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Cineastas de Mariano Pensotti. Mise en scène de l'auteur. Théâtre de la Criée, Marseille, 23 au 25 Avril 2015. Par Philippe Oualid

Cineastas de Mariano Pensotti, spectacle espagnol surtitré en français, est une pièce loufoque, baroque, délirante, qui évoque les rapports qu'entretiennent des cinéastes commerciaux pris dans l'engrenage du tournage d'un film, avec les événements de leur vie privée.


Le spectacle servi par une astucieuse scénographie, se déroule sur deux plans, deux studios superposés, avec au rez-de-chaussée, la vie réelle, l'univers quotidien, les problèmes matériels ou relationnels, dans une pièce meublée, et au premier étage, des scènes de film répétées ou jouées dans une pièce vide. Entre les deux espaces, l'interconnexion reste permanente, et les dialogues des personnages relèvent constamment de la fiction par le biais de commentaires, de descriptions que font les acteurs eux-mêmes, micro en main, sur les scènes qui se réalisent sous leurs yeux.

Parlant à toute allure, excités, pressés de tout dire et de se faire valoir par la posture, les comédiens fonctionnent exclusivement sur une relation virtuose aux signes de la sociabilité la plus frivole et la plus maniérée qui soit. Dans une cacophonie incroyable de propos à l'emporte-pièce, digne du vrombissement initial, sont évoqués, en passant du coq à l'âne, Tony dans son club de fitness, la nécessité de modifier quelques dialogues dans la préparation d'une scène, les tribulations d'un otage obligé de se produire en clown dans un restaurant Mac Donald, les films musicaux soviétiques des années quatre-vingts, l'écriture cinématographique métaphorique d' Eisenstein, les époques de dictature, le fait de n'avoir aucune prise sur les choses, l'arnaque idéologique, le Sacre du Printemps dans ses différentes interprétations, et même l'éventualité de mourir en voyant défiler sa vie comme dans un film bon marché.

Protéiformes, caméléonesques, les acteurs et actrices de Mariano Pensotti ne manquent pas de talent pour exprimer l'esprit baroque argentin échevelé de l'auteur qui s'inspire davantage de Copi et d'Alfredo Arias que du style labyrinthique de Jorge Luis Borges. Le public, en revanche, se montre plutôt pressé de quitter la salle au moment des saluts.
Philippe Oualid


Pierre Aimar
Samedi 25 Avril 2015
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