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8 au 31 juillet, L'Histoire de Ronald, le clown de McDonald's, de Rodrigo Garcia, Mobile Homme Théâtre, Avignon Off 

« Et souvent on méprise ceux qui reçoivent les raclées : on dit qu'ils sont faibles. Non Monsieur. Sans eux on n'aurait pas écrit l'Histoire de l'Humanité »
Mais qu’est ce que c’est que ce texte ? Mais qui est-IL ? Ce personnage c’est Ronald, le clown de McDonald’s. Mais il n’a pas l’air dans son assiette…


Le raisonnement de Rodrigo Garcia à travers le prisme du clown de McDonald’s est le suivant : manger mal c’est penser mal ce qui nous conduit à toutes les dérives d’un consommateur passif dépourvu de sens critique, alimenté par une pensée unique. « un type qui mange ça ne pourra jamais penser correctement de sa vie. Je peux le prouver scientifiquement »
Acheter volontairement de la malbouffe c'est-à-dire accepter ce que l’on nous propose en sachant que ce n’est pas bon, c’est penser volontairement mal, se laisser aller à mal penser. Dès lors, la porte est ouverte et la dégringolade aisée. On se laisse aller à croire à une identité supérieure, on se laisse aller à ne plus penser aux autres, à ne plus penser tout court. Car si c’est le cas avec des besoins aussi élémentaires que boire ou manger, qu’en est –il de nos pulsions, aussi inoffensives soient-elles ?
Ronald le clown acide donne des indices sur les risques encourus, notre devenir, se pose en symbole de notre comportement compulsif et du devenu de notre société et ne sait pas trop sur quel pied danser… Est-ce boutade et bouffonnerie ? Est-ce cruel ? On ri noir, puis jaune, puis on s’interroge... Qu’en est –il de notre propre réflexion ? Chacun son chemin...

L'Albatros théâtre
29 Rue des Teinturiers
04 90 86 11 33

Note d'intention de Denis Lanoy, metteur en scène

Tentative d’éclaircissement en vue d’une mise en scène.
Parlons un peu du « héros ». C’est un peu comme si personnage secondaire dans un film de première
catégorie, il devenait le principal dans une série B, dont le sujet serait son intimité boursouflée jusqu’à la
démesure, ses pensées inquiètes, ses projets pour l’avenir, cela pour le meilleur de l’humanité future.
il vit donc ici, (le lieu du décor). Dans un sous-sol ? Un garage ? Tout est grisaille, monochromie de
l’existence. Il ressasse le bonhomme. Souvenirs d’enfance. Échecs et amertumes. C’est qu’il aurait
bien voulu être ou faire l’acteur. Mais n’a pas trouvé mieux que l’emploi de clown dans un restaurant de
nourriture rapide de renommée mondiale. Alors forcément on en veut au monde, aux autres, aux
impérialistes comme aux colonisés. On exècre. On ne décolère pas. On déteste. On a la haine souvent. Et on le dit, grossièrement. Et pour se vider, quoi de mieux que « la toile ». Se répandre, presque anonymement, sur le réseau Internet, c’est jouissif pour le clown méchant.

Voici le jour venu et fatidique de la « grande explication ». tout dire d’abord. Par le menu. Expliquer
dans le détail à la web-cam les raisons qui nous ont mené là. Et comme en même temps, il faut bien vivre
et se préparer à affronter « le destin », l’enregistrement est ponctué par les faits et actes les plus quotidiennement banals de la vie : se doucher, se préparer un petit-déjeuner, s’habiller, se préparer à
aller au travail, lire un peu, regarder la télévision, répondre à ses mails, etc.
Et puis une fois prêt, ranger un peu, mettre de l’ordre chez soi, faire la liste des livres adorés et utiles. Voici l’heure venue, la grande heure, sortir de chez soi, se rendre au travail, tout frais, costumé et maquillé à faire rire, aller au-devant du monde, mais là, réside le secret définitif du héros de série B, du héros secondaire, rêvant à la gloire éternelle, aussi je passe sous silence ce qui va se passer là, maintenant. »


pierre aimar
Mercredi 1 Juillet 2009
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