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Exposition Constantin Terechkovitch (1902-1978), Lithographies, aquarelles, affiches au Palais de l’Europe – Galerie d’Art Contemporain, Menton

Avec d’innombrables expositions en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, et une œuvre qui a contribué à faire rayonner « La Seconde Ecole de Paris », Menton accueille à nouveau Constantin Terechkovitch et propose une approche thématique de son œuvre sur papier. Réunies pour la première fois, lithographies, illustrations, ouvrages de bibliophilie et affiches permettent de découvrir une œuvre graphique singulière qui sonne à part.


Exposition Constantin Terechkovitch (1902-1978), Lithographies, aquarelles, affiches au Palais de l’Europe – Galerie d’Art Contemporain, Menton
Un artiste qui utilise crayons et couleurs pour être au plus près de lui-même : le temps où l’artiste en tons délicats se penche sur la fraîcheur féerique de l’enfance, le temps de la maturité où il laisse libre cours à son lyrisme naturel avec les couleurs éclatantes et chaudes de la lumière du Midi. Cette lumière qui ouvre une fenêtre sur le plaisir de peindre et d’exister. Une œuvre qui vient du cœur et qui demande à être découverte pas à pas. La lithographie comme le dessin nous donne « le regard intime » du peintre, ce qu’exprime cette pensée empruntée à Matisse : « Le dessin est avant tout un moyen d’expression de sentiments intimes et de description d’états d’âme ».

Le Peintre
Terechkovitch est le peintre de la sensation. Dans toute son œuvre il a été sensible à la simplicité du quotidien où la beauté fait œuvre de la vie de tous les jours. Il peint ce qu’il a sous les yeux en faisant confiance aux trouvailles de son œil, à l’intuition de sa main pour pousser au plus loin l’imprévu et atteindre une atmosphère de plaisir et de bonheur. Terechkovitch a une façon toute personnelle d’être en avance sur son temps. Il a foi dans le réel, en l’homme et dans la nature où il puise la force et l’énergie non seulement pour créer mais simplement pour vivre. Histoire intime de la fresque familiale, natures mortes, portraits ou paysages, le peintre donne à voir dans une palette d’une franche vitalité la poésie que l’on ne trouve que dans les rêves.

L’atelier de l’alchimiste
Pour passer du projet à la lithographie, le peintre « décompose » les couleurs. Il dessine ou peint en noir sur autant de pierres que sa litho comprendra de couleurs. Seules les parties peintes retiendront au tirage la couleur. Il commence alors avec son « essayeur » la mise au point de chaque couleur. L’un après l’autre, les essais du jaune, du bleu, du rouge, du noir sont tirés sur une presse à bras. Puis on superpose les couleurs les unes sur les autres. L’importance des encres et le nombre de coups de rouleau qui rend un ton plus dense ou plus clair influent sur le tirage. On intensifie un bleu, on enlève un peu de rouge jusqu’au moment où le peintre trouve l’équilibre qui lui convient.
Travail minutieux et précis, chaque geste concourt à la réussite jusqu’au « bon à tirer ». Lorsque le courant passe entre le peintre et les ouvriers, l’esprit se marie avec le geste et l’amour du travail bien fait.
Et, à la joie de tous, l’édition définitive est imprimée. Dans la tradition des peintres-graveurs, chaque lithographie de Terechkovitch est une œuvre originale dont le tirage est limité au nombre d’épreuves qu’il aura signées et numérotées.
Un peintre qui grave ne marque pas sa place en dominant la technique mais par son langage qui n’appartient qu’à lui.

Affiches et illustrations
Durant vingt-cinq ans, de 1947 à 1975, Terechkovitch réalise 28 affiches qui marquent de sa personnalité son apport à l’estampe. Elles témoignent de son inventivité, de sa jeunesse d’esprit, mais aussi de sa fantaisie. Il prend souvent plaisir à introduire des textes écrits de sa main qui deviennent des éléments importants de la composition et permettent au peintre de jouer avec les mots et les couleurs en toute liberté.

Grand lecteur de prose et de poésie, Terechkovitch a illustré ses auteurs préférés. Seuls sont présentés ici trois ouvrages de bibliophilie : « Hadji Mourad » de Léon Tolstoï, « La Treille Muscate » de Colette, et trois nouvelles d’Anton Tchékhov : « La Dame au petit chien », « Ma Chérie » et « La Cigale » réunies sous le titre « Trois Contes ».


pierre aimar
Samedi 2 Mai 2009
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