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Devenez détenteur d’un feuillet de la Bible à 42 lignes de Gutenberg imprimé en fac-similé au moyen de caractères mobiles en plomb et rubriqué à la main

La « Bible à 42 lignes » est le premier livre imprimé avec des caractères mobiles en Europe. Tirée entre 150 et 180 exemplaires, elle a occupé l’atelier de Gutenberg et ses associés Fust et Schöffer, à Mayence, pendant 3 ans. Aujourd’hui, seuls 49 exemplaires complets sont répertoriés dans le monde. C’est une œuvre colossale de plus de trois millions de signes, destinée à l’origine à des abbayes et couvents, pour la lecture collective.


Vous pouvez acquérir dès aujourd’hui une exceptionnelle réimpression en fac-similé d’un feuillet de la Bible de Gutenberg.

Le Musée de l’imprimerie, Lyon, possède dans ses collections un authentique feuillet recto/verso du livre d’Ézéchiel, issu de la Bible à 42 lignes de Gutenberg. Plus de 500 ans après Gutenberg, ce feuillet vient d’être composé à nouveau à l’aide de caractères en plomb, semblables aux types primitifs utilisés dans la Bible de Gutenberg.

Les caractères de la Bible de Gutenberg ont été acquis par le Musée de l’imprimerie auprès de la Dale Guild Type Foundry (Howell, New Jersey, États-Unis), qui les a regravés et fondus.

La fabrication de cette fonte en gothique textura, le caractère utilisé par Gutenberg pour sa Bible, a été initiée par la société Toppan dans le cadre de la création de son musée de l’imprimerie à Tokyo en 2000. Toppan fit appel à deux artisans hors pair, Theo Rehak et Alan C. Waring, animateurs de la Dale Guild Type Foundry, qui ont fondu et gravé une police de caractères en plomb après une étude approfondie de nombreux exemplaires de la Bible de Gutenberg. Depuis l’acquisition par le Musée de l’imprimerie de Lyon de la dernière fonte, la production de ce caractère a été définitivement arrêtée.

Un tour de force typographique à la mesure de la première Bible imprimée

Composer à nouveau le feuillet d’Ézéchiel s’est avéré un véritable défi, laissant entrevoir les difficultés qu’a dû rencontrer Gutenberg en son temps. Alors qu’une casse normale comporte 105 signes différents (en comptant les chiffres et la ponctuation, qui s’ajoutent aux 88 capitales et bas de casse), la casse de la Bible à 42 lignes en compte de 255 à 299, selon les spécialistes. En effet, on y trouve de nombreuses abréviations, des ligatures (lettres liées entre elles), des variantes de largeur d’un certain nombre de lettres. La casse qui a servi à la composition du feuillet d’Ézéchiel comportait également 7 espaces différentes, dont les plus petites, fondues en cuivre, mesuraient 0,5 points Didot de large (soit environ 0,18 mm). Dans une casse normale, l’espace minimum ne descend pas en-dessous de 1 point.

Le premier travail de préparation, réalisé par Matthieu Cortat, dessinateur de caractères, a donc été d’identifier avec précision les caractères du feuillet original. Fernande Nicaise, responsable de l’atelier de typographie du Musée, a dû ensuite repérer et classer tous les signes, en l’occurrence 255 dans notre police. Trois casses ont été nécessaires pour accueillir l’ensemble des lettres avec leurs variantes et abréviations, au lieu d’une seule pour une police moderne. Il a fallu ensuite procéder au travail minutieux de composition pour réaliser un fac-similé semblable en tous points au feuillet recto-verso tel qu’il a été composé dans l’atelier de Gutenberg.

Enrichi par une lettrine calligraphiée, comme à l’époque de Gutenberg

Le feuillet d’Ézéchiel a été imprimé en laissant, comme au XVe siècle, un vide non imprimé, destiné à recevoir une lettrine manuscrite. Cette lettrine a été calligraphiée par Marie Gorrindo, peintre-enlumineur, qui a également rehaussé toutes les capitales du texte et ajouté à la main le titre courant « Ézéchiel », comme sur le feuillet original du Musée de l’imprimerie. À l’époque des incunables (les 50 premières années de la typographie), il était fréquent qu’un rubricateur (peintre), viennent marquer en rouge les débuts de paragraphes et de phrases.

Imprimé dans les règles de « l’art noir »
Les exemplaires sont tirés à la main, sur presse typo- graphique, dans un corps équivalent à 18,6 points Didot, sur papier vergé d’Arches, 100 g/m². (À l’époque de Gutenberg, en effet, on ne connaissait pas encore le papier lisse.) Ce papier vergé sera préalablement humidifié, comme aux premiers temps de l’imprimerie. En effet, les papiers contenaient souvent beaucoup de colle et étaient difficiles à fouler car très rigides, il arrivait qu’un papier « refuse l’encre ». Celle-ci s’accumulait sur la composition, bouchant les signes. En humidifiant le papier, on le rendait plus maniable, mais aussi « amoureux » de l’encre : celle-ci adhérait beaucoup plus aisément et en moindre quantité au support.

L’impression du feuillet d’Ézéchiel laissera apparaître un foulage (léger relief au dos de la feuille) garantissant l’impression typographique, très appréciée des connaisseurs.

Le feuillet sera présenté dans une chemise réalisée dans un carton Constellation Snow Mosaïco en 280 g/m² fabriqué par Fedrigoni et accompagné d’un apparat critique, comportant notamment la transcription du feuillet, sur un livret 16 pages au format 21 × 29,7 cm, dans un papier Stucco Old Mill Premium White 150 g/m² fabriqué par Fedrigoni.

Bulletin de souscription à renvoyer à Musée de l’imprimerie / feuillet B42 13 rue de la Poulaillerie, 69002 Lyon

Devenez détenteur d’un feuillet de la Bible à 42 lignes de Gutenberg imprimé en fac-similé au moyen de caractères mobiles en plomb et rubriqué à la main


Pierre Aimar
Mardi 26 Novembre 2013
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