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Ballet National de Marseille : Justamant-Pas, Sextet, TéTOté. Par Philippe Oualid

Le BNM a présenté, début décembre, dans son grand studio du boulevard Gabès, un programme de ballets comprenant deux pièces de son répertoire et une création de Jean Guizerix, ex-danseur étoile de l'Opéra de Paris, dansée par dix jeunes filles de la classe d'insertion professionnelle: Justamant-Pas.


Cette pièce de dix-huit minutes, dépourvue d'éléments narratifs ou émotifs, est un exercice d'école inspiré par les techniques de la danse classique, qui met en valeur les capacités des danseuses à se jouer avec aisance de toutes les difficultés que présentaient les chorégraphies de l'Opéra sous le Second Empire. En effet elle rend hommage à Henri Justament(1815-1893), maître de ballet de l'Opéra de Paris en 1868-1869, qui a perfectionné avant le long règne de Louis Mérante, le matériel chorégraphique de la danse académique, tout en participant à l'évolution du ballet romantique de son apogée à son déclin. Jean Guizerix a choisi de confronter ce matériel à la musique des Saisons de John Cage(1947) pour "rendre visible, dit-il, une certaine intelligence de structure entre musique et danse". Des robes très simples, fendues sur les côtés, conçues par Wilfride Piollet, répandent sur le plateau toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pour exprimer la candeur du propos.
Ce ne sont en effet, au son des gammes abstraites du piano, qu'entrées et sorties rapides de petits groupes de danseuses créant des parallèles, des cercles, des diagonales animés de pirouettes, d'entrechats, de fouettés, bras en couronne, de sauts de chat, de grands jetés-arrière et d'élévations qui donnent à penser qu'Henri Justamant fut un précurseur du style balanchinien. Aurélie Maldonado, Mélitine Marie, Haruka Miyamoto et Yukiko Sakai ont su tout particulièrement se mettre en situation d'écoute de la brillante interprétation pianistique d'Hiroshi Iwamoto pour nous offrir une lecture contemporaine délicate d'une technique équilibrée et harmonieuse rattachée à la tradition classique.
La soirée se poursuivait avec deux pièces du répertoire du BNM, présentées en octobre 2008 à l'Opéra de Marseille: Sextet de Thierry Malandin et TéTOté de Yasuyuki Endo (compte-rendu dans Danse n°232. Décembre 2008. Pages 41-42), et dansées par les mêmes interprètes.
Philippe Oualid


pierre aimar
Lundi 14 Décembre 2009
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