Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Exposition « Le dîner du crime » à la Galerie Favardin & de Verneuil, Paris, du 10 au 26 février 2011.

L’exposition « Le dîner du crime » à la Galerie Favardin & de Verneuil n’est pas qu’une simple exposition, mais également un témoignage de solidarité envers Marc Alberghina, victime de la destruction volontaire, selon les termes mêmes de l’expert, de l’une de ses oeuvres dans un musée français. Avec Marc Alberghina, Patricia Glave et Farida Le Suavé


Marc Alberghina © DR
Marc Alberghina © DR
Il ne nous appartient pas de jouer les justiciers mais on ne peut rester indifférent devant un acte qui ressort de la barbarie. Car, attenter à une oeuvre d’art reste un crime impardonnable. Pour autant, cette manifestation se veut avant tout une rencontre entre trois artistes qu’unissent un respect mutuel, et dont le travail s’inscrit dans un rapport au corps, où l’émotion et la sensation physique reprennent tous leurs droits, dans une démarche innovante et cultivée.
Selon eux, l’artiste n’est plus le porte-drapeau d’idéologies constituées, mais se doit de remettre l’homme au centre de ses préoccupations. Nous ne sommes plus dans des systèmes de représentation métaphoriques, mais en présence d’événements plastiques qui sont autant d’invitations à partager des interrogations légitimes face à un monde qui s’enfonce graduellement dans le désenchantement de la société post-moderne.

Farida Le Suavé, Patricia Glave et Marc Alberghina ne nous entraînent pas vers des contrées où l’on ne sait plus, selon la belle expression d’Alfred de Musset, si on marche sur des débris ou de la semence. Ils s’écartent du relativisme culturel ambiant comme des crispations corporatistes ou mondaines, pour renouer avec les grandes interrogations humaines face à la vie et à la mort. Non pas dans une perspective métaphysique, mais dans une confrontation avec le corps inscrit dans une matérialité apte à tous les dépassements. Ils partagent aussi cette conviction que, par ses qualités propres, comme pour la maîtrise qu’elle requiert, la terre est le matériau le mieux à même de conférer une nouvelle dimension à l’art contemporain.
Patrick Favardin

Marc Alberghina

Né à Laval en 1959, vit et travaille à Vallauris. Marc Alberghina a suivi les cours de l’Ecole des Métiers de la Céramique de Cannes. Plasticien et sculpteur, l’artiste, au parcours atypique, développe actuellement toute une réflexion sur son rapport ontologique à la création céramique par un travail sur les vanités, qui devient une véritable épitaphe dédiée à ce centre historique de la céramique qu’est Vallauris. Des oeuvres de l’artiste sont actuellement présentées à la Biennale Internationale de Céramique de Vallauris et au Musée des Arts Décoratifs de Paris.

« On n’est plus du tout comme au XVIIIe siècle dans des histoires de bergers et bergères, à preuve L’offrande de mars 2009, où il présente sur un plateau, fait tout un plat, d’ossements humains. Ce n’est pas la première fois que l’idée de “vanité” vient à l’esprit le concernant, oui, la grandeur espagnole des moines ascétiques, avec son ironie métaphysique, fait écho à cette oeuvre, à ces bijoux de céramiste, devenus emblématiques. Bijoux de famille, jeu de mots facile, et pourtant il s’agit bien d’une Genèse de l’Humanité ou plutôt de l’inhumanité (...) » France Delville, 2010

Patricia Glave

Née à Bâle en 1960, vit et travaille à Lausanne. Patricia Glave a suivi les cours de l’Ecole des Arts Appliqués de Vevey de 1980 à 1984, puis de la Art Sudent League à New York de 1988 à 1990, pour parachever sa formation à l’Ecole Supérieure des Arts appliqués de Genève en 1997-98. Elle enseigne à l’Ecole des Arts Appliqués de Vevey depuis 2001. Patricia Glave développe toute une réflexion sur le rapport au corps et sa représentation symbolique dans les forces et faiblesses de l’individu. Continuité évidente de ce travail, elle développe aussi toute une métaphore sur le prolongement armé de la main de l’Homme, qu’elle tourne en dérision de manière infantile, grotesque et sensuelle. Elle traite ainsi avec beaucoup d’humour et de cynisme des rapports agressifs qu’entretien l’Homme avec son corps et celui d’autrui. Patricia Glave est actuellement exposée au Musée des Arts Décoratifs de Paris.

Farida Le Suavé

Née à La Fère en 1969, vit et travaille à Chicago. Farida Le Suavé est diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts d’Angers . Plasticien et sculpteur, l’artiste suggère dans ses sculptures « une aventure avec la matière, le temps et l’espace ».
« Farida Le Suavé interroge les figures mythologiques telles celles de Daphné et Apollon comme elle aime revisiter l’histoire de la sculpture dont celle du Bernin. Mais nulle nostalgie dans cette exploration audacieuse » Pierre Giquel, 2007
« Cette lecture subjective et fantasmée des travaux de Farida ne doit pas cependant nous écarter des préoccupations profondes qui la guident, comme bon nombre de jeunes artistes d’aujourd’hui : réévaluer les ruptures historiques duchampiennes, réintroduire dans le champ artistique les techniques ghettoïsées dans l‘artisanat, maintenir le dialogue avec d’immenses prédécesseurs (elle fréquente assidûment Michel-Ange, Signorelli, Ingres, ...). Les oeuvres les plus récentes, par leur dispositif d’hybridation scénique (présence de matériaux divers : matelas, linoléum, draps, bois) attestent, s’il le faut, de son inscription dans le champ de la création contemporaine ». Francis Limérat, 2005

Pratique

Galerie Favardin & de Verneuil
29, rue Duret
75116 Paris
Tél +33 (0)173-718-087
www.favardin-verneuil.com
10 au 26 février 2011
Du lundi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h


Pierre Aimar
Mercredi 9 Février 2011
Lu 856 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 198










Inscription à la newsletter