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Exposition Après Babel, traduire, au Mucem, Marseille, du 14 décembre 2016 au 20 mars 2018

«La langue de l’Europe, c’est la traduction» Umberto Eco


Mel Bochner, Blah blah blah, 2011. Huile sur velours noir. Galerie Two Palms, New York © Courtesy de l'artiste et Two Palms, NY
Mel Bochner, Blah blah blah, 2011. Huile sur velours noir. Galerie Two Palms, New York © Courtesy de l'artiste et Two Palms, NY
Le Mucem présente du 14 décembre 2016 au 20 mars 2017 l’exposition Après Babel, traduire.
“Babel” : en hébreu, cela veut dire “Confusion”. Babel, la diversité des langues, est-ce une malédiction ou une chance ? Réponse : une chance, à condition de traduire.

La traduction est l’un des grands enjeux culturels et sociétaux d’un monde globalisé. Traduire, c’est préférer à une communication rapide et basique dans une langue dominante plus ou moins artificielle (aujourd’hui le « global english » ou globish) un travail coûteux et parfois déconcertant sur la différence des langues, des cultures, des visions du monde, pour les comparer et les mettre en harmonie.

La traduction est d'abord un fait d'histoire : les routes de la traduction, via le grec, le latin, l'arabe, sont celles de la transmission du savoir et du pouvoir.
«La langue de l’Europe, c’est la traduction», a dit Umberto Eco. Les civilisations d’Europe et de Méditerranée se sont construites sur cette pratique paradoxale : dire « presque » la même chose, et inventer en passant, à la confluence des savoirs et des langues.
C'est aussi un enjeu contemporain. La diversité des langues apparaît souvent comme un obstacle à l’émergence d’une société unie et d’un espace politique commun, mais l’exposition Après Babel, traduire inverse cette proposition et montre comment la traduction, savoir-faire avec les différences, est un excellent modèle pour la citoyenneté d’aujourd’hui.
Partant d’une abstraction - le passage d’une langue à une autre -, l’exposition donne à voir, à penser et à voyager dans cet entre-deux. Du mythe de Babel à la pierre de Rosette, d’Aristote à Tintin et de la parole de Dieu aux langues des signes, elle présente près de deux cents oeuvres, objets, manuscrits, documents installations, qui manifestent de façon spectaculaire ou quotidienne les jeux et les enjeux de la traduction.

Le parcours de l’exposition se divise en trois moments :
Dans le premier, "Babel, malédiction ou chance : politiques de la langue", très visuel, on s'émerveillera des objets présentés, qu'il s'agisse des représentations de Babel comme l'énorme tour de Tatline, des pièces célèbres comme les vases grecs du Louvre et la pierre de Rosette, ou encore de la véhémence de l'expression socio-politique, avec Chéri Samba.
Dans le second, "Les flux et les hommes", plus historique et didactique, on comprendra le parcours en langues des oeuvres qui fabriquent les civilisations de la Méditerranée, avec la traduction des textes sacrés et l'émergence des vernaculaires, avec aussi la mise en visibilité des oubliés de la culture que sont les traducteurs.
Dans le troisième, "Traduisibles/ intraduisibles", on s'interrogera à partir d'oeuvres parfois énigmatiques sur ce qui résiste à la traduction.

Commissariat général de l’exposition : Barbara Cassin, directrice de recherche au CNRS, philologue et philosophe
Commissariat exécutif : Sophie Bernillon, conservateur des bibliothèques au Mucem
Scénographe : Jacques Sbriglio, architecte
Exposition organisée avec le soutien exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.

Pratique



Pierre Aimar
Mercredi 23 Novembre 2016
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