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Aux bords des paysages, Métaphores, expositions du 18 juillet au 1er novembre 2015, Grand Pic Saint-Loup en Languedoc-Roussillon

Du 18 juillet au 1er novembre 2015, l’art contemporain est mis à l’honneur sur le territoire de la Communauté des Communes du Grand Pic Saint-Loup en Languedoc-Roussillon, à travers un nouvel événement : Aux bords des paysages, Métaphores.


Mehdi Melhaoui, Vague S11, acier, 7x3x3 m, 2013, prêt de la ville de Marseillan © Mehdi Melhaoui
Mehdi Melhaoui, Vague S11, acier, 7x3x3 m, 2013, prêt de la ville de Marseillan © Mehdi Melhaoui
Cette exposition d’œuvres monumentales dans la nature vise à établir un dialogue entre paysage et art contemporain. Pour cette 1ère édition, 5 sites (col, cloître, domaine viticole, village, sentier) sont investis par des installations, bien souvent produites pour l’occasion, de 6 artistes contemporains reconnus : Gaspard et Sandra Bébié-Valérian aka Art-Act, Mehdi Melhaoui, Fabien Mérelle, Thomas Monin et Matthieu Pilaud.

Cette manifestation est initiée par la Communauté des Communes du Grand Pic Saint- Loup dans une volonté d’apporter un nouveau regard sur son patrimoine naturel et histo- rique par le travail de plasticiens, et d’entretenir ainsi une politique culturelle ambitieuse et novatrice. Elle est coordonnée par Le Passe Muraille et son commissariat est assuré par Manuel Fadat.

La salle du prieuré de la commune de Saint-Jean-de-Cuculles présente une installation numérique recréant le paysage, produite pour l’occasion par Gaspard et Sandra Bébié-Valérian aka Art-Act. Le cloître de Saint-Jean-de-Cuculles accueille quant à lui une œuvre récente en résine de Fabien Mérelle, Strange tree. Le Domaine de l’Hortus (commune de Valflaunès) est investi par deux installations : Vague S11 de Mehdi Melhaoui, réalisée en 2013, prêt de la ville de Marseillan, et Les observatoires de Matthieu Pilaud, réalisée in situ. Sur le col de Fambetou (commune de Valflaunès), le visiteur peut découvrir une installation de Thomas Monin intitulée Aurora, réalisée in situ. L’artiste investit également le sentier du Pic Saint-Loup (commune de Cazevieille) avec l’œuvre L’évidence, réalisée en 2014.

Dans un cadre où la garrigue et les roches calcaires dominent, les parcours entre les sites et les liens entre les œuvres permettent de révéler de nouveaux paysages. Le public est invité à vivre le territoire à travers une expérience inédite, et découvrir ainsi la richesse patrimoniale et la diversité du Grand Pic Saint-Loup et de ses alentours.

Un dispositif de médiation est mis en place afin d’accompagner au mieux les publics. Pour les plus jeunes, un livret pédagogique sera édité et diffusé sur l’ensemble des sites. Des actions de sensibilisation à l’art contemporain et au patrimoine seront notamment menées auprès du public scolaire en septembre et en octobre. Ces actions permettront d’aborder les questions liées à la création plastique contemporaine et à l’histoire, l’architecture et l’environnement spécifique du territoire du Grand Pic Saint-Loup. Afi que la mémoire des créations artistiques perdure, un catalogue sera édité.

Les textes de présentation des artistes sont de Manuel Fadat, commissaire


Fabien Mérelle, Strange tree 2015 - Cloître de Saint-Jean-de-Cuculles

On le connaît pour ses dessins hyperréalistes le représentant dans des situations comiques, tragiques, grotesques, surréalistes, existentielles. Fabien Mérelle est en effet l’auteur d’une œuvre auto-réflexive au travers de laquelle il s’explore pour sonder le monde et l’homme, qui peut ainsi aussi se penser.

Récemment, l’artiste est passé à la sculpture, comme extension du dessin. Simplement une manière d’aller plus loin dans la spatialisation de ses univers, une façon d’inventer un contact autre avec les spectateurs, qu’il aime voir investir ses créations.

Dans le cloître de Saint-Jean-de-Cuculles, qui constitue un micro-paysage « entre les paysages », une sculpture hybride surgit du sol : un homme-arbre. À moins qu’il ne s’agisse de l’inverse. Le spectateur assiste à une métamorphose, celle de l’arbre en homme, celle de l’homme en arbre. L’homme, c’est l’artiste. L’arbre, c’est la nature. Pas moins. Le personnage, l’artiste, ne paraît pas inquiet, mais circonspect, légèrement réprobateur. Il s’interroge, prend conscience et position, mais semble impuissant. De cette scène complexe, grave et cependant pleine d’humour, naissent les récits.


Thomas Monin, Aurora création 2015 et L’évidence 2014 - Col de Fambetou et sentier du Pic Saint-Loup

Thomas Monin, qui fut entre autres élève de Chen Zhen, est traversé, investi - et il en a conscience - par le temps, l’espace, le merveilleux, la vie, la mort, la magie, le réel, l’imaginaire. Inventeur d’un art animal fondé sur les « unions étroites » liant « systèmes biologiques et processus culturels », passionné par la notion de symbiose, il installe des animaux-totems monumentaux dans le paysage du Pic Saint-Loup, créant des univers poétiques sollicitant naturellement l’esprit et le corps du spectateur, et son animalité.

Aurora. Une baleine bleue. Immense. Faite de tiges métalliques gaînées de tubes phosphorescents, visible de nuit comme de jour. Insolite, statique, figée dans un mouvement sur un escarpement calcaire du jurassique qui se transforme en vague, à proximité d’un col, celui de Fambetou, dominant la vallée entre le Pic Saint-Loup et l’Hortus. Alors que celle-ci est en voie de disparition, tragédie contemporaine, un bio- logiste québécois défend une thèse inattendue : l’ancêtre biologique de la baleine aurait été une espèce terrestre, un loup, vivant il y a 55 millions d’années. Conçue en étroite liaison avec le lieu, Aurora est le fruit des pistes suivies par l’artiste, multiples, qu’il a articulées, qu’il a rassemblées, s’inspirant d’événements récents, d’événements hors d’âge, de ses propres mythologies personnelles. Elle est « comme un retour aux origines, trait d’union lumineux entre les millions d’années d’évolution. Bateau fantôme. Épave magique qui dirait qu’aux seuls survivants reviennent les aubes extravagantes… »

À Cazevieille, à l’intersection de trois sentiers, Thomas Monin présente L’évidence : un loup, essentiel, gigantesque, qui apparaît là, en pleine garrigue. Comme toute œuvre d’art, le loup, fascinant, splendide - logé au plus profond de nos peurs archaïques, mais en même temps évoquant les instincts et la liberté - permet selon lui de dévoiler un pan du réel que nous n’aurions pas vu, auquel nous n’aurions pas (encore) songé…

Mehdi Melhaoui, Vague S11 2013 - Domaine de l’Hortus

La pratique artistique de Mehdi Melhaoui, bien qu’il ne puisse y être réductible, est marquée à la fois par l’exil et la Méditerranée, deux « thèmes » liés à ses origines, son histoire. Deux thèmes qui ne l’enferment pas, ne le limitent pas, mais qui lui permettent d’établir le contact, avec des sensibilités, des pensées, des manières de voir, des façons d’être au monde, des idées, des imaginaires, des prises de position. La question de la matérialisation, ainsi que celle de l’espace (dans tous les sens du terme), sont également au cœur de ses préoccupations.

En 2012, lorsqu’il imaginait Vague S11, vague se levant incidemment de la mer de ses désirs, il écrivait la phrase suivante : « la vague, la prise de position est un acte de paysageur », que nous laissons aux spectateurs le soin d’interpréter.

Cette vague, massive, en acier rouillé, paradoxalement lourde et aérienne, en suspens, pleine d’énergie, puissante et achevant sa course, est un monument, un archétype. Et si elle peut évoquer certains grands ténors de la sculpture monumentale, mais aussi le paysage dans lequel elle s’inscrit, elle gronde et résonne en nous, et nous rappelle à sa réalité, à la fois enveloppante et menaçante, ambiguë. Elle convoque aussi bien l’homme naviguant sur la barque de l’existence, Ulysse et ses compagnons, que Michaux, Hokusai, ou Courbet, auxquels l’artiste se réfère, mais également à ceux qui traversent la mer au risque de leur vie… Comme la vie serait la vague...

Matthieu Pilaud, Les observatoires création 2015 - Domaine de l’Hortus

Les observatoires, trois sculptures monumentales présentées par Matthieu Pilaud au Domaine de l’Hortus, vignoble lové au creux du Pic Saint-Loup et de la montagne de l’Hortus, placées en fonction de constellations repérables dans le ciel durant la manifestation, sont tout à fait représentatives de la pratique de l’artiste.

Toutes les créations (objets, sculptures, maquettes) de Matthieu Pilaud, qui entretient un « rapport tantôt sérieux, tantôt ludique, tantôt factuel à la forme et à sa composante », répondent à un ensemble de principes déterminants. L’artiste se nourrit de l’esprit du lieu, dans tous ses aspects, pour définir sa vision en adéquation avec le site. Il place l’homme au cœur du processus, comme mesure, comme
« module invariable », pour définir les rapports d’échelles, les volumes, les formes. Il invite enfin le spectateur, allant chercher du côté de son « instinct joueur » et de son regard d’enfant grâce à ses structures géométriques ouvertes qui laissent entrevoir leurs « secrets anatomiques », à se projeter mentalement et physiquement dans les œuvres, à les traverser, les habiter, les interpréter.

Culminant à 6 mètres de hauteur, ces trois variations autour du thème des observatoires astronomiques, élaborées par assemblage de planches de pin Douglas aux dimensions standard qui évolueront au gré du climat, sont comme des vaisseaux qui activent la perception. Elles nous embarquent pour un voyage où se rencontrent de façon aléatoire le corps, l’esprit, le paysage, l’histoire de l’art, l’univers.

Gaspard et Sandra Bébié-Valérian aka Art-Act, Sans titre création 2015 - Salle du prieuré de Saint-Jean-de-Cuculles

Art-Act est une entité binaire constituée de Gaspard et Sandra Bébié-Valérian, artistes engagés dans le champ des arts numériques, électroniques et médiatiques. Pour reprendre leurs termes, ils « utilisent les moyens de l’art pour une invention du quotidien, pour se détacher des normes, pour une politique de la récupération et du détournement ».

Leurs œuvres se veulent surtout réflexives, ouvertes, et sont souvent interactives. Faisant appel à de nombreuses technologies (programmées, courantes, réappropriées), elles sont le fruit d’une construction complexe articulant questions sociétales, écologiques, politiques, ingénierie et poésie. Elles sont comme des organismes, des mécaniques qui dépassent le strict cadre de leur présentation.

Gaspard et Sandra Bébié-Valérian conçoivent des « mondes », des « histoires », dans lesquels ils en- gagent, subtilement, les conditions de possibilité d’un dialogue avec et entre les spectateurs. Pour cette première édition, se saisissant du scénario de l’exposition Aux bords des paysages, Métaphores - de la façon dont la notion même de paysage y était envisagée, c’est-à-dire de façon protéiforme, évolutive, élastique et mouvante - ils créent un dispositif immersif, un espace-temps-paysage multidimensionnel. Un univers sensible où le « dehors » prend rendez-vous avec le dedans, où les technologies numériques consultent leur animisme, où les images s’interrogent sur leur matérialité, où il s’agira de goûter aux délices « d’entrer en paysage ».

Pour se guider ....


Pratique

1ère édition sur 5 sites du Grand Pic Saint-Loup
Du 18 juillet au 1er novembre 2015

Initiateur de l’événement et financeur
Communauté des Communes du Grand Pic Saint-Loup Hôtel de la Communauté
25 allée de l’Espérance
34270 Saint-Mathieu-de-Tréviers
Tél. : 04 67 55 17 00
www.cc-grandpicsaintloup.fr

Organisation
Association Le Passe Muraille 4 avenue de l’Europe
Z.A La Plaine 34830 Clapiers
Tél. : 04 67 06 96 04
www.lepassemuraille.org
Commissariat
Manuel Fadat


Pierre Aimar
Lundi 27 Juillet 2015
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