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Exposition Picasso roman, Musée National d'Art de Catalogne, Barcelone, jusqu'au 26 février 2017

Organisée conjointement par le Musée national d’Art de Catalogne et le Musée national Picasso-Paris, l’exposition Picasso roman présente à Barcelone 40 huiles, dessins, céramiques, sculptures ainsi qu’un tableau en relief de l’artiste de Malaga


qui permettent, dans un dia- logue constant avec les œuvres médiévales de la collection du Musée national de Catalogne, de capter les affinités entre l’œuvre de Pablo Picasso et l’art roman. En outre, elle offre une intéressante sélection de documents inédits des archives de l’artiste qui appartiennent au musée parisien et qui dévoilent son intérêt pour l’art de cette période.
Pablo Picasso. La Crucifixion, 1932. Paris, Musée national Picasso. © RMN-Grand Palais, Béatrice Hatala. © Sucesión Pablo Picasso. VEGAP, Madrid 2016
Pablo Picasso. La Crucifixion, 1932. Paris, Musée national Picasso. © RMN-Grand Palais, Béatrice Hatala. © Sucesión Pablo Picasso. VEGAP, Madrid 2016

L’exposition Picasso roman, qui est proposée dans les salles de la collection permanente du musée,

met l’accent sur deux dates qui marquent la relation de l’artiste avec l’art médiéval. En 1906, dans un moment décisif de transformation de son style, Picasso s’installa pendant plusieurs mois dans le village de Gósol, dans les Pyrénées. Presque trente ans plus tard, en 1934, il visita les collections d’art roman qui constituent aujourd’hui le fonds du Musée national d’Art de Catalogne. Bien qu’il dût partir le lendemain même pour Paris et qu’il ne revint jamais en Espagne, durant toute sa vie Picasso thésaurisa les preuves de cette relation. L’exposition présente un ensemble documentaire, jusqu’à ce jour inédit, que conservent les archives du Musée Picasso de Paris, fait d’images romanes, de cartes postales du musée de représentation d’art roman que lui envoyaient ses amis, de correspondances ainsi que de divers ouvrages et revues sur ce thème. Tous ces matériaux confirme l’intérêt que l’artiste maintint toujours pour l’art de cette période.
L’exposition ne tente pas d’établir une relation mécanique entre les œuvres romanes et celles de Picasso, elle ne recherche pas non plus une influence directe, car une des caractéristiques principales de l’œuvre picassienne est précisément sa capacité à trans- former toute influence en quelque chose de distinct et de propre, qui conserve en même temps la trace et dépasse les modèles originaux.
Le regard de Picasso sur le roman est une vision d’évaluation artistique, ce n’est pas un regard archéologique ni dispensé de ce traitement, qui était habituel à cette époque.

Picasso semble reconnaître dans le roman la préexistence de solutions plastiques qui s’appliquent aussi aux problématiques de la création contemporaine

Picasso roman tourne autour de ces trois axes thématiques. Le premier explore les contacts initiaux de Picasso avec l’art roman et, tout particulièrement, il se centre sur les œuvres réalisées en 1906 et en 1907, et au cours de son séjour à Gósol. La sculpture sur bois de la Vierge à l’Enfant, qui fait partie aujourd’hui de la collection du Musée national d’Art de Catalogne, se trouvait alors dans l’église de Gósol. Picasso effectue ce voyage alors que son œuvre opérait un retour à un certain primitivisme, en réaction à ce qu’il était convenu d’appeler la période rose antérieure, que lui-même qualifiait de « sentimentale ».

En 1934, sa visite au musée la veille de son départ définitif du pays fut un événement largement commenté par la presse barcelonaise du moment. Ce serait le dernier séjour connu de l’artiste en Espagne. Accompagné de son ami Joan Vidal Ventosa et du directeur du musée, Joaquim Folch i Torres, l’artiste avait pour objectif de découvrir la salle dans laquelle allaient être exposées ses œuvres qui étaient la propriété de la Mairie de la ville, parmi lesquelles on pouvait remarquer le fabuleux ensemble de 22 pièces achetées quelques années auparavant au collectionneur Lluís Plandiura. Ce projet de salle, qui allait être une des premières dédiées à l’artiste dans un musée, n’arriva pas à terme. Picasso profita de l’occasion pour visiter tranquillement la collection d’art roman et, selon le récit qui est parvenu jusqu’à nous au travers des chroniques journalistiques, il convenait que le musée était unique dans le monde et indispensable pour connaître l’origine de l’art occidental, et qu’il constituait une leçon pour les artistes modernes.

Le deuxième axe est en rapport avec un thème tragique, celui de la crucifixion, très présent dans l’art roman, et qui préoccupa Picasso en différents moments de sa vie, tout spécialement entre 1930 et 1937. Il est tout à fait intéressant de mettre en rapport les crucifixions désarticulées de Picasso avec les crucifixions articulées du roman, et tout spécialement avec l’ensemble sculptural des « descentes de la croix », que conserve le musée.

Le troisième axe fait référence à une image elle aussi très présente dans la collection romane du musée : la tête de mort. La mort est un des grands thèmes transversaux dans l’œuvre picassienne, qui s’exprime dans son art symboliquement de différentes manières, et tout spécialement au travers de masques et de têtes de mort, aussi bien humaines qu’animales.

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Pierre Aimar
Jeudi 22 Décembre 2016
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