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Christine Vadrot, Survivances. exposition à la Galerie des Pentes, Lyon, du 17 avril au 17 mai 2014

Rêver et peindre le rouge


Christine Vadrot, Survivances. exposition à la Galerie des Pentes, Lyon, du 17 avril au 17 mai 2014
Christine Vadrot choisit la couleur rouge d’abord pour ses propriétés physiques. Alliée au travail de la matière picturale, la couleur participe à la construction de l’espace. De l’action du rouge naissent des formes, mains, bouches par exemple. Formes évanescentes, apparitions sur fond bleu sombre, irradié par le rouge omniprésent, formes nées de la nuit, en instance de disparaître. Un échange subtil entre matière et lumière crée une profondeur et une dynamique où le rouge vient occuper ce que l’artiste nomme “l’espace du devant ”. Associé à des formes abstraites, le rouge structure et dynamise l’espace : ruissellement des lignes, dispersion des taches, tracés d’explosion, mettent l’espace en mouvement et l’ouvrent sur l’infini.

On ne peut rêver la couleur en soi. On rêve le bleu du ciel, le rouge de la flamme ou le blanc de la neige. La rêverie de la couleur engage toujours l’imagination matérielle, celle qui rêve les matières élémentaires, eau, air, terre ou feu, qui pénètre dans leur intimité pour en retrouver la dynamique.

L’artiste associe le rouge à l’air. Cela peut sembler paradoxal dans la mesure où, traditionnellement, le rouge symbolise le feu. En réalité, la dynamique du feu est bien présente dans cette oeuvre : mouvements ascensionnels, étincelles issues d’un noyau de feu central, taches constellantes. L’air embrasé, alliance d’air et de feu, semble solliciter l’imagination de l’artiste.
Dans les images aériennes, comme dans toutes les images matérielles, s’expriment certaines valeurs psychiques. « L’air est la substance même de notre liberté », écrit Bachelard. Lorsque la dynamique du feu s’allie à celle de l’air, alors se manifeste une volonté ardente de liberté.

Diverses tentatives pour s’affranchir des limites du support, coulées en bordure de toile, lignes fuyant au-delà du tableau, témoignent du désir de s’approprier un espace infini, caractéristique de l’imagination aérienne. Peut-être, le rouge rappelle-t-il à l’artiste les limites de cette liberté. N’est-il pas, dans notre culture, la couleur de l’interdit ?
Michèle Pichon , Docteur en philosophie

Galerie des Pentes
35 rue rené Leynaud
69001 Lyon


Pierre Aimar
Samedi 29 Mars 2014
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