Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Entretien d'Elisabeth Oualid avec Jean-Charles Gil au sujet de Barouf, la nouvelle création du Ballet d'Europe

Interprètes: Jorge Calderon et Simon Kuban.
Salle du Bois de l'Aune à Aix-en-Provence, le 14 Novembre 2015
Au Transformateur d'Allauch, du 18 au 20 Novembre 2015


Entretien d'Elisabeth Oualid avec Jean-Charles Gil au sujet de Barouf, la nouvelle création du Ballet d'Europe
Elisabeth Oualid: Votre dernière création chorégraphique qui s'intitule Barouf, présente un climat de conflit puis de réconciliation entre deux garçons. Et l'on ne peut s'empêcher de penser à la pièce de Goldoni, Barouf à Chioggia (1762) qui évoque la bagarre, la discorde, la dispute et le désordre au sein d'une communauté de pêcheurs. . . Quel sens du mot "barouf" retenez-vous pour cette chorégraphie?
Jean-Charles Gil: La tension entre deux personnages, la jalousie, l'envie, se bagarrer pour un rien, prouver qu'on est mieux que l'autre, un duel entre deux personnes. . . Le propos décrit des situations, mais pas la relation entre les hommes.
E. O: Barouf, c'est le moment où on perçoit une sorte de dialectique entre deux êtres où l'un veut avoir le pouvoir sur l'autre. . .
J. C. G: . . . où chacun teste l'autre et fait de la surenchère de sa propre force par rapport à l'autre.
E. O: Mais il y a prise de conscience que cette domination ne peut pas durer. . .
J. C. G: On n'est pas dans l'imagerie primaire. Toute la rivalité va être vécue au second degré pour permettre à chacun de se reconstruire. . . Je ne voulais pas du narratif au premier degré. Tout cela est évoqué dans la recherche du mouvement en adéquation avec la musique de Spiky. Il y a un travail fusionnel. Danse et musique sont inséparables. nous sommes sur la même longueur d'onde. . .
E. O: Barouf, est-ce le symbole de la crise existentielle que traverse tout un chacun au cours de sa vie ? N'y a-t-il pas de vie sans barouf, sans désordre ?
J. C. G: Il faut créer le désordre pour pouvoir trouver l'ordre. Il faut vivre sa colère pour la laisser s'exprimer. Le barouf permet d'avancer, de se ressourcer.
E. O: Quel est le motif de la première partie de cette pièce?
J. C. G: La bagarre, la confrontation, les épreuves, divers degrés par lesquels ils passent jusqu'à ce passage où ils se rendent compte qu'après avoir tout épuisé, ils ont besoin l'un de l'autre pour se reconstruire. Et à la fin, c'est que chacun se sente porté par quelque chose.
E. O : Comment le mouvement assume-t-il tout cela au niveau chorégraphique?
J. C. G: La chorégraphie est évolutive par rapport à l'univers musical. Elle est en perpétuelle transformation: il y a des moments où les danseurs font le coup de poing et d'autres où ils arrivent à une espèce d'épuisement du corps et de l'esprit.
E. O: Vous adoptez donc une gestuelle qui vise un but déterminé?
J. C. G: Il y a toute une atmosphère scandée par le tam-tam pour exprimer le retour aux origines, le retour aux sources. . . Une exaltation du corps pour l'épanouissement de l'être. Nous, ce qu'on voulait, c'était susciter des imaginaires. . . ça va donc renvoyer à des images très fortes.


Pierre Aimar
Jeudi 19 Novembre 2015
Lu 568 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 24










Inscription à la newsletter