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Exposition Les Masques de jade Mayas à la Pinacothèque de Paris, du 1er mars au 7 août 2011

La Pinacothèque de Paris poursuit l’exploration des cultures précolombiennes et mésoaméricaines. Après le succès de l’exposition, « L’or des Incas - Origines et mystères », la Pinacothèque de Paris inaugure l’année du Mexique en France en présentant la découverte archéologique la plus importante de la dernière décennie au Mexique : les masques en mosaïque de jade.


Masque funéraire. Calakmul, Campêche © Musée d’architecture maya, Fuerte de la Soledad, Campêche
Masque funéraire. Calakmul, Campêche © Musée d’architecture maya, Fuerte de la Soledad, Campêche
Ces masques exceptionnels, entièrement restaurés par les plus éminents spécialistes en archéologie maya, représentent les visages de la divinité. Créés pour les gouverneurs les plus prestigieux des cités perdues mayas, ils avaient pour mission d’assurer la vie éternelle à ces hauts dignitaires après leur mort.

On en compte une quinzaine tout au plus, découverts jusqu’à ce jour, présentés pour la plupart à la Pinacothèque de Paris. Un ensemble unique que le Mexique accepte exceptionnellement de dévoiler hors de ces frontières dans le cadre des échanges bilatéraux avec la France. En exposant autour de ces masques une centaine d’oeuvres qui quittent également pour la première fois le Mexique, la Pinacothèque propose une véritable plongée dans la cosmogonie sophistiquée et mystérieuse de cette culture millénaire.

Les archéologues datent l’installation des Mayas en Amérique centrale aux alentours de 2 000 ans avant notre ère. Leur aire culturelle comprend la péninsule du Yucatan et la région de Chiapas au Mexique, et s’étend jusqu’aux Honduras, Salvador, Belize et Guatemala actuels. Cette civilisation brillante s’illustre dans tous les domaines : astronomie, mathématiques ainsi qu’un système complexe d’écriture à base de glyphes, récemment déchiffré. Contrairement à l’organisation centralisée de l’empire inca, le système politique maya s’apparente à une mosaïque de cités-états indépendantes, qui alternent, au gré des événements, conflit armé et alliance. La civilisation maya atteint son apogée à la période dite « classique », entre 250 et 900 après notre ère. Les oeuvres aujourd’hui exposées appartiennent toutes à cette époque d’épanouissement culturel.

Si les Mayas sont célèbres pour leurs accomplissements architecturaux, notamment avec les magnifiques sites de Chichen Itza, Tulum ou Tikal, ils ne se sont pas moins illustrés dans d’autres formes artistiques, à commencer par la sculpture. C’est cet aspect plus méconnu de leur culture que la Pinacothèque de Paris souhaite aujourd’hui mettre en avant.

Les Mayas avaient une prédilection particulière pour la couleur verte. Le jade était pour eux le matériau le plus rare et le plus précieux – plus que l’or qui constituait en revanche pour les Incas le métal divin par excellence. Apanage de l’élite, la pierre verte était aussi associée au sacré. De façon surprenante, les Mayas utilisaient ces pierres pour représenter la divinité solaire, et l’on a retrouvé de nombreuses effigies en jade figurant le soleil. Les artistes mayas confectionnaient les masques à partir de tesselles de pierres vertes et faisaient montre d’une grande virtuosité. Ils adaptaient la taille et la couleur des tesselles pour obtenir le plus grand naturalisme. Les masques de jade exposés ont été retrouvés dans des sépultures d’aristocrates. Une partie d’entre eux sont des masques funéraires qui représentent les visages individualisés des dirigeants mayas. C’est le cas de l’extraordinaire masque du roi Pakal qui fige pour l’éternité les traits du souverain. La lecture des oeuvres est enrichie par une fructueuse mise en contexte : les masques sont, en effet, présentés avec le reste du trousseau funéraire – pectoral, colliers, boucles d’oreilles, bracelets, céramiques et autres offrandes. C’est la première fois depuis leur exhumation que ces oeuvres, aujourd’hui dispersées dans différents musées, sont rassemblées. Six tombes de dirigeants mayas sont ainsi reconstituées.

Les autres masques présentés représentent les divinités du panthéon maya. De la même manière que les ancêtres mythiques incas, elles combinent des traits humains, animaux et végétaux. Portés par l’élite maya durant les cérémonies rituelles, elles leur permettaient d’endosser le visage de la divinité et d’accomplir ainsi leur rôle d’intermédiaire entre les sphères terrestre et céleste.

L’exposition de la Pinacothèque de Paris est le fruit d’une dizaine d’années de recherches et de restaurations, menées par les plus grandes institutions mexicaines sous la responsabilité de Sofía Martínez del Campo Lanz, experte renommée et commissaire de la présente exposition.

Cet événement exceptionnel constitue une occasion unique de découvrir ces oeuvres spectaculaires qui allient prestige politique et manifestation du sacré.
Marc Restellini

Pratique

La Pinacothèque de Paris est ouverte tous les jours de 10h30 à 19h30.
Fermeture de la billetterie à 18h45.
Le dimanche 1er mai et jeudi 14 juillet 2011, ouverture de 14h à 19h30.
Nocturne tous les mercredis jusqu’à 21h30 (fermeture de la billetterie à 20h45).
La boutique de la Pinacothèque de Paris est ouverte tous les jours de 10h30 à 20h.
Plein tarif : 10 €

PINACOTHÈQUE DE PARIS
28, place de la Madeleine
75008 Paris
Tél. : 01 42 68 02 01


pierre aimar
Mardi 11 Janvier 2011
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