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Dictionnaire de la pensée du cinéma, Sous la direction de Antoine de Baecque et de Philippe Chevallier, PUF, Collection Quadrige Dicos poche

« Le cinéma est une pensée qui prend forme, une forme qui pense. » Jean-Luc Godard


Dictionnaire de la pensée du cinéma, Sous la direction de Antoine de Baecque et de Philippe Chevallier, PUF, Collection Quadrige Dicos poche
« Le cinéma fait son entrée dans la collection des Dictionnaires de référence des Presses universitaires de France.
Nous avons choisi pour titre, tel un manifeste : Dictionnaire de la pensée du cinéma. Écrire sur le cinéma est en effet une des manières de penser, particulièrement en France où la théorie a très tôt entouré et comme relancé les films, où la critique est née de façon précoce dans la lignée d’une tradition de commentaire des images.
Ce Dictionnaire reprend à son compte cette façon de penser par le film que Jean-Luc Godard a su illustrer dans une de ces formules balancées dont il a le secret : « Le cinéma est une pensée qui prend forme, une forme qui pense. » C’est là affirmer que, pour le XXe siècle, le septième art est, à l’égal de la philosophie, de l’histoire, de la littérature ou de la sociologie, de l’anthropologie, une boîte à outils offerte à chacun afin qu’il se représente le monde, le décrive, le formule, le visualise en termes cinématographiques. Pour une nouvelle génération intellectuelle, qui s’est naturellement nourrie de textes sur le cinéma, ce dernier est devenu l’un des instruments de leur réflexion, sans doute le plus maniable, le plus proche, le plus excitant.
Les 73 collaborateurs de ce dictionnaire, philosophes, historiens, sociologues, critiques, historiens d’art, autant que spécialistes du cinéma, incarnent avec une belle fidélité ce phénomène générationnel. »
Antoine de Baecque et Philippe Chevallier

À travers près de 400 entrées, le Dictionnaire de la pensée du cinéma donne à lire,

comme autant de courts essais stimulants, la place centrale du film dans notre compréhension du monde. On trouvera dans ce Dictionnaire quatre types d’entrées :

Des concepts : environ 130, autour desquels se structurent et se cristallisent toutes les réflexions sur le cinéma.

Des théoriciens-critiques : au nombre de 110, largement internationaux (à la seule condition d’être accessibles en langue française), dont l’oeuvre est reconnue, qui offrent à notre lecture, d’hier à aujourd’hui, le corpus de textes qui fonde ce volume.

Des cinéastes-penseurs : une cinquantaine, soit qu’ils aient écrit sur le cinéma, préalablement à leurs films, des textes dont la portée a pu influencer l’oeuvre, soit qu’ils aient commenté leurs propres films en en tirant des principes fondamentaux pour la compréhension du cinéma. Parfois font-ils les deux…

Des films : une centaine, qui ont marqué non pas tant l’histoire du cinéma qu’un certain moment soudain matérialisé comme pivot ou fondateur.

Extrait pour un avant-goût de la teneur du Dictionnaire.

A bout de souffle (1960), par Antoine de Baecque
Peu nombreux sont les grands cinéastes à débuter par leur film le plus célèbre. Orson Welles et Citizen Kane… Entrer d’emblée dans l’histoire du cinéma est une chose rare. C’est le cas de Jean-Luc Godard avec À bout de souffle. On y a vu un manifeste esthétique, un traité de savoir vivre, ce qui a transformé le film en mythe. Cette construction légendaire, qui rattache le film à quelques fétiches — le visage de Jean Seberg, un geste de Jean-Paul Belmondo, un tee-shirt New York Herald Tribune en balade sur les Champs-Élysées, « Ça veut dire quoi dégueulasse ? », mourir au bout de la rue Campagne Première, a recouvert une oeuvre qui fut loin d’être conçue et réalisée dans ces circonstances mythiques.
La critique, même divisée à la sortie du film en mars 1960, a immédiatement compris l’importance d’À bout de souffle, jouant comme rupture dans l’histoire du cinéma. Luc Moullet, dans les Cahiers du cinéma, annonce le film contemporain par excellence :
« Godard accomplit la plus haute mission de l’art, il réconcilie l’homme avec le temps qui est le sien. » Et François Truffaut, dans un texte de sincère admiration, « Deux ou trois choses que je sais de lui », confirme cette place unique d’À bout de souffle (L’Avant-scène cinéma, no 70, mai 1967) : « Il y a le cinéma avant Godard et après Godard. »

Parution

Parution le 9 mai 2012


Pierre Aimar
Mercredi 7 Mars 2012
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