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Blanc & Demilly du 13 janvier au 5 mars 2017, Maison de la Photographie Robert Doisneau, à Gentilly

Exposition conçue à partir du fonds constitué par Julie Picault-Demilly et coproduite par le muse Nicéphore Niépce et le pole de photographie stimultania. Elle fut présentée une première fois au musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône en juin 2015


© Blanc et Demilly / Fonds Julie Picault-Demilly
© Blanc et Demilly / Fonds Julie Picault-Demilly
De 1924 à 1962, Théodore Blanc et Antoine Demilly tiennent l’un des studios les plus en vue de Lyon.
Portraitistes reconnus, ils consacrent leur vie à la photographie, se partageant entre une activité commerciale traditionnelle, et une pratique créatrice, inventive et féconde.


Depuis près de quarante ans désormais, la fille d’Antoine Demilly s’attache à rassembler l’œuvre de son père et de son associé, ensemble dispersé, mis au rebut au lendemain de la cessation d’activité du studio en 1962.
L’époque n’est pas à la conservation ; la photographie n’intéresse pas encore les institutions françaises, encore moins sous la forme a priori banale d’une production locale. La tâche s’avère immense tant Blanc et Demilly furent prolixes.

Des milliers de portraits sont sortis de leur studio où la bourgeoisie lyonnaise comme les artistes d’avant-gardes avaient leurs habitudes.
Les travaux personnels des deux photographes sont tout aussi foisonnants. La variété des sujets, dont l’identification s’est souvent perdue, témoigne des goûts éclectiques des deux acolytes qui, ayant parfois travaillé séparément, refusèrent presque toujours de voir leurs noms dissociés.

L’exposition présente une partie de ce fonds reconstitué, en l’état. Les tirages originaux, altérés par le temps et l’abandon, sont difficilement datables. Les années 1930 se mêlent aux années 1950, unies dans une même recherche de poésie iconographique.
Amoureux de la belle image et à l’écoute du progrès, Blanc et Demilly varient les expressions, passant des accents pictorialistes au vocabulaire de la Nouvelle Vision.

Leur usage précoce du Rolleiflex et du Leica, si maniables, leur confère une liberté de mouvement sans égale. Ils arpentent les rues de Lyon, les bords de Saône, la montagne et la campagne environnante où, tout à leur passion, ils n’hésitent pas emmener des groupes de photographes amateurs.

Si l’activité du studio est essentiellement tournée vers le portrait qu’ils modernisent en l’épurant de tout décor, leur curiosité, leur goût de l’expérimentation les poussent à investir tous les sujets, du plus poétique au plus formel. Blanc et Demilly revendiquent une pluralité de regards, tous soumis à l’émotion. Pour capter la vie dans ce qu’elle a de plus pittoresque, de plus inattendu, le sujet peut n’être qu’un rien, une ombre dont les lignes sobres et nettes sont traduites par une composition simple, presque abstraite, qui lui confère de la beauté, comme s’il s’agissait d’élever le banal au métaphorique. Ils mettent au jour des objets latents, des formes dans les lueurs étranges et les brumes vaporeuses du petit matin ou du crépuscule. Ces simulacres « atmosphériques » sont des filtres. Ils ont pour fonction de nous conduire à dépasser la réalité brute pour accéder à une certaine poésie visuelle. Le regard est appelé à s’égarer dans l’espace de l’image.

Ces photographies sont parfois déroutantes. Blanc et Demilly y collectionnent les lieux d’un « nouveau monde » dont il n’est pas nécessaire de connaître l’histoire. Ce qui est dissimulé là, silencieusement, fait partie de ces choses qui ne s’expriment que dans la promenade ou la solitude.
Mais cet éclectisme apparent n’est pas dispersion. Chaque image confirme qu’en allant au-delà de la simple vision, on peut apercevoir ce dont elle dispose de mystère et de beauté. Pour Blanc et Demilly, ce qui est accessible aux sens donne vie à une certaine vérité. Les photographies enregistrent et transmettent des vibrations, les moments indéterminés de la sensualité du monde. Elles sont des reflets.
D’image en image, on débouche sur du nouveau. L’errance photographique, entre objets, portraits et paysages n’est qu’une pratique vagabonde et perturbatrice du regard.
La modernité photographique offre cette possibilité de multiplier les points de vue, c’est-à-dire les expériences d’un « nouveau monde », une exploration du proche qui est aussi une connaissance de nous-mêmes.

Commissaire d’exposition : Céline Duval, directrice de Stimultania, pôle de photographie

Théodore Blanc [1891 – 1985] - Antoine Demilly [1892 – 1964]

1924
Théodore Blanc et Antoine Demilly s’associent sous le nom « Blanc et Demilly » et reprennent le studio de leur beau-père Édouard Bron, photographe portraitiste à Lyon.
1933
Ils participent à l’exposition « L’image photographique de Daguerre à nos jours » à la galerie Braun à Paris.
1933-1936
Parution des Aspects de Lyon : 121 héliogravures réparties en dix fascicules.
1935
Ils créent l’événement en inaugurant à Lyon l’une des premières galeries entièrement dédiées à la photographie. Ils y exposent les images d’amateurs ainsi que leurs propres travaux.
1938
Ils obtiennent la médaille d’or dans la catégorie Portrait lors de la XVe exposition de la photo et du cinéma à Paris.
1942
Parution de Charme de Lyon, illustré de 127 de leurs photographies.
1947
Ils exposent pour la première fois au Salon national de la photographie à la Bibliothèque nationale. Ils y participeront jusqu’en 1959.
1951
Fermeture de leur galerie.
1962
Vente du studio Blanc et Demilly, après quelques années de déclin. Le fonds de tirages est dispersé.

Pratique

Maison de la Photographie Robert Doisneau
1, rue de la Division du Général Leclerc
94250 Gentilly, France
www.maisondoisneau.agglo-valdebievre.fr



Pierre Aimar
Lundi 28 Novembre 2016
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