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Constantin Brancusi et Richard Serra au Musée Guggenheim de Bilbao jusqu'au 15 avril 2012

Une exposition en forme de dialogue exceptionnel entre deux des sculpteurs les plus importants du XXe siècle : Constantin Brancusi et Richard Serra. Un groupe d’œuvres significatives de la trajectoire de ces artistes rassemblé dans un ensemble sculptural unique en extraordinaire interaction avec les volumes exubérants de l’édifice de Frank Gehry. La première rétrospective en Espagne de l’œuvre sculptée de Brancusi. De même, jamais auparavant le travail de Serra n’a été présenté dans une telle ampleur et profondeur.


Richard Serra, Circuit, 1972 © Richard Serra/ Artist Rights Society (ARS), New York !.jpg
Richard Serra, Circuit, 1972 © Richard Serra/ Artist Rights Society (ARS), New York !.jpg
Le Musée Guggenheim Bilbao présente, du 8 octobre 2011 au 15 avril 2012 Brancusi–Serra, la plus importante exposition à ce jour jamais dédiée à deux noms majeurs de la sculpture du XXe siècle : Constantin Brancusi (1876–1957) et Richard Serra (1939).
Organisée par le Musée Guggenheim Bilbao en collaboration avec la Fondation Beyeler de Bâle, elle étudie la relation entre ces deux pionniers de la sculpture au travers d’une cinquantaine de pièces ; un regard unique sur plus d’un siècle de développement de la sculpture moderne.
En réduisant les formes sculptées à leur essence, Brancusi, né en Roumanie et installé à Paris à partir de 1904, a jeté les bases de la sculpture abstraite. Un demi-siècle plus tard, l’Américain Richard Serra redéfinit l’impact de la sculpture sur son environnement en créant des pièces minimalistes en acier qui, littéralement, aimantent l’observateur vers l’œuvre.
L’exposition, conçue conjointement par le Musée Guggenheim Bilbao et la Fondation Beyeler sous la houlette d’Oliver Wick, confronte le travail des deux artistes dans une sorte de dialogue ouvert ; en marquant de leur empreinte dynamique l’histoire de l’art, ils ont changé pour toujours le cours de la sculpture moderne.

L’influence de l’œuvre de Constantin Brancusi sur la trajectoire de Richard Serra est fondamentale. Entre 1964 et 1965, Serra obtient une bourse de l’Université de Yale pour étudier à Paris. Là, pendant plusieurs mois, il visite chaque jour la reconstruction de l’atelier du maître, décédé sept ans plus tôt, en dessinant, à réfléchissant et en essayant de comprendre tout ce qui l’entoure. Cette expérience l’a profondément marqué et a orienté son évolution vers la sculpture. L’atelier de Brancusi, débordant d’activité et de formes tridimensionnelles, de qualités spatiales et d’ébauches, fera l’effet chez Serra d’un « un manuel de possibilités ».
L’œuvre développée par le sculpteur américain permet de renouveler notre regard sur le style particulier de Brancusi et de mieux apprécier son travail et ses apports pionniers, comme la construction de socles en plusieurs pièces, la sérialité, l’empilement ou la coupe comme ligne, sous un autre angle : celui d’une sculpture beaucoup plus profonde et transcendantale qui vise au-delà de la simple belle forme.

Portée de l’exposition
Les volumes sculptés et les galeries irrégulières de l’édifice dessiné par Frank Gehry créent un espace apparemment infini en extraordinaire interaction avec les pièces les plus significatives de la trajectoire des deux artistes.
Trente créations regroupées par thèmes retracent la trajectoire essentielle du Brancusi sculpteur dans une rétrospective de cet artiste inédite en Espagne. Cette sélection, qui couvre quarante années de travail, cherche à donner au spectateur les clés d'un univers unique, traduit ici dans quelques-uns des ensembles sculptés les plus importants de l’artiste. Citons par exemple plusieurs déclinaisons du monolithe Le Baiser, les poétiques Têtes d’enfant et Muses endormies et les célèbres Oiseaux dans l’espace, ainsi que quelques pièces controversées en leur temps comme Princesse X, Adam et Ève et l’iconique Négresse blanche. Par ailleurs, L’Enfant au monde, groupe dit « mobile », a été reconstruit à partir des modèles en bois originaux Coupe (II) 1917–18] et Petite fille française (ca. 1914–18).
L’exposition met en relief comment Brancusi a poursuivi un idéal artistique en jouant avec la qualité des matériaux, leurs différentes surfaces et le reflet ou l’absorption de la lumière. Sur tout le deuxième étage, ses marbres et ses bronzes se déploient entre les pièces en plâtre et en bois afin que le spectateur puisse mieux percevoir les qualités essentielles de chacune et des grands groupes sculptés.

La notion d'une présence idéale dans l’espace et la question de l’essence de la sculpture sont abordées ici par le biais de neuf sculptures et d’une nouvelle série d’œuvres sur papier de Richard Serra qui offrent un parcours unique de l'évolution de l’artiste américain au cours de ces quarante dernières années. La sélection va de quelques premières pièces réalisées en caoutchouc et plomb comme l’œuvre séminale Ceintures (Belts, 1966–67) ou Château de cartes (House of Cards, 1969) jusqu’à ses caractéristiques constructions en acier comme Circuit (Circuit, 1972), qui divise un espace carré à partir de ses quatre coins, ou 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 (1987), qui joue avec l’inversion de la définition d’un point central dans l’espace.

Le thème de la courbe est au cœur des torsions elliptiques et des torsions en spirale qui composent la monumentale installation La matière du temps, sommet de la sculpture qui est considéré comme l’expression la plus complexe et ambitieuse du langage formel que l'artiste a développé ces 25 dernières années. L’installation, qui occupe la salle 104 ArcelorMittal du Musée depuis 2005, constitue l’une des pierres angulaires de l’exposition.
Les œuvres rassemblées à l’occasion de ce dialogue Brancusi–Serra proviennent de collections privées réputées et d'institutions internationales comme par exemple le Solomon R. Guggenheim Museum de New York, le Museum of Fine Arts de Houston, le Philadelphia Museum of Art de Philadelphie, le Sheldon Museum of Art de Lincoln (Université de Nebraska), l’Art Gallery of Ontario, le Centre Georges Pompidou de Paris, le Muzeul de Artă de Craiova, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, la Staatsgalerie Stuttgart et la Peggy Guggenheim Collection de Venise.

Espaces éducatifs
L’exposition est assortie de plusieurs espaces éducatifs qui permettent aux visiteurs de mieux appréhender son enjeu.
Dans le couloir du deuxième étage, deux panneaux retracent l’évolution de la sculpture, de l’Antiquité à nos jours, et le parcours biographique des deux artistes mis à l’honneur à cette occasion.
Cet espace est complété, à la salle 104 ArcelorMittal dédiée à La Matière du temps de Richard Serra, par une maquette à échelle de l’œuvre, une section d'entretiens filmés avec l'artiste et plusieurs films vidéo tournés par Serra. Et une nouveauté, dans ce même espace : une petite salle de projections audiovisuelles en rapport avec la figure de Brancusi.
Parmi les activités complémentaires que le Musée organise autour de cette exposition l’Auditorium du Musée accueillera, du 10 au 12 novembre la Rencontre Internationale de Sculpture Sculpture Network, qui fête cette année son dixième anniversaire, avec la participation d’artistes, comme Miroslaw Balka, Tony Cragg, Jaume Plensa et Susan Philips, ainsi que de commissaires et d'experts comme Oliver Wick, Brigitte Franzen et Lynne Cooke.

Catalogue
L’exposition est accompagnée d’un catalogue illustré qui reflète la trajectoire artistique de Brancusi et de Serra, analysée par Oliver Wick, Friedrich Teja Bach, Alfred Pacquement et Jacqueline Matisse Monnier, dont les textes sont complétés par des commentaires de Raphaël Bouvier, Denise Ellenberger, Alexandra Parigoris, Ileana Parvu, Marielle Tabart, Michelle White et Jon Wood, ainsi que par la biographie des deux artistes.


Pierre Aimar
Jeudi 15 Décembre 2011
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