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9/1 <> La Douleur de Marguerite Duras. Mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang. Théâtre de Villefranche

La Douleur est une aventure qui a démarré à deux. Patrice Chéreau et Dominique Blanc lisaient ensemble, sur les scènes de théâtre qu’ils investissaient. Puis Chéreau, à qui l’on doit cette version scénique de La Douleur, a laissé Dominique Blanc faire sien, totalement, le trajet. Il l’a laissée seule et elle est magnifique, bouleversante, dans cette traversée des mots de Marguerite Duras.


9/1 <> La Douleur de Marguerite Duras. Mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang. Théâtre de Villefranche
La Douleur, c’est sans doute le plus beau des textes de l’auteur. Celui où se racontent la guerre et le retour à Paris du déporté Robert Antelme,
époux de Marguerite Duras, que François Mitterrand sauvera miraculeusement de la mort, le reconnaissant dans l’agonisant décharné qui gisait parmi d’autres dans un camp de concentration.
La Douleur, c’est l’attente, la peur, le récit minutieux du corps qui ne tient à la vie que par un fil infime. C’est une plongée à même l’indicible et au plus près de l’intolérable. Pour dire ces mots de Duras, Dominique Blanc, ange de théâtre lumineux, s’imposait. Elle est Duras.

LE SPECTACLE

La dernière guerre, Marguerite Duras l'a vécue tout à la fois comme femme dont le mari avait été déporté,
comme résistante, mais aussi, comme écrivain.
Lucide, étonnée, désespérée parfois, elle a, pendant ces années, tenu un journal, écrit des textes que lui
inspirait tout ce qu'elle voyait, ce qu'elle vivait, les gens qu'elle rencontrait ou affrontait. Ce sont ces récits et des extraits de son journal, que Marguerite Duras a réunis sous le titre La Douleur.
La Douleur est un récit autobiographique, le journal de l’absence éprouvante, de l’attente chargée de
menaces, de la peur atroce, écrasante, du désespoir, de la honte de vivre en attendant le retour de Robert Antelme (Robert L. dans le texte), son mari, déporté dans un camp allemand. Elle ignore en cet
avril 45, printemps de la Libération, s’il est toujours vivant. Errante dans une ville assommée, courant de
bureau en bureau, maudissant son téléphone, ne mangeant plus, ne dormant plus, elle attend, elle
guette, elle cherche le moindre signe d’espoir. La guerre continue en elle alors qu’alentour la joie de la
Libération s’extériorise. Son groupe de résistants se réorganise pour encadrer le retour de ceux qui en
reviennent. Lui aussi en reviendra, dans un corps où la vie n’a plus de poids.
Avec la complicité de Thierry Thieû Niang, Patrice Chéreau met en scène l’une de ses actrices fétiches,
la saisissante Dominique Blanc. Elle interprète l’un des textes les plus troublants de la littérature d’après-guerre : le journal de Marguerite Duras, dans lequel elle consigne sa vie après la libération de Paris et l’attente du retour de son mari, prisonnier des camps. Dominique Blanc fait résonner, jusque dans ses silences, ses soupirs, la simplicité et l'intensité de l’écriture durassienne.

Théâtre de Villefranche
Place des Arts - BP 301
69665 Villefranche cedex
04 74 68 02 89
billetterie@theatredevillefranche.asso.fr
www.theatredevillefranche.asso.fr


pierre aimar
Mardi 16 Décembre 2008
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