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A La Découverte de Mondrian, Gemeentemuseum de La Haye, jusqu’au 17 septembre 2017

Le point d’orgue de l’année anniversaire du mouvement De Stijl, né il y a 100 ans aux Pays-Bas, est sans doute la grande exposition La Découverte de Mondrian au Gemeentemuseum de La Haye. En effet, le musée présente la collection intégrale de Mondrian se composant de non moins de 300 œuvres.


A La Découverte de Mondrian, Gemeentemuseum de La Haye, jusqu’au 17 septembre 2017

Cette collection présente en outre, des lettres, des photos et des objets personnels - telle que sa collection de vinyles – et donne l’occasion de porter un regard sur une reconstruction (à échelle grandeur) de l’atelier de Mondrian à Paris. C’est ainsi que cet été, le visiteur pourra non seulement découvrir l’évolution de l’œuvre de Mondrian mais aussi apprendre à mieux connaître l’artiste le plus moderne du vingtième siècle. Jusqu’au 24 septembre au Gemeentemuseum à La Haye.
Comptant plus de 300 œuvres, la collection Mondrian du Gemeentemuseum est la plus importante au monde. Cette collection passe en revue chaque phase de l’imposante carrière de Mondrian. Allant de paysages mystérieux qu’il peint à Amsterdam et ses environs et à Domburg, en passant par une abstraction fondamentale qu’il découvre à Laren et à Paris, pour aller jusqu’à New York où il découvre un rythme radicalement nouveau qui définira son dernier chef d’œuvre Victory Boogie Woogie (1942-1944). L’exposition rétrospective La Découverte de Mondrian, réunit pour la première fois dans l’histoire, toutes les œuvres de Mondrian parmi lesquelles des œuvres fragiles rarement exposées ou même prêtées pour une période longue.

Le directeur du Gemeentemuseum, Benno Tempel se réjouit de cette rétrospective inédite : “lorsque Mondrian disparut en 1944, la presse américaine écrivait déjà que l’un des plus grands artistes du 20e siècle venait de disparaître – alors que le siècle n’en était que dans sa première moitié. Cette exposition permettra au public de découvrir à nouveau le génie qu’était Mondrian”.

Amsterdam

Il est évident que dès son plus jeune âge, Piet Mondrian (1872-1944) détient un grand talent pour le dessin. En 1895, il termine ses études à l’Académie royale des beaux-arts à Amsterdam et se construit très vite une renommée en tant que peintre paysagiste. De temps à autre, il fait des escapades, à Domburg en Zélande par exemple ou à Uden dans le Brabant où il se libère de toute tradition et expérimente son langage pictural et ses couleurs. Il peint des moulins, des pommiers en fleurs, des cathédrales et des paysages de dunes de manière désinvolte utilisant des couleurs vives. C’est en permanence qu’il est en quête de nouveauté et rêve d’un art pour un nouveau monde moderne.

Paris

En 1911, âgé de trente-neuf ans, il décide de changer radicalement de vie. Il quitte son domicile à Amsterdam, rompt ses fiançailles et dépose ses œuvres chez des amis. Il part à la recherche du bonheur dans l’effervescence du monde artistique à Paris où il rencontrera des artistes, des écrivains et des intellectuels internationaux, tous à la recherche d’un art moderne et avant-gardiste. Il y fait connaissance avec le cubisme de Pablo Picasso et s’autorise ainsi à suivre sa propre voie et à réaliser des œuvres abstraites. Son objectif est de réduire la réalité visible à l’essence absolue : un rythme d’aplats et de couleurs, de lignes horizontales et verticales. C’est ainsi qu’il parvient à son style aussi célèbre qui lui permet de représenter l’énergie de la vie moderne qu’il affectionne tant.

Londres

Lorsque la menace de la deuxième guerre mondiale devient réelle et que les nazis déclarent l’art de Mondrian comme entartet (dégénéré), il décide de fuir à Londres en 1938. Avec l’aide d’artistes tels que Naum Gabo et Ben Nicholson, il y trouve un appartement à Hampstead qui, très vite, sera transformé selon « le style Mondrian » si caractéristique. Le nouvel environnement lui plaît, l’inspire tant, qu’il va travailler d’arrache- pied, tout en faisant apparition dans la vie sociale – d’Amsterdam et de Paris –.
Avec Peggy Guggenheim et Virginia Pevsner, il ira danser régulièrement dans des clubs de jazz. Il développe une passion pour les personnages joueurs de Walt Disney, qui vient tout juste de faire paraître son premier long film d’animation Blanche-neige. Il envoie des cartes de Disney à son frère et signe en empruntant le nom de ‘Sleepy’. Des opportunités lui sont présentées pour exposer dans des galeries de renommée mais en dépit de sa réussite et de son agréable vie à Londres, la menace des nazis devenant pesante, il fuira deux ans plus tard pour s’installer à New York.

New York

A New York, Mondrian âgé alors de 68 ans découvre une nouvelle métropole, avec une toute nouvelle musique – le Boogie Woogie – et une vie nocturne effervescente. Il en profitera pleinement. Et cette nouvelle énergie dont il témoigne se traduira par son tout dernier chef d’oeuvre, Victory Boogie Woogie, que l’on découvrira après son décès en 1944, inachevé sur son chevalet dans son atelier.

Architecture et interieur ; l’envie de Style

Le Gemeentemuseum présente également dans le cadre de l’année anniversaire du mouvement De Stijl l’exposition Architecture et Intérieur ; L’envie de Style. L’architecture et les intérieurs De Stijl sont connus dans le monde entier. Des architectes et designers Néerlandais tels que Gerrit Rietveld, Theo van Doesburg, Cornelis van Eesteren ou J.J.P. Oud ont libéré la voie aux générations novatrices les succédant.

En fait, on sait peu sur les racines du mouvement De Stijl. C’est pour cela que le Gemeentemuseum et Het Nieuwe Instituut (Le Nouvel Institut) qui gère la plus grande collection au monde d’architecture, présentent la magnifique rétrospective de dessins, de maquettes et de meubles issus de ce mouvement artistique très influent. Pour la première fois regroupée, les œuvres offrent des façons de penser surprenantes : ce qui apparaît comme univoque ou simple est double de sens et complexe. Et ce qui paraît nouveau, s’avère exister depuis parfois longtemps déjà.

Pratique



Pierre Aimar
Jeudi 15 Juin 2017
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