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Avignon Off 2010, Ernesto che Guevara dans sa Dernière nuit, de J.P. Feinmann, théâtre du Chêne Noir

Au Festival d'Avignon Off 201, le décor très minéral de la chapelle du Chêne Noir offre un cadre très propice au mano a mano abrasif et surréaliste, de cette dernière nuit avant la mort du Che, dans lequel nous entraîne l’auteur argentin J.P. Feinmann.


un vrai duel oratoire, vigoureux et passionné

Le Che qui vit ses dernières heures, campé dans les certitudes et les incertitudes de son temps. Il voit face à lui se dresser un journaliste de notre époque, pétri des questions qui sont les nôtres aujourd’hui.
Et s’entame alors un vrai duel oratoire, vigoureux et passionné, autour de la violence des armes et de celle des idées qui ne fait du Che ni une icône, ni un monstre assoiffé de sang.
Mais mieux que cette simple confrontation, ce sont trois étapes du temps qui s'élaborent face au spectateur lequel rencontre tour à tour le Che dans le passé, pris par la passion bondissantes, puis par un miracle dans le raccourci du temps, la visite du professeur Cabreira, un journaliste mais aussi un de nos contemporains. Ce dernier vient le questionner sur le sens de sa vie et de ses combats.

Je suis contre toute idéologie qui justifie la mort

A travers ce dialogue entre les deux hommes se met en place un rude affrontement entre deux conceptions différentes de l'histoire, de la signification et de la justification de la révolution ainsi que de la définition de la barbarie.

- C'est comme ça que se terminent les rêves.
- Je suis contre toute idéologie qui justifie la mort.
- La violence justifie l'histoire.
- L'héroïsme est une conception majuscule de la vie... Qu'est-ce que je vais faire d'un fou qui ne veut pas entendre parler de politique? ( Fidel Castro)
- Il faut créer les conditions de la révolution...
- L'utopie existe parce que votre regard existe, tourné vers l'avenir.

"L'atmosphère quasi mystique de la nuit sud-américaine et du camp de prisonnier accentue le caractère passionnant et passionné de cette discussion épique. A la fin de celle-ci, se détache un portrait bien plus nuancé du Che, magnifiquement interprété par Olivier Sitruk, ainsi qu'un caractère moins manichéen de l'opposition stéréotypée entre révolutionnaires sanguinaires et réformateurs pacifistes, entre tortionnaires et révolutionnaires."

bruits de bottes et réflexions profondes

Faisant alterner dialogue et actions, bruits de bottes et réflexions profondes, la mort est lente à venir pour nous qui savons qu'elle doit venir, et quand elle arrive on est presque surpr
Le Che, l'histoire le dit, doit mourir, il est mort.
Olivier Sitruk se vit bien dans la peau de Che Guevara. Entrevu à la terrasse du Chêne noir, nous le trouvons ressemblant, teint de cuir et cheveux longs, ombré de barbe . Il lui ressemble, au héros, celui des affiches et des tee-shirts, vainqueur et pourtant déjà perdu. Les Américains ne l'aiment pas
On le craint. Et le vrai problème posé par la pièce rode autour de l'histoire: c'est celui de la violence, de toutes les violences.
Jacqueline Aimar







pierre aimar
Jeudi 2 Décembre 2010
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