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28 novembre 2008 au 31 janvier 2009 > Lyon, BF 15 : Cédric Alby, Continuum (BAU), avec la collaboration d'Olivier Canat, ingénieur/structure

Le travail sculptural de Cédric Alby ne fait pas qu’investir l’espace, il le génère.
Le lieu d’exposition est pour l’artiste le territoire d'expériences insolites. Dessin-sculpture-architecture, CONTINUUM (BAU) à La BF15 est une vaste structure minimale in situ qui envahit le lieu en même temps qu’elle semble en prendre la mesure.


Cédric Alby, Continuum
Cédric Alby, Continuum
Une ligne noire orthogonale, à la fois conductrice et obstacle de notre déplacement, traverse en différents points les vides et les pleins de La BF15. L’inscription du mot BAU répété, sur la sculpture même, vient ponctuer sa progression, discrètement, telle une image graphique et sonore fortement évocatrice.
Du graphique au sculptural, se dessine une relation avec le spectateur dans laquelle résonnent les figures de l’histoire récente, de l’école du Bauhaus au Merzbau de Schwitters, des utopies architecturales des années 60 à certaines oeuvres de l’art Minimal.
En creux, c’est aussi un récit qui se prolonge ici et dans l’imaginaire du spectateur, celui de cette interminable lutte d’un rongeur pour parfaire et étendre son terrier, dans la nouvelle restée inachevée de Franz Kafka Der Bau (Le Terrier en français).
Comme dans ce texte, la sculpture est un trou construit : un terrier. Elle est une écriture dans l’espace, une chose immatérielle, qui montre finalement plus son image que sa réalité.
Reliant ces différents éléments, CONTINUUM (BAU) manifeste le cheminement dans la continuité du temps et de l’espace.
BAU, entre parenthèses, résonne comme une question sans cesse posée au spectateur.
BAU. Construire, penser.

Créer le trouble, par Cédric Alby, octobre 2008

Ce qui m'intéresse, c'est la frontière, la disjonction ressentie entre ce que nous voyons et ce qui nous regarde, entre ce qui est là et ce que nous croyons absent. Je m'attache à créer le trouble, orchestrer cette « absence », afin de tourner le regard du spectateur vers un hypothétique « hors champs ». Le Réel est situé derrière la surface des choses, et il serait illusoire de croire être en mesure de le « libérer », de « crever l'écran ».
Mais cette illusion me plait : alors je m'efforce de mettre en scène cette rupture, cette percée. J'essaie que mes images s'ouvrent. Ou j'essaie de représenter cette ouverture.
Les expositions que je conçois, très scénographiées, composent des images à pénétrer, qui se referment sur le spectateur. Celui-ci se trouve alors dans une situation ambigüe, à la fois mis à distance, et incorporé à une scène inerte qui se déploie dans un temps suspendu.
Pour moi, l'espace de monstration est le seuil d'un monde à part, le lieu d'une rencontre déroutante avec soi comme avec l'Autre. Mais encore faut-il y croire, encore faut-il le voir.

Pratique

CONTINUUM (BAU)
Cédric Alby
avec la collaboration d'Olivier Canat, ingénieur/structure
Prix d’aide à la création de la Fondation Léa et Napoléon Bullukian
vernissage jeudi 27 novembre de 18h à 21h
exposition du 28 novembre 2008 au 31 janvier 2009
ouverture du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous (M° Hôtel-de-Ville)

11 quai de la Pêcherie
69001 Lyon
T/F 33 (0)4 78 28 66 63
la.bf15@wanadoo.fr
www.labf15.org


pierre aimar
Vendredi 10 Octobre 2008
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