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3 avril au 8 mai 2010, Olivier Passieux, Héliotropisme, peintures, dessins, à la Galerie Odile Ouizeman, Paris

L’héliotropisme est la faculté qu’ont certaines plantes à se contorsionner pour capter le soleil. Ainsi, la lumière impulse les toiles récentes d’Olivier Passieux ; elle s’y fait objet, acteur et architecte.
Situées au-delà de la dialectique abstraction/figuration, les peintures sont mises en espace par la lumière. Flashes, reflets, points, pulsations, halos… fuyant la littéralité naturaliste, elle intervient à chaque moment de peinture, module les couleurs et dicte la construction de la toile.


Olivier Passieux, Hamlet, 2009, huile acrylique sur toile, 200 x 200 cm
Olivier Passieux, Hamlet, 2009, huile acrylique sur toile, 200 x 200 cm

Lignes de force, faisceaux lumineux et interférences rythmiques structurent énergiquement les oeuvres. Cette sensation dynamique est parfois mise en tension par un contrepoint contemplatif ; un paysage. Passieux donne à voir des images suspendues dans l’instant, joue de la simultanéité des émotions, offre une vision rhizomatique du monde sensible.
La présence de la figure humaine est discrète ou énigmatique. Les personnages sont souvent de dos, flous, morcelés voir simplement suggérés. Ils tendent vers la dissolution, comme s’accommodant à l’éclatement du tableau. Ils figurent cette société virtuelle ; une conscience morcelée du Moi, devenu indéfinissable car protéiforme.
Le recadrage à l’arrière-plan de chaque toile suggère une mise en abyme de l’idée de peinture, la métaphore du tableau dans le tableau. Les doubles-fonds colorés, tels un décor de théâtre, sont mis en scène par la lumière, toujours. Mise en scène de la peinture pour elle-même, enfin. Car ce qui se joue ici, c’est bien une forme allégorique de représentation de la peinture : la peinture parlant d’elle-même.
Sensualité des transparences, jeux des écritures, exultation de la matière, explosion de la couleur : les toiles de Passieux exhalent la peinture, et jouent sans cesse des innombrables références à l’histoire de l’art. Ainsi il parle de son goût pour le psychédélisme, ses images intérieures, ces états vacillants entre tension dramatique et pensée contemplative : « C’est le côté halluciné, glorieux qui me plait. Cette envie de hurler sa vision lumineuse du monde. »
Lumière, couleur, vitalité, jouissance, pulsions. Les peintures d’Olivier Passieux sont l’image d’une vision intérieure diffractée ; un environnement explosé dans l’instant, une représentation contemporaine de notre monde de l’urgence.

Galerie Odile Ouizeman
10/12 rue des Coutures Saint-Gervais
75003 - Paris
Tel: +33 1 42 71 91 89
Fax: +33 1 42 71 94 13
Du Mardi au Samedi 11h / 19h et sur Rendez-vous
contact@galerieouizeman.com
www.galerieouizeman.com


pierre aimar
Jeudi 1 Avril 2010
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