus ou moins envoûtantes. Olivia Rosenthal a du métier, sait donner à son style les rythmes qui épousent les mouvements de la pensée, mais comme nous ne comprenons pas toujours les motivations de son propos, et que nous ne demandons souvent quelle instance dirige la conduite du récit, le plaisir du texte ne fonctionne pas, malgré le tour de force de la performance orale.

C'est encore au théâtre Joliette-Minoterie que Gisèle Vienne présente son spectacle Kindertotenlieder, inspiré non par Gustav Mahler, mais par des textes angoissants de Dennis Cooper. Pendant une heure environ, sur un plateau artificiellement enneigé, cinq créatures (trois hommes et deux femmes), parmi quelques poupées de cire immobiles, recevant la surprenante visite de ces terrifiants masques de carnaval revêtus de peaux d'ours et de clochettes, chargés de chasser les démons et de punir les âmes damnées, chaque hiver, se livrent sans scrupules à la réalisation de fantasmes homosexuels, à des poses obscènes ou des contorsions, au son d'un concert assourdissant de musique électronique. Il s'agit là, dit la voix, du dernier show qu'ils veulent jouer avant de se coucher recroquevillés dans la neige, ou dans leur cercueil. Tout le spectacle qui s'adresse aux figures les plus troublantes de l'inconscient, baigne dans une atmosphère onirique d'une grande beauté, et laisse le public de la Minoterie si mal à l'aise qu'il applaudit à peine à la fin. Dommage, car Gisèle Vienne devient la chorégraphe-plasticienne dont les créations d'une inquiétante étrangeté sont célébrées dans le monde entier. . .
Philippe Oualid


Pierre Aimar
Vendredi 26 Septembre 2014
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