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Exposition Studio Blumenfeld - New York 1941-1960 "L'art en contrebande", Cité de la Mode et du Design, Paris du 3 mars au 4 juin 2017

« Je décidai de faire entrer la culture en contrebande dans ma nouvelle patrie, pour la remercier de m’accueillir. »


La particularité de l’œuvre d’Erwin Blumenfeld réside dans la volonté constante du photographe de relier commande et références artistiques. Cette photographie paye sa dette au savoir et à l’art. On y reconnaît pêle-mêle, la peinture de la Renaissance, l’impressionnisme, la modernité des années vingt, le Dadaïsme, le cinéma, etc. Il faut donc rendre compte de la fusion réussie entre les renvois incessants au passé, jamais appuyés, et la création se faisant.

L’expérimentation photographique est l’autre grande affaire du photographe. Tout ce qui contribue à définir l’originalité du «photographique» est revendiqué, testé et proposé. Lors de la prise de vue, dans la chambre noire, et finalement sur la maquette, l’image n’est qu’une suite de «bricolages» entre pensée préalable et «artisanat».

L’inventaire d’un esprit en quête permanente du «nouveau» est un moment indispensable du projet muséographique.

Erwin Blumenfeld joue, si ce n’est abuse, de la métaphore de la lentille. La photographie est un filtre. Aussi n’hésite-t-il pas à ajouter entre la scène et son appareil des écrans de toute nature. Le réel n’a d’intérêt que modifié. Cette transformation opérée dès la prise de vue métaphorise l’acte photographique. Elle n’est que l’excroissance des expérimentations pratiquées avant-guerre.

Bien que le studio new-yorkais soit avant tout un lieu de production « commerciale », il constitue pour Erwin Blumenfeld, un espace où doit pouvoir se manifester son «talent» en dehors de toute contrainte. Le directeur artistique, le fabricant de produits photographiques, le commanditaire lui-même, etc., tous sont, peu ou prou, suspectés de limiter la puissance créatrice du photographe. Entre l’image produite au studio et la publication, bien souvent, un écart se crée. La confrontation de ces deux moments est à souligner.

La considération pour le modèle en tant que personne est centrale dans les photographies d’Erwin Blumenfeld. Il ne s’agit pas simplement de photographier un vêtement. La beauté féminine est en effet au centre de son œuvre. Il est un des rares photographes de son époque à avoir l’audace de mettre en couverture des modèles ne répondant pas aux standards du goût américain ou des mannequins encore inconnus.

Commissaires de l’exposition : Nadia Blumenfeld Charbit et François Cheval

Erwin Blumenfeld, le précurseur

Erwin Blumenfeld autoportrait NY 1950 ˝ The Estate of Erwin Blumenfeld
Erwin Blumenfeld autoportrait NY 1950 ˝ The Estate of Erwin Blumenfeld
Formé aux avant-gardes européennes de l’entre-deux guerres, Erwin Blumenfeld (1897-1969) construit l’essentiel de sa carrière aux États-Unis où il s’installe en 1941.

Dans un contexte d’effervescence d’une presse en plein essor, Vogue, Harper’s Bazaar, Collier’s, Cosmopolitan, Life, Look, Kaleidoscope, Photography, tous les grands magazines de mode américains font appel au photographe. Trois ans après son arrivée à New York, Blumenfeld est le photographe le plus célèbre de sa profession et aussi le mieux payé.

Écartelé entre les exigences de la commande et ses propres aspirations artistiques, Blumenfeld réussit néanmoins à mettre en avant un style propre immédiatement reconnaissable : jeux de couleurs et de lumières, manipulations du medium, répétition du motif, figures tronquées, cadrages audacieux... Un style au final éminemment redevable à ses racines européennes.

Pratique

Cité de la Mode et du Design
34, quai d’Austerlitz
75013 Paris



Pierre Aimar
Vendredi 3 Février 2017
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