Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




Août 2017. Daniel Humair Reunion : Quatre jeunes gens dans le vent à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Il y avait sur scène, pour ce concert du festival Parfum de Jazz, Daniel Humair, batteur, Thomas Enhco, piano, David Enhco, trompette, Stéphane Kerecki, contrebasse, pour un concert de haute volée. Un grand moment de jazz servi par quatre jeunes gens pétris de talent.



Quatre jeunes gens ? Pourtant, parmi eux, Daniel Humair, 79 ans, est le plus jeune n'en déplaise à ses partenaires qui flirtent merveilleusement avec la trentaine.

Cela fait des décades que j'aime le jazz.
Cela fait des décades que je me demande pourquoi j'aime le jazz.
Drôle d'antinomie, n'est-il pas ?
Cependant avouons que ces trente à quarante dernières années ont produit des jazz de toutes factures que l'on pouvait difficilement inscrire au crédit de ce genre musical.
Et le public, doucement, s'éloignait du jazz. Et le public, inéluctablement, affichait des cheveux blancs.

En écoutant le Daniel Humair Reunion j'ai à nouveau compris pourquoi j'aimais le jazz.
Par qui commencer ? Humair, les frères Enhco, Kerecki ?
Allons-y pour les deux frangins. Voilà deux musiciens nantis d'une solide formation musicale et instrumentale qui leur permet de s'épanouir pleinement dans l'improvisation ou plutôt dans la déclinaison de thèmes car quid de l'improvisation réelle dans le jazz contemporain.
David à la trompette cache bien son jeu derrière un physique qui est loin des stéréotypes du trompettiste à paillettes. Sobriété de gestes, d'attitude, mais quelle puissance et quelle justesse de ton et de tempo !
Thomas au piano génère une musique qui n'est pas sans rappeler celle du Joueur de flûte de Hamelin. Toute en finesse et en virtuosité elle balance entre un jazz élaboré et des envolées classiques et magnétise l'auditeur jusqu'à ... l'envoûtement. Le propos est peut-être exagéré, mais nous l'assumons.
Stéphane Kerecki à la contrebasse est l'alter ego des frères Enhco : technique irréprochable, maniement de l'archet en violoncelliste assumé, impros parfaites.

Quant au quatrième jeune homme sur scène, Daniel Humair, on ne peut que lui prédire une carrière extraordinaire.
Quelqu'un dans la salle de rédaction me fait remarquer qu'à 79 ans sa carrière est derrière lui.
Ah bon ? Je n'avais pas remarqué l'âge du batteur. Peut-être à cause de l'extraordinaire variété du toucher dont use Daniel Humair. L'éventail de sons, de rythmes, de percussions dont dispose ce batteur est (presque) infini. Osons le qualificatif : Daniel Humair est plus un musicien qu'un "simple" batteur. C'est une véritable musique qui jaillit de son ensemble de caisses, tom-tom et cymbales tant le toucher est subtil, sensuel, autoritaire, délicat.
Cet art de la percussion fait remonter du fond de ma mémoire le talent de Francisco Semprun (1928-1986), compositeur de musique contemporaine qui excellait dans le domaine des percussions en duo avec Michel Christodoulides au piano.

Comme quoi les vrais musiciens - qu'ils soient classiques ou jazz - sont immortels et par là toujours jeunes.
Pierre Aimar

Thomas Enhco, piano, David Enhco, trompette, Daniel Humair, batteur,  Stéphane Kerecki, contrebasse © Pierre Aimar
Thomas Enhco, piano, David Enhco, trompette, Daniel Humair, batteur, Stéphane Kerecki, contrebasse © Pierre Aimar



Pierre Aimar
Vendredi 8 Septembre 2017
Lu 119 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 26





Inscription à la newsletter