Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Doom : Surface Contrôle, dans la « Rue » du Magasin, Grenoble, du 11 octobre 2014 au 4 janvier 2015

Dans son exposition récente, la DRAF Fondation avait réuni quelques artistes dans une exposition titrée "Géographies of Contamination »*.


Doom : Surface Contrôle, dans la « Rue » du Magasin, Grenoble, du 11 octobre 2014 au 4 janvier 2015
La notion de contamination qui peut être étendue jusqu'à l'idée même de pollution est certainement la plus adaptée à des pratiques émergentes que Alex Scrimgeour décrit comme telles : « L’exposition aussi bien que les oeuvres sont tout autant contaminées par leur enchevêtrement avec des images-mondes, des affects, des matériaux, des processus, des dispositifs et des discours que par le site même des opérations artistiques qui sont devenues, elles, poreuses, perméables et hybrides ». Ces mêmes pratiques sont également rapportées à une méta-matérialité qui serait le fruit de la créativité d'une génération soumise aux lieux communs d'une société numérique qui aurait altéré voire modifié les notions mêmes d'espace et de temps sous les effets des révolutions technologiques les plus récentes.
« Si l’image est devenue information (sans racines et multipliable), sa surface visible n’est devenue qu’une interface, un espace d’échange. En technologie consumériste surface est « clean » mais un écran plat Haute Définition ne reste qu’une mécanique déceptive. L’oeuvre d’art devient un moyen de « niquer » cette surface de données monétisantes, congelées dans sa matérialité spécifique. » (Alex Scrimgeour). Si les outils digitaux et numériques sont bien employés, ils le sont librement, comme les outils banalisés du temps. L'état d'ambigüité des positions qui nourrit cette polysémie critique, et les contradictions qu'elle fait apparaître sont bien de l'ordre du projet, et des cadres de ses pratiques qui se rejouent en tant que telles, pour devenir indéfinissables et ainsi marquer leur résistance à la logique réductrice du marché plus qu'à la marchandisation qui le porte.

L'intention initiale, soit qu'elle parte d'idées, soit qu'elle parte de formes, est celle de la production de formes radicales avec des modalités et des outils conceptuels dans la sphère de la représentation et pour certains de la figuration. Mais la logique globale qui prévaut à la conception et à la mise en oeuvre de l'entreprise est polluée par les périphéries, les manipulations et les détournements qu'elles suscitent. L'organisation du travail est pensée comme l'organisation du monde, un monde lui-même rendu peu lisible parce composite conséquemment à une pollution, un parasitage qui est tout autant extérieur qu'intrinsèque, constitutif des troubles et des ambiguïtés de son analyse (industriel,urbain, froid, brut, voire sale et sombre) et ce dans une liberté de travail qui pourrait les conduire, s'ils le souhaitent, à collaborer.  

Le projet d'exposition est localisé dans l'espace central sous verrière du MAGASIN qui est appelé la Rue et qui développe près de cent mètres linéaires de parois sous plus de vingt mètres de hauteur. Il est conçu avec Renaud Jerez et rassemble quelques-uns des artistes de cette génération, Mathis Altmann, Jared Madere, Aleksander Hardashnakov, Veit Laurent Kurz, Olga Balema, Max Brand et Lucie Stahl. Les parois de cet espace seront partagées en autant de surface de travail offertes à chacun des artistes pour la réalisation sur place de pièces monumentales en possible réaction à l'espace et à ses dimensions ainsi qu'aux caractères du lieu et de son contexte.

Le projet, l'exposition des productions qui en seront issues, pourrait être succinctement défini comme tel :  « Le principe qui sous-tend cette exposition est de rassembler différentes compositions murales monumentales qui traitent de l’idée de molécularisation - ou d’atomisation - et de la pollution qui pénètre dans les écosystèmes propres à chacune des pratiques artistiques, et ainsi de présenter des oeuvres ou des systèmes ésotériques congestionnés, encombrés, en proie à l’immédiateté et à l’évanouissement. »

* Geographies of Contamination/Olga Balema, Neil Beloufa, Nicolas Deshayes, David Douard, Renaud Jerez, Sam Lewitt, Marlie Mul, Magali Reus, Rachel Rose, Michael E. Smith, DRAF, London, 31.01-29.03.2014.

Pratique

MAGASIN
Centre National d’Art Contemporain
Site Bouchayer-Viallet
8 esplanade Andry-Farcy
38000 Grenoble - France
magasin-cnac.org

Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 19h. Visites commentées tous les samedis à 16h et tous les dimanches à 14h30 et 16h,
sans réservation, avec le billet d’entrée.
Accès à pied : environ 10 minutes de la gare SNCF / En transport en commun : arrêt ‘Berriat - Le Magasin’ du Tram A ou du bus 26. / Traverser le square des fusillés pour accéder au site Bouchayer-Viallet.



Pierre Aimar
Vendredi 31 Octobre 2014
Lu 143 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 199





Inscription à la newsletter