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4 février au 9 mai. El Greco. Domenikos Theotokopoulos 1900, En parallèle du festival mexicain, une grande exposition espagnole au Palais des Beaux-Arts, Bruxelles. Par Jacqueline Aimar

À l’occasion de la Présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne, le Palais des Beaux-Arts propose El Greco. Domenikos Theotokopoulos 1900. L’exposition rassemble une quarantaine d’œuvres d’El Greco et offre un aperçu de la carrière européenne de cet artiste exceptionnel et de sa complexe évolution artistique.


Au XXe siècle l’avant-garde artistique moderne le remet à l’honneur

Considéré comme l’un des peintres fondateurs de l’École espagnole, El Greco n’a pourtant pas toujours joui de ce statut souverain. Malgré une carrière couronnée de succès, son style dramatique et expressionniste fut accueilli par ses contemporains de manière partagée. De plus, aux environs de 1614 – année de sa mort –, les goûts changent. L’Europe se prend de passion pour le caravagisme, style naturaliste en vogue aux antipodes de son génie maniériste. Très vite après sa mort, son oeuvre passe de mode, traversant les siècles dans un relatif oubli. L’art de El Greco est désuet et n’est plus apprécié. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que l’avant-garde artistique moderne ne le remette à l’honneur. Cette redécouverte est due à trois personnalités clefs de la scène culturelle espagnole de l’époque : l’historien de l’art Manuel Bartolomé Cossío (qui en 1908, publie une monographie de El Greco), le marquis de Vega Inclán (qui érige à Tolède en 1910 un musée à sa gloire) et le photographe Mariano Mereno. La renommée du peintre s’enfle aussi vite qu’elle ne s’était éteinte. De nos jours, il est reconnu comme un génie dans l’histoire de l’art.
L’exposition El Greco. Domenokos Theotokopoulos 1900, retrace le rôle essentiel joué par les trois acteurs de la redécouverte spectaculaire de l’oeuvre d’El Greco vers 1900. L’exposition livre une idée du fonctionnement de son atelier et un aperçu captivant de l’évolution artistique du peintre, à travers une sélection unique de tableaux marquants, dont l’étourdissant El expolio ou les remarquables Lágrimas de San Pedro. Point d’orgue du parcours!: l’ultime série El Apostolado (les Apôtres) laissée par El Greco, véritable testament pictural du maître. Une série complète aux formes totalement libérées et aux éclats de couleurs extraordinaires. Cette série contient quelques toiles inachevées qui permettent une meilleure compréhension de l’excellente maîtrise de l’artiste.
L’exposition comprend essentiellement des oeuvres issues du Museo del Greco mais aussi des prêts du Patrimonio Nacional, Museo Nacional del Prado, Archidiócesis de Toledo et du Museo de Santa Cruz
Toledo.

Le style et les influences de El Greco

El Greco est considéré comme l’un des fondateurs de l’expressionnisme et du cubisme. Il a développé un style individuel et des principes esthétiques propres, ce qui l’écarte de tout courant conventionnel. Dans le style d’El Greco, l’imagination et l’intuition jouent un rôle primordial. Il applique des principes classiques comme l’échelle et la proportion, et n’hésite pas à contourner les lois naturelles en créant un effet plus dramatique. Il a peint d’exceptionnelles figures longues et sveltes ainsi que des compositions étirées. Au lieu de fixer la réalité avec véracité, il tente de toucher le spectateur directement au coeur via des émotions spirituelles fortes. Citons également comme autres caractéristiques stylistiques des nuances profondes et son usage spécifique de la lumière.

Brève biographie d'El Greco

El Greco (1541-1614) est un peintre, sculpteur et architecte grec de la renaissance espagnole. Il est né en Crète sous le nom de Domenikos Theotokopoulos mais est connu en Italie sous le nom de El Greco (Le Grec). Nous savons peu de chose sur son origine et de ses premières années. Il commence sa carrière dans un atelier d’art local en Crète, spécialisé dans la facture d’icônes. Durant cette période, la Crète tomba sous l’administration de la République de Venise, ce qui favorisa un intense échange artistique. De nombreux artistes grecs se rendent à Venise et El Greco tente lui aussi sa chance en 1567.
En 1570, il s’installe à Rome : il travaille pour le compte du Cardinal Alessandro Farnese. En 1572, il commence à l’Accademia di San Luca, l’Académie de peinture de Rome. Il fonde son propre atelier et réalise ses premières commandes.
Durant son séjour italien, son style pictural évolue! : il s’inspire du maniérisme et de la Renaissance vénitienne. Michel-Ange et Raphaël étaient déjà morts mais leur exemple laissait peu de place à l’innovation et pesait lourd sur les jeunes artistes. El Greco était toutefois déterminé à s’imposer et défend ses idées, sa vision et son style personnels. Cette attitude prêta à contreverse!: El Greco est un artiste respecté mais doit également souvent accepter les critiques.
En 1577, El Greco s’installe à Tolède en Espagne où il séjourna et travailla jusqu’à son décès. À Tolède, il reçoit quelques-unes des ses plus importantes commandes et réalise ses plus grands chefs-d’oeuvre.
Pour El Greco et son atelier, les années entre 1596 et 1614 correspondent à l’âge d’or. Il est au sommet de sa gloire et réalise des grandes commandes pour différentes institutions religieuses, comme le retable pour le Colegio de la Encarnación de Madrid. Il restera actif jusqu’à sa mort en 1614.

Pratique

Commissaires : Ana Carmen Lavín Berdonces et José Redondo Cuesta
Coproduction!: HYPERLINK, Sociedad Estatal para la Acción Cultural Exterior, Ministerio de Cultura, Ministerio de Asuntos Exteriores y de Cooperación
En collaboration avec l’Ambassade d’Espagne
Dans le cadre de la Présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne

Palais des Beaux-Arts
Rue Ravenstein 23
1000 Bruxelles
Heures d’ouverture des expositions
Mardi > dimanche, 10h > 18h
Jeudi, 10h > 21h
Fermé le lundi
Info et tickets
+32 (0)2 507 82 00
www.bozar.be


pierre aimar
Jeudi 28 Janvier 2010
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