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25/11 > Gustavia : l’humour dans la Danse vu pas Mathilde Monnier et Maria la Ribot. Perpignan

L’intuition de la rencontre est à la base de cet étonnant et drôle dialogue chorégraphique entre Mathilde Monnier et Maria La Ribot, qui ensemble nous proposent leur GUSTAVIA, ce mardi 25 novembre sur la scène du Théâtre Municipal à 20h30.


Voici comment les chorégraphes nous parlent de leur « expérience » Gustavia :

Mathilde Monnier et Maria la Ribot
Mathilde Monnier et Maria la Ribot
« Nous nous connaissons depuis plusieurs années, nous avons été chacune spectatrice du travail de l’autre. En quelques mois, nous avons imaginé travailler ensemble un projet doublement signé. Nous avons commencé sans savoir quels étaient nos points communs et là, lors des répétitions et discussions sur Gustavia, nous avons découvert nos points de rencontre et nos divergences. Un de nos points communs est l‘attirance pour le burlesque, le corps et la danse. Nous avons commencé à réfléchir sur ce qu’était pour chacune de nous le burlesque, et surtout le burlesque classique. Le burlesque classique possède des codes et des techniques qui lui sont propres et qui traversent à la fois le cinéma (Peter Sellers, Tati, Marx Brothers, Keaton, Chaplin, Nanni Moretti…), la scène et la performance (Leo Bassi, Anna et Bernard Blume…) mais aussi les arts plastiques. Techniques du renversement, du coup et de l’esquive, le burlesque est un art de la transformation de l’incompétence en compétence. Il permet de distinguer les héros burlesques des héros contestataires. Il surgit dans l’excès de parole comme dans son absence.

Le burlesque du corps se niche dans la dépense gratuite, dans la répétition, dans l’accident. Nous sommes aussi arrivées à constater que ce qui est nécessairement lisible dans le burlesque est caché dans la danse, puisque cette dernière n‘est pas ou très peu par essence comique. Le burlesque porte aussi sa dimension et son penchant tragiques, comme s’il y avait toujours un revers dans le rire. Autour de ces premiers questionnements, nous avons commencé à réfléchir pour savoir comment nous pourrions utiliser ces codes de langage scénique autour de préoccupations plus personnelles liées à nos parcours d’artistes.

Nous avons emprunté des chemins artistiques très différents l’une et l’autre, mais qui sont tendus par des réflexions et des inquiétudes communes autour des questions du devenir de l’artiste. L’art est-il encore au coeur du discours politique et social ? Quel enjeu, quelle marge d’influence l’artiste est-il en mesure d’attendre de la société ? Face à un constat de dissolution de la figure artistique dans le champ sociétal, devons-nous nous préparer à l’enterrement d’un certain statut de l’artiste ? Quelle place l’artiste se donne-t-il et à quelle place le met-on ? Le travail de cette création tentera d’apporter un éclairage assez noir sur ces questions, regard que nous souhaitons singulier, non-consensuel et personnel. Le burlesque devrait être un des outils qui nous permettra de traverser et de donner un espace théâtral à nos visions. »

Quoi de commun donc chez ces deux chorégraphes, l’une française l’autre espagnole, l’une caractérisée par ses projets de groupes, l’autre par ses performances en solitaire ? Tout commence par le cadre. Volontairement modeste, il va peu à peu déterminer les enjeux. Soit une scène et elles deux en tant qu’interprètes. Une durée, trois mois de travail partagé. Pour Maria La Ribot, il y a en plus la caméra à la main, le témoin. Mathilde Monnier, en revanche, utilise le prompteur comme outil d’écriture. Avec cela, quelles sont les choses que l’on peut faire ensemble lorsqu’on a pour intérêt commun le corps et le mouvement, et que la question posée reste celle du vivant ?


Tarifs : 20€ / réduit 18€

Renseignements / Réservation 04 68 66 33 54 ou 04 68 86 08 51
Le Théâtre - PERPIGNAN
www.letheatre.perpignan.fr


pierre aimar
Samedi 22 Novembre 2008
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