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Concert symphonique, direction musicale Krysztof Penderecki ; trompette Anthony Abel avec l'orchestre philharmonique de Marseille, au Silo, le 21 avril 2017 à 20h

Krysztof Penderecki dirigera pour la première fois l'Orchestre Philharmonique de Marseille avec son Concerto pour trompette en mi bémol majeur aux côtés d'Anthony Abel, trompettiste, ainsi que L'Ouverture Tragique de Sir Andrzej Panufnik et La Symphonie n° 9 dite du « Nouveau Monde » d'Anton Dvŏrák


Programme

Sir Andrzej Panufnik
Ouverture Tragique
Krzysztof Penderecki
Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol majeur
Anton Dvŏrák
Symphonie n°9 dite du « Nouveau Monde »

Direction musicale Krzysztof Penderecki
Trompette Anthony Abel
Orchestre Philharmonique de Marseille

Sir Andrzej Panufnik, Ouverture Tragique

Profondément marqué par l’Anschluss et par l’occupation allemande, le compositeur et chef d’orchestre Andrzej Panufnik compose en 1942 son Ouverture Tragique, directement inspirée de ce que vit sa Pologne natale et par les disparitions nombreuses d’amis autour de lui. Il demeure profondément attaché à cette page puissante, à l’inspiration soutenue. La partition disparaît totalement, avec celles de plusieurs autres œuvres, lors du soulèvement de Varsovie en 1944. Panufnik la reconstitue de mémoire à la fin de l’année 1945, avant de la réviser en 1955. Réputé pour son perfectionnisme, le musicien est coutumier de ces démarches, qui concerneront les Symphonies n° 8 (1981-1984), n° 9 (1986-1990) et n° 10 (1988-1990) ou encore le Nocturne pour orchestre (1947-1955). La fermeté du dessin reste toute néoclassique, mais avec un sens du discours, une urgence qui ne sont pas sans évoquer Béla Bartók (1881-1945) ou le polonais Alexandre Tansman (1897-1986). Trop peu jouée, l’œuvre symphonique de Panufnik reste un continent inexplorée, dont l’Ouverture Tragique nous donne un aperçu des richesses encore insoupçonnées.

Krzysztof Penderecki, Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol majeur

Krzysztof Penderecki © DR
Krzysztof Penderecki © DR
C’est en 2015, que Krysztof Penderecki entreprend la composition de son Concerto pour trompette et orchestre. La trajectoire du compositeur, d’abord basée sur l’exploration des possibilités offertes par les agrégats infra-toniques, les nuages sonores mouvants et la dénonciation des oppressions sous toutes leurs formes (Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima en 1960, Passion selon Saint Luc en 1965-1966 ou Les Diables de Loudun en 1969). Puis, Penderecki a choisi, sans rien renier de ce qui constitue toujours sa personnalité profonde, de travailler sur des textures orchestrales et des modes de jeu plus traditionnel. Le genre concertant a tenu dans son œuvre une place de choix dès le Concerto n° 1 pour violoncelle et orchestre de 1967-1972, occasion pour le compositeur de creuser l’idée de dialogue entre deux entités distinctes et complémentaires. Le Concerto pour trompette a d’abord été conçu pour le virtuose Gábor Boldoczki, rencontré à Varsovie. Si la structure reste claire et tributaire sans complexe d’une architecture classique, le goût de l’exploration sonore propre au compositeur transparaît à chaque mesure, exploitant sans systématisme, mais avec une gourmandise non dissimulée, les possibilités de la trompette en ut et celles du flugelhorn, pour lesquelles Boloczki a dû mettre au point des gestes techniques spécifiques, notamment concernant le ff du flugelhorn. À la fois neuve et rayonnante dans sa fermeté de lignes, le Concerto pour trompette de Penderecki s’est immédiatement imposé au répertoire comme l’une des plus belles réussites de notre temps dans le domaine en question.

Anton Dvŏrák, Symphonie n° 9 dite du « Nouveau Monde »

La Symphonie n° 9 est une œuvre de maturité, composée entre Janvier et Mai 1893, alors qu’ Anton Dvŏrák vient d’accepter la direction du Conservatoire de New York. Il conjugue ici deux influences dont la rencontre, pourtant, semblait bien improbable a priori : celle des paysages et des rythmes typiques de sa Bohème natale, et celle, encore nouvelle pour lui, des paysages et des mélodies nord-américaines. De ce continent nord-américain, l’homme des champs que demeure in petto Dvŏrák ne retiendra pas cette poétique de l’urbain qui va marquer, de Gershwin à Bernstein, en passant par Copland, toute une génération de compositeurs américains.
L’Amérique évoquée est ici celles des espaces vierges, de la grande prairie couchée sous le vent, des forêts aux confins du Canada qui ont tant, pour lui, à voir avec celles de Moravie. La lecture du Song of Hiawatha de Longfellow l’a considérablement marqué, de même que le destin des déportés noirs américains. Nulle citation folklorique pourtant, dans cette œuvre considérée comme l’un des fondements de la musique savante nord-américaine :
« J’ai tout simplement écrit des thèmes à moi, leur donnant les particularités de la musique des Noirs et des Peaux-Rouges ; et, me servant de ces thèmes comme du sujet, je les ai développés au moyen de toutes les ressources du rythme, de l’harmonie , du contrepoint et des couleurs de l’orchestre moderne ».

Pratique

Location Opéra
04 91 55 11 10 – 04 91 55 20 43 du mardi au samedi de 10h à 17h30
Location Odéon
04 96 12 52 70 du mardi au samedi de 10h à 17h30


Pierre Aimar
Mardi 18 Avril 2017
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